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LE PRINCE DE KIEF. — FOND HISTORIQUE DES BYLINES

Nous n'avons encore entrevu que de profil , pour ainsi dire, le héros qui donne son nom à tout le cycle de Kief, le prince Vladimir, ce roi Arthur, cet empereur Charlemagne des chansons russes. Nous l'avions réservé, car c'est dans l'étude de son personnage qu'on peut le plus facilement distinguer ce qu'il y a de réalité historique dans les bylines.

Il est certain qu'il a existé un Vladimir, prince de Kief; il y en a même deux, saint Vladimir le Baptiseur, à la fin du x° siècle, et Vladimir Monomaque, qui mourut en 1126. Dans les bylines, il n'est même pas question du fait qui a surtout illustré saint Vladimir : la conversion du peuple russe. On a vainement voulu chercher une allusion à la chute des idoles dans la victoire d'Ilia sur Idolichtché le païen. Bien plus , un des caractères saillants de l'épopée kiévienne, par oi)position à l'épopée française, c'est que

les bogatyrs sont absolument étrangers à cette fureur de propagande par le glaive qui possède nos héros carolingiens.

La muse populaire semble avoir composé le Vladimir légendaire de traits également empruntés aux deux Vladimirs historiques. Le Beau-Soleil est constamment en guerre contre les Tatars, comme le furent en effet Vladimir, fils de Sviatoslaf, contre les Petchenègues, et Vladimir Monomaque contre les Polovtsi.

Dans les chroniques , on voit saint Vladimir présider de splendides banquets; de même c'est à la table du festin, assis à côté d'Apraxie , que nous retrouvons sans cesse le Vladimir épique. C'est à cette table que Ton convie les nobles étrangers , que les héros font leurs vanteries , qu'ils décident leurs expéditions, qu'ils se querellent et se lancent des défis, que, moitié ivres, ils concluent des paris insensés. La table de Vladimir est le centre de l'épopée russe, un commun rendez-vous pour les héros accourus de toutes les extrémités de la Russie, ,— pour Dobryna de Riazan, pour Ilia de Mourom, pour Stavre de Tchernigof , pour Diouk de Galitch , pour Pierre Pétrovitch de Cracovie, pour Soloveï des pays d'outre mer.

Les chroniques racontent que les guerriers de Vladimir se plaignirent un jour qu'on les servît dans de la vaisselle de bois. Il leur fit donner des couverts d'or et d'argent, disant « qu'avec une brave droujina on pouvait acquérir l'or et l'argent , mais qu'avec de l'or et de l'argent on ne pouvait acquérir une brave droujina. » Les bylines lui prêtent un propos tout semblable. Un de ses guerriers, au lieu de rapporter des richesses après une expédition, n'en ramène qu'une belle femme. Le Beau-Soleil l'en félicite et dit : « Dans notre empire de la sainte Russie, semez une semence de héros : voilà qui est bien })lus précieux que l'or et l'argent. »

Saint ïhéodose, fondateur du couvent Petcherski, s'aftii-

geait de voir à la table de Sviatoslaf (un des successeurs de saint Vladimir) des joueurs de rebec, des musiciens et des sliomorolii, sorte de jongleurs semblables à ceux d'Occident. Or la cour épique du Beau-Soleil est constamment fréquentée par ces artistes. D'ailleurs, comme l'Achille d'Homère, comme le Taillefer français, comme le Volker des Niébeliingeii, comme Regnar Logbrog, comme le Gunnar des Eddas, comme le joyeux Lemminkseinen et Va^inaemœinen, l'éternel chanteur du Kdlémla, les héros russes savent chanter et combattre. Le roi de mer Soloveï ensorcelle les femmes de sa viole magique; Stavre est un joueur de gouzzla fameux; Dobryna parait à la noce de sa femme déguisé en jongleur ; Ivan Doubrovitch, envoyé en ambassade à la Horde, charme la cour du khan.

Saint Vladimir, suivant les chroniques, dépêche des messagers en Khazarie, à Constantinople, aux pays latins, pour étudier les mœurs et la religion de tous ces peuples. Le Beau-Soleil, dans les bylines, propose sans cesse à ses bogatyrs des missions dans toutes les parties du monde.

Le Vladimir de Nestor, comme celui des chansons, assiste à des combats singuliers entre héros russes et géants barbares. Le récit de la chronique sur la bataille de Troubège (en 993) est semé de traits épiques qui semblent empruntés aux poèmes. Un colosse petchenègue demande un champion; comme dans nombre de bylines, pas un héros n'ose l'affronter; un vieillard, — comme le Danila des cantilènes, — présente alors son jeune fils, que depuis son enfance personne n'a pu terrasser et qui enlevant de terre le géant, l'étouffé dans ses bras , comme Hercule fit d'Antée.

Le Vladimir de la légende fait prendre de force chez le roi de Lithuanie sa future épouse Apraxie; mais n'est-ce pas dans le sac de Polotzk que celui de l'histoire enlève par le droit de la guerre son épouse Rognéda? Celui des chroniques est un débauché sans frein, souvent convoîteux

de réponse d'aiitmi ; mais celui des rhapsodes populaires envoie à une mort certaine le héros Lovtchanine pour lui prendre sa femme. Les poèmes nous présentent un Vladimir toujours avide d'argent, comme le furent en effet tous les princes varègues, comme le fut Igor, aïeul de Vladimir, assassiné par les Drévlianes qu'il voulait rançonner pour la seconde fois dans un an. En revanche, les deux Vladimirs historiques sont des princes essentiellement actifs, énergiques, toujours en campagne, tandis que celui des bylines ne sort presque jamais de son palais. Il faudra demander à la mythologie l'explication de cette inaction.

Nos chansons de gestes ont souvent confondu CharlemagTie avec ses héritiers, même indignes. De même les chansons russes ont emprunté des traits à plus d'un successeur de saint Vladimir pour en former l'image épique du Beau-Soleil. Dans les poèmes bien conservés, on voit qae nous sommes encore dans la période kiévienne. Kief est le centre de l'empire russe, et non pas Moscou. Vladimir est un grand-prince, non un tsar. Sa cour reflète la simplicité patriarcale des temps primitifs. Les étrangers entrent de plain-pied dans sa grande salle ; si le prince ne s'y trouve pas, ils vont le chercher à l'église. Pas d'huissiers, ni de gardes, ni d'échansons, ni de courtisans. Vladimir, de sa propre main, verse aux héros le vin d'honneur; il descend lui-même à sa cave pour y chercher les présents.

Dans les bylines qui ont subi des influences postérieures, se montre le faste tsarien ; les officiers de la couronne, les princes-boïars, les p'inces-voleurs, éclipsent les bogatjTs. Vladimir n'est plus aussi abordable ; il faut passer par de nombreux intermédiaires pour être admis à son audience ; il ne daigne plus marcher lui-même, et des serviteurs le soutiennent pompeusement sous les bras comme un despote d'Orient.

En même temps cette sorl^ d'égalité héroïque entre le

Beau-Soleil et ses paladins s'est altérée. Il est devenu un maître impérieux qui d'un geste les envoie au supplice ou les plonge en un cachot. C'est déjà Siméon le Superbe ou Ivan le Grand , contenant sous leur main redoutable une aristocratie frémissante. Puis le caractère tyrannique d'un pouvoir devenu absolu s'accentue encore davantage. Aux « bourreaux impitoyables n qui accompagnent désormais tous les pas de Vladimir, on reconnaît en lui une sorte d'Ivan le Terrible. Pour que nous ne puissions nous y méprendre, un des loiars-scélérats qui l'entourent porte le nom de Maliouta Skouratof , l'âme damnée d'Ivan IV , si célèbre dans les chroniques comme dans les légendes du xvi° siècle. On voit alors Vladimir méconnaître tous les services rendus à la terre russe pour satisfaire ses rancunes princières. Il fait jeter en prison le héros Soukman, qui a battu les Tatars , mais qui n'a pas rapporté de gibier pour sa table; il fait mourir Lovtchanine, il emprisonne Stavre, il veut faire périr de faim Ilia de Mourom, il rebute ou exile les bogatyrs, si bien que la Russie, privée de ses forts héros, est livrée en proie aux Tatars.

Parmi les bylines du cycle de Vladimir qui portent évidemment l'empreinte des événements ultérieurs , citons celle où l'on attribue à Ilia de Mourom la défaite du khan Mamaï, vaincu en 1380 par Dmitri Donskoï, prince de Moscou, à la célèbre bataille de Koulivo, — et celle où Vladimir envoie ses bogatyrs payer le tribut à la Horde.

Dans la première, le khan Mamaï fait sommer Vladimir de descendre dans le champ de Koulikovo. Ilia de Mourom part avec vingt-sept héros, parmi lesquels Samson, Sviatogor, Don Ivanovitch, Ivan Koly vanovitch , Alécha Popovitch, Irraak Timoféevitch , etc. Dans une bataille de douze jours, ils exterminent complètement l'armée tatare. Ils tuent Mamaï avec ses neuf fils, ses neuf filles et ses neuf gendres. Comme les héros se reposent de leurs exploits, wwo hideuse vieille survient: « Vous avez eu

bien du bonheur que je ne me sois pas trouvée à la bataille : maintenant sortez pour lutter avec moi. » Irmak l'attaque le premier, méprisant cette vieille femme. Il allait succomber quand Ilia lui donne le conseil de déchirer le sein de la vieille et de l'écraser elle-même sur le sol. Dans cette chanson, la fameuse bataille qui affranchit un moment la Russie se trouve mêlée et confondue avec une lutte mythique, celle du héros contre la nuée sinistre dont il déchire le sein et fait couler sur la terre le sang fécond. Dans l'autre byline, Vladimir, prince de Kief, paie tribut à la Horde, honte qu'il n'a jamais subie dans l'histoire et qui était réservée à ses successeurs divisés. Il charge Vassili Kazimirovitch d'aller porter au khan le terme nouvellement échu et les termes arriérés. Vassili Kazimirovitch demande à être accompagné de Dol^ryna Nikitich et d'Ivan Doubrovitch. Nous le verrons jouer pendant toute la mission le rôle purement civil, nullement héroïque, d'un plénipotentiaire, d'un véritable ambassadeur. Ce sont ses compagnons qui, sur son ordre, accompliront toas les exploits. Les envoyés emportent douze cygnes, douze faucons et la lettre de soumission. Ils arrivent à la Horde : le khan les accueille bien et propose à Vassili Kazimirovitch une partie d'échecs. Vassili délègue alors Dobryna pour jouer avec le khan : c'est la tête du héros qui sera l'enjeu. Il perd une première fois, mais il gagne les deux parties suivantes. Le khan mécontent les défie alors au tir à l'arc. Les héros ont, à ce qu'ils disent, oublié leurs arcs; qu'à cela ne tienne: le sultan prêtera le sien. « Allons, fidèles serviteurs, vaillants bogatyrs ; descendez dans ma cave profonde, apportez-moi mon arc bien poli. » Trois forts bogatyrs descendent à la cave , apportent à grand effort l'arme pesante, la remettent à Dobryna. Il la saisit d'une seule main et commence à la tendre; mais l'arc se brise entre ses mains puissantes : « Une ordure que votre mauvais petit arc pourri ! ce n'est pas avec cela que peuveni

tirer des héros russes. » Le khan envoie chercher un autre arc : neuf forts bogatyrs peuvent à peine le porter : il se brise également dans les mains du héros (*). Alors Dobryna envoie quérir le sien qui est attaché à la selle de son cheval héroïque : à l'une de ses extrémités est une harpe ; quand Ivan Doubrovitch commence à en jouer, tous se taisent : jamais sous la lumière du ciel on n'a entendu une telle musique. Dobryna prend l'arc d'une seule main et trois fois traverse de sa flèche d'acier l'anneau d'or qui servait de but. Le khan est encore vaincu. Il propose aux Russes de lutter contre ses champions , des Tatars qui avaient les épaules larges d'une toise. Cette fois Dobryna ressent un mouvement d'effroi : « C'est fini, mes frères d'armes, nous ne reverrons plus la lumière du ciel. » Pourtant il reprend courage, saisit un Tatar par les pieds et le fait tournoyer comme une massue dont il assomme les autres. Ivan Doubrovitch vient à son aide, armé d'un essieu de charrette : alors le khan supplie Vassili Kazimirovitch, qui regarde le combat assis dans sa loge , de modérer la fureur de ses compagnons : qu'ils lui laissent de ses Tatars « au moins pour la semence. » Il restitue le tribut russe et promet luimême de payer tribut à Vladimir.

Les chanteurs de bylines, comme on le voit, consentent bien à se souvenir de l'époque d'humiliation, mais à une condition : c'est que l'humiliation sera pour le khan : au lieu de recevoir le tribut, c'est lui qui devra le payer aux Russes. Le patriotisme des poètes populaires finit toujours par trouver satisfaction.

On voit combien d'éléments mythiques se mêlent à cette clianson fort peu historique. La visite des trois héros à la Horde paraît une variante des fables sur la descente aux

(l)Nous verrons plus loin les rapprochemcnls à faire entre cet arc et ceux des poèmes de l'indoustan. C'est probablement l'arc-en-ciel. Voir la légende d'ilérodute sur les Éthiopiens Macrobcs qui envoient à Cainbyse un arc que nul Perse n'est capable détendre (111,21). Dans Homère, Ulysse seul peut tendre son arc.

enfers. Le khan, comme ailleurs Pluton, le Roi de la mer ou le diable des contes allemands, est vaincu et forcé de rendre sa proie. Une légende égyptienne, rapportée par Hérodote, parle d'un roi d'Egypte qui descendait aux enfers pour jouer aux dés avec Cérès (II, 122). Les lutteurs du khan sont terrassés ici, comme ailleurs le Cerbère à la triple tète. Un de nos héros charme l'ennemi de sa musique, comme fit Orphée. Enfin, à plusieurs reprises, ils expriment la crainte de ne plus revoir la lumière du soleil.

Si de Vladimir nous passons aux autres héros du cycle kiévien, nous leur trouvons également une certaine réalité historique. Les chroniques nous parlent de deux Dobryna : l'un qui fut V oncle de saint Vladimir (son neveu dans les l)ylines) et le plus sage de ses conseillers; l'autre qui fut tué à la bataille de la Kalka contre les Tatars en 1224, et qu'on appelait Dobryna de Riazan à la ceinture d'o/\ Le Dobryna des chansons est aussi représenté quelquefois comme le fils de Nikita, le riche marchand de Riazan. Même dualisme dans le personnage d'Alécha : il y a dans l'histoire deux Alécha Popovitch : l'un fut tué à la même ""ùataille de la Kalka; l'autre, célèbre sous Vladimir Monomaque par ses victoires contre les hordes nomades, est mentionné à plusieurs reprises dans les chroniques. Un Stavre, centenier de Novgorod, fut emprisonné vers 1118 par le Monomaque. On ne connaît pas de Khotène, fils de Bloud; mais les chroniques mentionnent un Bloud parmi les guerriers de Vladimir; c'est le traître qui l'aida à assassiner son frère Yaropolk.

Ilia, bien qu'il s'élève dans la région nébuleuse des mythes, ne perd cependant point pied sur la terre russe. On le fait naître dans un village qui existe encore, Karatchoro, dans le district de Mourom. Il y a dans ce pays une chapelle élevée sur une source qui a jailli sous le sabot de son cheval, et des paysans qui portent son nom (les lUrmchni), et qui prétendent descendre en droite ligne du

héros chrétien. On montre son tombeau dans la catacombe de Saint-Antoine à Kief (*) : ses rehques sont aujourd'hui cousues dans une sorte de gaine en Ijrocard ; mais anciennement, comme celles des autres saints des catacombes, on les exposait aux regards du pubhc. Un pèlerin de 1701 les a vues et touchées : « J'ai vu, dit-il, sous un voile d'or, le corps incorruptible du vaillant guerrier Ilia de xdourom. Sa taille est celle des gens robustes d'aujourd'hui, sa main gauche a été percée d'une pique ; on voit même la cicatrice ; sa main droite est disposée comme pour faire le signe de la croix ». Le voilà réduit à de bien humaines proportions, le héros qui d'un poignet si fort, arrachait tous les chênes d'une forêt et maniait aisément une massue de 1600 livres. Mais on ne peut méconnaître le caractère guerrier de ce saint qui repose parmi les grands ascètes, parmi les illustres jeihieurs et thaumaturges de l'orthodoxie russe. L'évêque Philarète de Tchernigof croit qu'llia vivait vers 1188 : il ajoute que sa fête se célèbre le 19 décembre, et que dans le peuple on lui a donné le "surnom tout militaire d'ilia le Botté. C'est encore l'auréole au front, les mains levées au ciel, le corps à moitié nu comme un anachorète, qu'llia est représenté dans une gravure du xvii° siècle, publiée par M. Stasof. Comment le vieucc cosaque des bylines est-il devenu un si saint personnage ? On peut à la rigueur trouver dans les chansons elles-mêmes l'indication de cette transition. Nous le voyons prendre une lois le costume de pèlerin et dire à Idolichtché qu'llia se contente par jour de trois jpros/lres ou pains bénits. Ilia a donc ici une tendance à devenir uxijeûnetir. Enfin son droit à la sainteté est acquis par le fait qu'il a

(1) Pourtant un voyageur allemand du XVic siècle, Eric La^sota, a vu le sépulcre de ce mùirio Ilia, non pas dans les catacombes, mais à la cathédrale de Kief, dans une des chapell' s extérieures ; « C'était, dit-il, un héros fameux ou un bogatyr, conime on dit ici. On raconte sur lui beaucoup de fables. Ce tombeau est maintenant ruiné ». Ne peut-on supposer que c'est après la ruine totale de ce tombeau que les reliques furent déposées aux catacombes ?

souvent pris les armes, uniquement « pour le peuple chrétien et pour les églises de Dieu. »

Le peuple a fait d'ilia un saint et honore ses reliques : même honneur est échu en Occident à Charlemagne, à Guillaume au Court-Nez, à Renaud de Montauban (•).

Peut-être Ilia de Mourom a-t-il bénéficié d'une confusion possible avec un autre bienheureux de même nom. Ilia, héros solaire, a bien pu, comme le Hélios des Grecs, se confondre avec saint Élie le prophète. C'est à saint Élie qu'on a consacré le jour du 20 juin et en quelque sorte la saison d'été ; c'est lui qui sur un char enflammé -parcourt le ciel avec la foudre et l'éclair ; c'est lui qui, dans les traditions russes, serbes, bulgares, a pris les attrilîuts de l'ancien dieu du tonnerre. Dans le conte d'Afanasief, cité plus haut, nous voyons saint Élie associé à saint Nicolas pour la protection de l'agriculture, comme dans les chansons héroïques Ilia de Mourom est associé à Mikoula Sélianinovitch.

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