LES DISGRACES : DOLGOROUKI
Sous les premiers successeurs de Pierre le Grand toute l'histoire de l'empire semble se concentrer dans celle du palais. Ce ne sont qu'élévations inattendues et chutes retentissantes des favoris. Menchikof est tout-puissant sous
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Catherine I"^ ; son successeur Texile en Sibérie. Les Dolgorouki, soûs Pierre H, sont les maîtres du pouvoir souverain ; ils touchent presqu'à Tempire et une Dolgorouki est sur le point d'épouser Tempereur : Pierre II à peine expiré 9 voilà les &voris emprisonnés , exilés en Sibé* rie^ livrés quelques-uns à de cruels supplices. Sous Anna Ivanovna, c'est la domination des Allemands^ de Biren surtout, qui de simple écuyer conrlandais est devenu doc de Courlande, premier ministre de l'impératrice, et, à sa mort, régent de l'empire : une belle nuit il est pris dans son lit, jeté dans un traîneau, envoyé au fond de la Sibérie. Cest surtout la disgrâce des Dolgorouki, favoris de Pierre II, qui a frappé l'imagination populaire, parce qu'elle tat plus éclatante et que leurs infortunes flirent plus affreuses, et aussi parce que, à leur tragique histoire, est mêlée une touchante héroïne, Natalie Ghréréméti^T, la jeune épouse d'Ivan Dolgorouki, celle qui voulut partage jusqu'au bout les infortunes de sa nouvelle famiUô. M. Bezsonof reproduit en plusieurs variantes une fort belle byline, très brève dans sa perfection, et dans les personnages de laquelle un détail caractéristique lui permet de reconnaître le malheureux Ivan et sa femme Natalie :
c Sur la grande route — ce n'est pas un marchand, on beiar que Ton conduit, — c'e^t le prince Dolgorouki en personne : — à droite et à gauche deux régiments de soldats, — en avant, marche le bourreau terrible ^ par derrièrte, vient laboïarine, — toute pèle, les yeux rouges.
c Elle pleure, c'est une rivière qui «mile, — ses larmes tombent, c'est une vague qui roule. — c Ne pleure pas, ma boîarine, — au visage pAle, aux yeux rougis. »
c Comment ne pas pleurer ? — on a confisqué mes paysans, — je n*ai plus d'argent à moi -^ il ne me reste qu'un anneau, mon anneau d^or. »