RÉPONSE AUX OBJECTIONS
l'influence qu'ont exercée, sur leur fornnalion, les éléments divers dont se composent les nationalités qui les parlent. Les Slaves du Dnieper ont prêché l'Évangile chez les Moscovites, non pas dans leur idiome particulier, mais dans la langue liturgique dite cyrillienne, l'un des anciens dialectes du bulgaro-slave. Cette dernière s'est développée sous rinfluence des langues touraniennes, que parlaient les indigènes, avant leur conversion au christianisme; aussi le moscovite actuel, le plus impur de tous les idiomes slavons par l'intioduction de mots tatars, forme-t-il à lui seul, d'après les plus illustres philologues, une unité trèscaractérisée, c'est-à-dire la branche orientale par excellence. Les Moscovites ont rejeté les mots qui décèlent le mieux l'esprit des peuples sédentaires, agriculteurs, par exemple le mot hérédité, etc.; ils attachent à beaucoup de mots un sens en rapport avec les idées des peuples nomades, industriels, mais différent de leur signification primitive; contrairement à ce qui a lieu chez tous les peuples slaves, ils prononcent les mots autrement qu'ils ne les écrivent, ce qui rend leur conversation plus difficile à comprendre que leurs écrits; enfin l'unité de langage signalée chez 40,000,000 d'âmes est un caractère particulier au moscovite; car les neuf autres idiomes slavons, parlés par un un nombre égal d'individus, possèdent tous plusieurs dialectes. La langue actuelle des Uusses-Blancs et celle des Petits-Russes forment deux idiomes distincts, que M. Gretch, célèbre philologue de Moscou^ considère comme des nuances du polonais, phénomène qui s'explique par l'union politique de ces deux peuples avec la i^logne, pendant près de cinq siècles.
Quatrième objection. — « Est-il facile d'applique )■ à lapopulu' lion russe ou moscovite une analyse assez pénétrante pour trouver parmi ces multitudes qui ne parlent que le russe, c est-à-dire le slavon, quels sont parmi elles les hommes d'origine ouralienne et les hommes d'origine slave? » {L'Empire des Tsars, tome III, p. 29.)
Les travaux modernes des ethnographes, statisticiens et géographes moscovites, ceux-mèmes de M. Schnitzler, répondent affirmativement à cette question, restreinte dans les limites d'une application pratique, seule digne de l'attention des hommes sérieux. En effet, parmi Icb documents les plus récents, le tableau
qui sert d'explication à la carte ethnographique publiée en 1862 par M. R. d'Erckert, membre effectif de la Société géographique de Saint-Pétersbourg, indique la distribution partielle des peuples dans les divers gouvernements de l'empire. L'auteur présente les chiffres de son travail comme approximatifs et résultant de la moyenne entre les données du Bureau de statistique et celles du clergé...
Nous ne poussons pas plus loin nos citations, M. Viquesnel entrant dans des développements qui dépassent notre objet, et nous terminons en reproduisant un tableau comparatif des chiffres des populations slaves et nioscovites dans l'empire russe, dressé par M. Viquesnel : il place, d'un côté, les chiffres exprimant le système ethnographique des savants moscovites représentés par un statisticien de Saint-Pétersboui'g, M. d'Erckert, et, de l'autre côté, les chiffres qui expriment son propre système. C'est une idée heureuse et qui met vivement en relief l'opposition des deux données.
COMPARAISON AU POINT DE VUE DES NOUVEAUX PniNCll'ES D ENSEIGNEMENT HISTORIQUE.
D Al'RES M. D'ERCKERT