‹ La Russie et l'EuropeChapitre 105 sur 119 · RÉPONSE AUX OBJECTIONS · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX OBJECTIONS

organe du bon sens, s est mis à marcher; pour faire comprendre à tous quel est le sien, il suffit au peuple russe d'user de la parole. Peu importe, du reste, qu'il soit le résultat d'une fusion; la nation française l'est également, et personne pour cela ne s'avise de lui marchander son nom. » {L'Empire des Tsars, loine III, page 57.) Le caractère linguistique, malgré son importance, ne suffit pas à lui seul pour détei-miner la place que doit occupei- un peuple dans la division de l'espèce humaine. Suivant les circonstances qui accompagnent et suivent une conquête, les vainqueurs impdsent leur langue aux vaincus, ou acceptent la langue de leurs sujets. L'histoire jette un grand jour sur ces questions : « C'est elle, )) dit, à ce sujet, le doyen de la Faculté des sciences de Dijon, que la nature de ses études tient éloigné de la politique, « c'est elle qui nous explique la formation de la nationalité bulgare, au moyen du mélange d'un peuple d'origine asiatique non aryenne avec l'élément slave; il en est résulté que ce peuple parle une langue slavone modifiée et très-altérée.Un autre cas nous est offert dans la nationalité russe ', qui renferme des peuples slaves, dans sa partie occidentale, et des peuples asiatiques non aryens, dans le duché de Moscovie et dans les régions plus orientales de la Russie d'Europe. La langue russe, aujourd'hui si développée, qui caractérise la nationalité russe, est ici beaucoup moins le résultat du mélange de deux races distinctes que celui de circonstances particulières, l'introduction du christianisme, par exemple. Sans le secours de l'histoire, comprendrait-on cet autre phénomène de la substitution complète d'une langue à une autre, comme il est arrivé dans les Gaules à la suite de la conquête de ce pays par les Romains? L'établissement de la langue latine a certainement entraîné des mélanges entre les vainqueurs et les vaincus, ou plutôt il en a été le résultat ; de même que plus tard de nouveaux mélan-

qui pai-le le moscovite ou grand-russe les 15 millions d'hommes qui parlent les dialectes ruthènes, ce qui est tout à fait inacceptable. — H. M.

1 M. Brullé nous autorise à déclarer que cette expression rend mai sa pensée et qu'il faut la remplacer par ces mots : « la population de l'empire russe. » Il reconnaît que la première expression est aussi peu exacte que le serait celle de nationalité' autrichienne, employée pour désigner l'ensemble des peuples d'origine diverse (Slaves, Hongrois, Allemands, Italiens, etc.), dont se compose la population de l'empire d'Autriche.

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ges, produits d'invasions de nature diverse, ont donné naissance à la langue française. Ces faits ou des faits analogues qui se sont produits également dans la péninsule ibérique et ailleurs, ont donné naissance à des langues dérivées du latin, et ont fait désigner abusivement sous le nom de race latine les peuples qui les parlent aujourd'hui. N'est-il pas permis de supposer que, dans les temps anciens, les choses se sont passées de la même manière, et que les divers rameaux de la souche aryenne ne sont autre chose que le résultat de la conquête et du mélange des peuples? Dans ces différents cas, il y a eu formation de nationalités nouvelles, et ces nationalités sont devenues des types dont les langues constituent, comme de nos jours, le caractère le plus apparent. » [Recherches sur les Origines arijennes, page 15.)

Ces considérations déduites de faits bien constatés, admis par nos contradicteurs eux-mêmes, permettent de saisir les rapports et les différences qui existent entre la formation de la nationalité française et celle de la nationalité russe (moscovite). Nos ancêtres les Gaulois, d'origine aryenne, ont subi le joug de peuples de même race ; ils ont perdu leur langue gallique ou celtique sous la domination romaine, et leur nom national sous la domination des Francs, c'est-à-dire de peuples constituant une confédération, dans laquelle l'élément germain en majorité était mélangé, selon M. Maciéïovski, avec les éléments slave et gaulois. — Les Moscovites de la Souzdalie, d'origine touranienne, ont snbi le joug de princes normands slavisés et de leur entourage, de race aryenne; ils ont perdu leur langue touranienne, mais conservé leur nom national, jusque vers la fin du siècle dernier. — Malgré la fusion de leurs ancêtres avec les vainqueurs, les Français actuels n'en sont pas moins les fils des Gaulois aryens, dont ils ont conservé les défauts et les qualités, de môme que les Grands- Russes actuels sont, aux mêmes titres, les fils des Moscovites touraniens. — Quoique de provenance étrangère, le nom de Français ne peut donner lieu à aucune équivoque ethnographique; le nom de Russes, au contraire, a produit des confusions très-regrettables.

Les langues slavones actuelles présentent entre elles des différences aussi grandes que les langues dérivées du latin (le français, ritalien, l'espascnol, etc.) Ces différences s'expliqueut par

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