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LA RUSSIE EN CHINE

point du tout, comme de raison, des limites réclamées par la Hussie, de Vladi-Vostok, du Léao-Ting ni de la Corée ; point, en un mot, de tout ce qu'il nous importe de savoir et de tout ce qu'il importe aux Moscovites que nous sachions le moins possible.

La Revue des Deux Mondes, tout en exposant les immenses ressources naturelles de la région de l'Amour et du sud-est de la Sibérie, en charbon, métaux, chanvre, etc., a expliqué les raisons pour lesquelles la Russie, ne voulant pas développer commercialement et socialement la Sibérie, ni la mettre en libre l'apport avec la région de l'Amour, n'entend créer dans cette région qu'un établissement militaire et maritime, et surtout une flotte de corsaires, destinée à attaquer le commerce des Européens et surtout des Anglais. 11 y a là déjà une trentaine de navires en bon état, de 200 à 600 chevaux de vapeur.

Au Japon, les Russes jouent le même rôle qu'en Chine. Ils font valoir leurs façons d'agir tout amicales, en regard des procédés rigoureux des puissances occidentales. Ils sont déjà installés, comme amis, en plein Japon, car la station principale de leur flotte, dans ces mers, n'est point à l'embouchure de l'Amour ni même à Vladi-Vostok, mais bien à Hakodadé, dans l'ile japonaise de Matsumaï, excellent poste pour agiter à leur aise le Japon par leurs menées.

En résumé, on voit avec quelle rapidité leurs affaires avancent dans l'extrême Orient.

Les Japonais, cependant, paraissent commencer à sentir le péril, et à se rapprocher de l'Occident et particulièrement de la France. La construction du port militaire et de l'arsenal maritime de Jokoska par des ingénieurs français pour le gouvernement japonais est un notable signe de cette disposition.

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