II
Jacques II et Zoé Paléologue,
Voici en quels termes la seigneurie de Venise proposait à Jacques II, roi de Chypre, l'alliance avec la princesse byzantine : « Quod reverendo patri domino archiepiscopoNicosicnsi {Guillaume Gonème), oratori serenissimi domini régis Cypri, qui ad praesentiam nostram venit et explicavit nobis quantum per serenissimum dominum ducem huic consilio relatum est, respondeatur : ... Pro communicatione nobiscum facta parte domini sui et pro consilio quod petiit circa affinitatem et matrimonium quod contrahere debeat regia Majestas, similiter sibi regraciamur. Et quidem jure afifectionis nostrae in Majestatem suam, vellemus ei scmper commemorarc ea quae
dignitatem et gloriam omnem saam concemere possent. Ideoque omnibus inter nos consideratis, dicîmus, quod praesertim respectu dignissimae parentelle et pro reputatione sua crederemus quod esset melius quod adhereret affinitati Illustrissimi domini despoti, nil minus Serenitas sua, que sapientissima est, disponere potest sicut sibi videtur et placet. » Archives d'État de Venise, Sen, Secr., XXIII, 1466- 1468, p. 18, II décembre 1466. Une partie de ce document a été déjà publiée par M. de Mas-Latrie dans V Histoire de Vile de Chypre, III, p. lyS.
Les négociations ultérieures sont racontées par Florio Bustron de la manière suivante : « E perô mandô {Jacques II) l'arcivescovo di Nicosia , Âluise Fabrices, fratello del conte Carpasso; e andô a Roma, a procurare con papa Pio secondo che Sua Santità dovesse mandar a coronarlo re de Cipro, et ancho di trattar di maritarlo con la fia del despoto délia Morea, la quale s'atrovava a Roma, nel governo del cardinal Niceo. Il Beatissimo non voleva concederli la corona, se non in caso che volesse tuor per moglie una nipotc di Sua Santità; délia quale havendo portato l'arcivescovo il rctratto, e descritti li costumi d'cssa, non volsc re Giacomo, ne quella consorte tuor, ne ancho d'esser coronato re con quella condition. » Chronique de Vile de Chypre par Florio Bustron, publiée par M. René de Mas- Latrie dans les Mélanges historiques, V, p. 432. Bustron rapporte ces négociations aux années 1471 et 1472; il se .trompe par conséquent en parlant de Pic II, mort en 1464. Toutes les autres
insinuations disparaissent ainsi d'elles-môme^. Voir aussi la chronique de George Bustron d^ns Sathas, MeÇattov. BipX., II, p. 474.
Du reste, la date des négociations donnée par George et Florio Bustron, doit être corrigée : la lettre de Jacques II accréditant Fabrice auprès du pape est du 27 décembre 1472 [Mélanges historiques, IV, p. 417; Archives de l'Orient latin, II, p. 298). Zoé Paléologue était mariée au grandkniaz de Moscou depuis le i" juin 1472; sur ce point, la mission de Fabrice n'avait plus d'objet.
Gian Battista délia Volpe»
L'identité de Volpe avec Friazine est désormais facile à constater. Les chroniques russes {Roussk. liét, po Nikon, sp., VI, p. 7, suiv.) donnent le nom d'Ivan Friazine à celui qui a été chargé de négocier le mariage d'Ivan III avec Zoé, qui a fait les deux voyages de Rome, et qui est ensuite tombé en disgrâce au Kremlin. Or, les chroniques italiennes et allemandes, les documents officiels de Venise, appellent le môme individu Gian Battista délia Volpe. Toutes les circonstances d'affaires, de déplacement, de parenté avec Antoine Gislardi confirment l'identité,
Pagliarini, chroniqueur viccntin du xv« siècle,
décrit ainsi les origines de la famille Volpe : a X Vulpe familiam antiquissimam esse comperio, quam ex germanicis partibus ad nos venisse rerum vicentinarum scriptores testantur anni quatuor centi sunt. Fuerunt in ea viri et scientia juris civilis, et in re militari praestantes, quorum nomina ad praesens sileo. » — Bibl. comm. de Vicence, Pagliarini, ms., p. 114.
La chronique de Pagliarini a été traduite en italien et imprimée à Vicence, en 1673. Les documents cités par l'auteur, à l'appui de ses assertions, n'existent plus.
La sœur de Volpe, « nobilis et honesta domina Angella, filia quondam Bandini a Vulpe et uxor quondam Bartholomaei de Angarano », a consigné dans son testament du 27 août 1459 les dispositions suivantes : « In omnibus autem aliis suis bonis mobilibus et immobilibus, praesentibus et futuris quorumcunque haeredes suos universales instituit et esse voluit dominam Elisiam suam matrem, Charolum, Nicolaum et Batistam, eius legittimos fratres, aequaliter et aequis portionibus,... volens et iubens dictam dominam Elisiam esseusufructuariam partis haereditatis contingentis dicto Batistae, quousque reversus fuerit de Russia vel misent aliquos legitimos nuntios seu procuratores acceptum dictam eius partem dictae haereditatis, cui nuntio vel procuratori teneantur et obligati sint assignare partem et portionem haereditatis tangentes dicto Batistae. » — Archives du couvent Santa-Corona à Vicence, 29» 36, parchemin n^ 1394.
Les armes de Volpe sont reproduites dans les
manuscrits de Giovanni da Schio (// Blasone, II), de Valentino delF Acqua (Arme et cognomï) et de Vincenzo Gonzati {Armi, II), qui se trouvent à la bibliothèque communale de Vicence. Voir aussi Rietstap, Armoriai général, II, p. 1022.
Pour la répétition du baptême de Volpe, voir Pùln, Sobr. roussk. liét, VIII, p. 176; Roussk. lieu, VI, p. 5o. Pour les autres détails, voir les chroniques russes, allemandes et les documents de Venise aux endroits qui seront cités ultérieurement.
Antoine Gislardi.
Sur la famille Gislardi, Pagliarini donne les détails qui suivent : « Gislardam antiquissimam familiam in nostra civitate esse comperio ; quae viris ingenio, opibus et nobilitate sanguinis plurimum valuit. Anno a sainte nostra 1262, hos praestantos viros in civitate fuisse legi, videlicet Ugutionem Gislardi et Bartholomeum Gislardi, qui opibus et amicitiis plurimum valuerunt... Nostro autem tempore fuit Laurentius quondam Bonfrancisci Zelemiae de Gislardo, a quo nacti sunt hii Jacobus, vir prudentissimus, optimis moribus omatus, et egregius causidicus, et vir omni laude dignus; et Antonius, frater, qui multas mundi partes queritavit, Jadrae col-
lateralis factus est; et alii cives optimi ejus filii fuerunt. Et anno 1340, Gerardinus Gislardus, optimus civis, ut in scripturis Viti de Paiarinis inveni. Opinor tamen hanc familiam ab ista civitate originem habuisse et non aliunde. » — Bibl. comm. de Vicence, Pagliarini, ms., p. 122 v.
Très curieux sont aussi les renseignements fournis par Tomasini (Bibl. comm. de Vicence, Veridica origine^ ms., I, p. 171), mais ils datent de 1698 et les documents cités par l'auteur sont introuvables. Remarquons toutefois que les dates qui se laissent contrôler sont en parfaite harmonie avec des faits certains et avérés, circonstance qui donne à ces pièces une certaine autorité. D'après Tomasini , Gislardi aurait été envoyé à Rome et à Venise par Ivan III, en 1473 il aurait été en rapports avec Ferdinand de Sicile; secrétaire de la seigneurie, il aurait été expédié en Hongrie, créé collatérale de Zara, et dans la suite comte palatin et chevalier. Deux documents authentiques lui donnent, en effet, le titre de collatérale de Zara : l'un est un permis de voyage en Russie du i5 juin 148 1, l'autre est une concession de travaux hydrauliques à Padoue, du 21 mai 1492. (Archives d'État de Venise, Notatorio CollegiOj XX, p. 149; Senato Terra, XI,
p. IIO, V.)
Giovanni da Schio (Bibl. comm. de Vicence, Memorabilia, V, ms.) fait un grand éloge d'An toine Gislardi et renvoie ses lecteurs à Tomasini.
Les armes des Gislardi se trouvent, de môme que celles de Volpe, dans Giovanni da Schio (//
Blasone, ms., I), et Vicenzo Gonzati [Armi, ms., I), à la bibliothèque communale de Vicence.
Sur les premières démarches d'Antoine en vue de l'alliance tatare, les archives d'État de Venise renferment trois documents : 26 mars 147 1, Exposition de Gislardi au sénat; 2 avril 147 1, Résolution d'envoyer le secrétaire Trevisano à la Horde d'Or; 3 mai 147 1, Instructions à Trevisano. — Senato, Secreti, XXV, p. 8v., 11, 21.
Enfin, deux inexactitudes doivent être relevées au sujet d'Antoine. Il passe dans les chroniques russes pour fils du frère aîné de Volpe, et pourtant son nom de famille était Gislardi. Dans un document romain (Archives du Vatican, Exitus, 472, p. 173, b), il est nommé Nicolas.
Le second voyage de Volpe en Italie,
Ce voyage est mentionné dsixis Roussk. liét.,V\^ p. 37.
Le rappel de Trcvisan a été motivé ainsi par le sénat de Venise : et Die 27 aprilis 1472. Missus fuit per hoc consilium in Russiam ad Joannem Baptistam a Vulpe Joannes Baptista Trivisan secretarium nostrum {sic) pro invitando et movcndo imperatore Tartarorum contra Turchum sicut idem Joannes Baptista proponi nobis fece-
I go APPENDICE
rat. Et sicut intelligitur non succedunt res illae pro informatione nobis data. Immo ille Joannes Baptista in Italiam venit pro eundo Romam et non venit ad praesentiam dominii, relicto in Muscha eodem nostro secretario sine ulla intelligentia aut practica, qui propterea revocandus est. Iccirco vadit pars quod eidem Joanni Baptiste Trivisano auctoritate hujus consilii committatur ut diligenter de, omnibus negotiis illarum provinciarum informatus redeant (sic) ad praesentiam nostram. Et pro impensis provideatur illi per illam viam quae coUegio visa fuerit de ducatis i5o. — De parte, 144; de non, 2 ; non sinceri, o. » — Archives d'État de Venise, Senato, Secreti, XXV, p. 12 5.
La lettre de Bessarion aux prieurs et à la commune de Sienne est conçue dans ces termes :
« Magnifici viri, Amici nostri carissimi : Quom ex itinere nostro in Galliam Bononie essemus, vidimus legatum domini Magnae Russiae qui ad Urbem se conferebat, ut nepote {sic) imperatoris Graecorum pro domino suo desponsaret. Res est nostrae curae et sollicitudinis. Nam principum Graeciae relliquias, ex tanta calamitate servatas, cum benivolentia et misericordia semper sumus prosecuti, tum patriae ac gentis communi quodam neccesitudinis vinculo omni tempore adiuvandas censuimus. Nunc, si hic legatus sponsam ducet facietque iter per fines vestros, vos rogamus et obtestamur ut eius adventum honore aliquo celcbretis, curetisque humaniter omnes accipiendos, ut, quom apud dominum suum fuerint, argumenta aliqua afFerre valeant
amoris populorum Italiae erga hanc puellam.
Quod magnam ei gratiam, vobis laudem comparabit, nobis vero tanti benefitii loco erit, ut pro eo vobis perpétue debere velimus. Bene valete. Bononiae, die X mai, 1472. » — Archives d'État de Sienne, Concistoro, Lettere ad annutn. — L'orthographe de l'original a été scrupuleusement conservée. On sait que Bessarion n'a appris le latin qu'assez tard.
Le fragment de Mafïei de Volterra est extrait de son Diarium romanum de Xisti IV pontificatu publié par Muratori, Rerum ital. script., XXIII, col. 83 et suiv. Raynaldi, Ann.eccl. XXIX, p. 537, cite MafTei sous le nom de Raphaël au lieu de Jacques et donne des textes tronqués et défectueux. Karamzine, Istor. gos, ross,, VI, p. 63, reproduit Raynaldi en y ajoutant de nouvelles erreurs. Aucun historien russe n'a vérifié ces textes.
D'après Maifei, étaient présents à l'audience solennelle de Volpc les ambassadeurs de Naples, de Venise, de Milan^ de Florence et de Ferrare. Florence était représentée à Rome par Bernardo Bongirolami, Ferrare par Bon Francesco Arlotti de Reggio, mais leurs rapports de l'année 1472 n'existent plus dans les archives correspondantes. A Naples et à Venise nous n'avons rien trouvé non plus.
La dépêche, du 25 mai 1472, des ambassadeurs de Milan se trouve aux Archives d'État de la môme ville, Potence ester e, Roma, 1472.
Pour les conditions du mariage entre catholiques et orthodoxes, voir Zhishman, Das Ehe-
recht der orient. Kirche,p. 523, 343, 345. Le bref de Martin V aux fils de l'empereur Manuel est daté de Constance. 6 arril 141 8. II se trouve dans Raynaldi, XXVII, p. 493.
Détails sur le mariage au Vatican.
Maffei est le seul chroniqueur, que nous sachions, qui ait décrit le mariage de Zoé et mentionné rincident de la bague, dans le Diarium, col. 90, 91. Nous n'avons connaissance de la lettre de Filelfo que par la réponse de Théodore Gaza, datée de Milan, i*' juillet 1472, qui se trouve à ta bibliothèque Trivulzio de Milan et qui nous a été obligeamment communiquée par M. E. Legrand.
Nous réunirons ici tout ce qui concerne les personnes présentes au mariage de Zoé, la dotation de la fiancée, le départ de Rome et quelques autres circonstances.
Catherine, reine de Bosnie, morte à Rome en 1478, a été enterrée à Téglisc d'Ara Cœli. Par disposition testamentaire, elle a légué à Sixte IV ses droits sur la Bosnie, si ses enfants n'abjuraient pas l'islam. Theiner, Vet. Mon, Slav. mer., I, p. 509, n» DCLXXXIII ; Gottlob, Aus der Caméra apost., p. 292. ^
Pour Anne Notaras, voir Lebeau, Histoire du Bas-Empire, XXI, p. 28g à 292 ; Legrand, Bibl. hell., I, p. cxxvi à cxxviii. Une lettre originale d'Anne à la commune de Sienne, du 1 5 juin 1474^ signée « Anna Paleologina, filia quondam magnifici ducis Romeorum », se trouve aux archives d'Etat de Florence, Carte Stro^^iane, filza 107, p. 134.
Le souvenir de la dotation de Zoé par le pape se conserve dans les fresques et les épigraphes de l'hôpital Santo Spirito restauré aux frais de Sixte IV. Les Russes ont tort de se plaindre que personne n'ait encore étudié ces fresques.
M. Brockhaus [Bas Hospital Santo Spirito) les a analysées dans le Repertorium de Janitschek, VII, p. 281 à 290, 429 à 445 où l'on trouvera aussi une description de Santo Spirito qui complète celle de Forcella, Iscri:{ioni di Roma, VI, p. 379. Le môme Forcella, VI, p. 438, n*' 1404 et 1405, a recueilli les deux épigraphes sur le mariage de Zoé. Elles sont à peu près identiques et sont mentionnées dans le manuscrit de Santo Spirito : Liber continens inscriptiones. Voici le texte de la première :
Paleologo Peloponesi et Leonardo Tocco Epiri Dynastis a Turcarum tyranno e Dominiis eiectis vitae necessaria regali Splendore suppeditari iubet Sixtus, Sophiae item Thomae Paleologi filiae Quae Ruthenorum duci nupserat praeter Amplissima alia munera sex millia Aureorum in dotam largitur.
Cette dotation est confirmée non seulement par
Platina dans ses Diaria, Bibl. Corsini à Rome; CXXX, p. i3, mais aussi par des documents authentiques. Les cardinaux commissaires de la croisade ont adressé à Lorenzo et Giuliano de Médicis l'ordre suivant :
« Nos etc. quatenus de pecuniis cruciate et de ducatis illis VI (m) CCCC pro quibus certa conuentia uobiscum de çonsensu nostro per R" d.
Cardinalem de Ursinis camerarium facta est, tradatis et solvatis II" domine Zoe, Régine Rusie, filie quondam II'" d. Despotis Romeorum, florenos de caméra quatuor milia quos S. Domînus noster eidem donari mandat pro certis expensis per eam in eundo ad Rusiam faciendis et aliis causis. Item de eisdem VI (m) CCCC florenis simil iter tradatis florenos de caméra VI (c) R**" in Christo patri domino Antonio Bonumbre, Episcopo aciensi, pro expensis per eum faciendis qui comitaturus est eandem dominam reginam ad Rusiam. Residuum vero dictorum ducatorum VI (m) CCCC retineatis pênes vos in paruis, qtiod residuum est floreni MVIII (c) quos in uestris, etc. Datum Romae^ etc. XX junii, anno primo. » ^—Archives d'État de Rome, Archivio Camerale, Liber S. Cruciate Comm^ g^^h A. 1468- 1472, p. 110 V.
Le paiement effectué le 27 juin 1472, a été consigné ainsi : a Alla detta (santa cruciata) a di XXVII detto (de giugnio) ducati semila quattro cemto di caméra pagamo per mandat© de prefati S. Comessari alla Reina de Rossia e ssorella de Despoti délia Morea, délia quai somma n'ebbe la pretata Reina ducati V (m) IIII (c) e ducati VI (c)
il R''" padre messer Amtonio Vescovo acemsis e quali N. S. dona loro per l'aindata de Rossia, — d. VI (m) CCCC ». — Archives d'État de Rome, Archivio Camerale, Liber depositarii sancte crudate, A. i464-i475,p. 188.
Pour les détails complémentaires sur la famille de Sixte IV et les fresques de Santo Spirito, voir Schmarzow, Melo^^o da Forli, p. i à 25, 202 à 2o5.
Au départ de Rome pour Moscou, les compagnons de Zoé étaient assez nombreux. louri ou George Trakhaniote est identique avec le « Grec louri des annales russes et le ce Georgio Greco » des documents romains, envoyé à Moscou avec Gislardi en 146g par Bessarion. Il resta au ser" vice du grand-kniaz et fut chargé de différentes missions. L'ambassadeur des frères de Zoé, Démétrius, s'appelait aussi Trakhaniote. Il n'a pas joué de rôle marquant.
Le prince Constantin, originaire de la Morée, apràs s'ôtre fait moine sous le nom de Cassien, construisit un monastère sur l'Outchma avec une église dédiée à l'Assomption. Il mourut le 2 1 mai i5o4 et fut enterré dans le monastère dont il était le fondateur et qui a porté son nom jusqu'à l'époque de la suppression en 1764. Le culte rendu à saint Cassien en Russie est un culte local. Voir P. Martinov^ Annus eccl. graéco-slav, ^ p. i34i
L'évoque Antoine Bonumbre était Génois d'origine comme l'atteste un document de Venisej {Senato, Secreti, XXVI, p. 23 v.), probablement de Costa di Vado, où il y avaitj en 1495, une famille
Bonumbre (De Simoni, Statuto dei Padri del Comune di Genova, p. 269). La Corse étant alors sous la domination de Gônes, on s'explique facilement comment un Génois était évoque d'Accia en Corse. Des cas analogues se répétaient souvent. Les évoques d'Accia, diocèse très pauvre réuni plus tard à celui de Mariana, résidaient souvent à Rome, et, pourvus d'un bénéfice ou d'un emploi quelconque, ils faisaient administrer leur diocèse par des vicaires. Les catalogues imprimés des évoques d'Accia sont tous incomplets et ne présentent aucune garantie d'authenticité. Accinelli donne la série suivante : a 1444, fra Alberto de Casini, de' Predicatori; 146 1, D. Antonio Vescovo ; 1480, D. Bartolomeo Pamoleo, Vescovo. » — Bibl. nat., Liguria sacra, ms., p. 70. 'Nous avons donné dans le texte la traduction du bref latin adressé par Sixte IV, le 21 juin 1472, au duc de Modène {Lett. di Princ. est.). Un bref similaire adressé aux anciens de Bologne a été publié par Makouchev, Mon. hist. Slav. Mer., I, p. 3 10 ; un autre adressé à Lùbeck se trouve dans Mise. Lub., III, p. 41. Aux archives de Nûrnberg (Saal I, Lade 209, n» 53), il y en a un aussi rédigé à peu près dans les mômes termes.
L'audience d'adieux est mentionnée par l'envoyé de Milan, le 21 juin 1472 : « Venni de sotto in el zardino dove trovai el papa che daseva au^ dientia allô ambassatore del duca de Rosia et alla sorella deli despoti délia Morea, sposa del dicto duca la quale toleva licenzia da Sua Santità per partirse et andare a marito ». — Archives d'Etat de Milan, Potence estere, Roma, 1472.
La légende du métropolite Jonas est consignée dans les Tcheti Minei. Voir P. Martinov, Annus eccï., p. 141.
Le voyage de Zoé.
Le voyage de Zoé jusqu'aux frontières russes a été décrit d'après des témoignages en grande partie inédits. Nous citerons ceux qui n'ont jamais été imprimés et nous indiquerons brièvement les autres.
A Viterbe, Feliciano Bussi écrit d'après la chronique désormais perdue de Cobelluzzo : « Ânco essendo nel detto tempo (1472) lafiglioladel dispoto délia Morea, lo quale morio in Roma, et papa Pio lo fe fare di marmo, cioè quello sancto Paulo a le scale di sancto Piero in sua figura, che fu bellissimo omo, e rimase doi figlioli et una figliola, la quale per nobiltà e per bellezza lo re di Ruscia la mando a domandare per donna, e fu fatta la detta parentezza per mano del sopradetto Papa (Sixte IV) e promise detto la Morea, la quale tenniva el Turco, a racquistarla. La detta passo per Viterbo detto tempo, e diciasi era nata de stirpe viterbese ». — Archives communales de Viterbe, ms., ad 14^2,
Allegretto Allegretti dans Muratori, Rer, itaU script, XXIII, col. 775, raconte le passage de Zoé
par Sienne. Aux archives de la ville, il y a deux documents : i* la lettre de Bessarion du 10 mai 1472, dont il a été question plus haut ; 2» une délibération de 1| commune du 2g juin 1472. ConcistorOy Delibera^ioni, maggio-giugno 1472, p. 5i.
A Bologne les renseignements abondent. Giovanni Francesco Negri écrit : « Giunse il decimo gîomo di luglio (1472) la Regina Tomasa (sic), figlia d'Ândrea {sic) Paleologo, despota del Peloponneso, noveUa sposa del re délia Russia... Era questa regina in età di anni vinti quattro,picciola di statura ma bianchfssîma di carni, vestiva un zubbone broccato d'oro foderato di pelli d'armelini, con guardacuore di drappo cremesino, e berettocco in testa guernito d'oro e di perle, et un richissimo gioiello sul braccio sinistro. L*accompagnavano un ordine di matrone e damigelle a cavallo, quali si riparavano dal sole con capelli bianchi che portavano in testa. Fu questa regina incontrata alla porta délia città dai magistrati e da tutte le dame e cavalieri, e condutta ad allog-* giare al palazzo di Vergilio Malvezzi, et il venerdi mattina, prima di partire, voile visitare la sepol* tura del patriarca san Domenico... Udita poi ch' hebbe con molta devotione la messa, usci délia chiesa accompagnata sino alla porta di San Felice e seguitô il suo viaggio. » — Bibliothèque de l'Université de Bologne, ms., VI^ 2- partie, ad
Les autres chroniqueurs ou historiens de Bologne, Bianchetti, ms., p. 672; Ghiselli, ms., tX, p. 88, Alberti, ms., p. ii'j, s'expriment à peu près de la môme manière; Voir aussi le Discorso
sopra la famiglia Malve^!(i, ms., p. 9, aux archives Hercolani, fonds Malvezzi-Lupari, carton A ; et le troisième volume de Ghirardacci, Storia di Bologna, imprimé mais très rare.
Les fêtes de Vicence ont été décrites par Castellini, 5foria di Vicen^aj XII, livre XV, p. 23 1. Répéta, Cronaca, p. i3, donne quelques intéressants détails. Dans la Chronica praeteriti, prae^ sentis et futuri temporis, on lit : « 1472, a di 19 luglio : Venne a Vicenza la regina di Russia, che fu fîgliuola del despoto délia Morea, la quai veniva da Roma et andava a marito in Russîa per moglie del re di Russia, perché il papa glieP haveva data per moglie, e gli havea data per. dote tutta la Morea e tutto quello che teneva il Turco con questo che il detto re di Russia la dovesse conquistare contro il detto Turco. E con la detta regina era Battista délia Volpe, cavalière e cittadino di Vicenza^ che habitava in Russia, ambasciator di quel re di Russia, il quai è molto amato da quel Re, alla quale fù fatto grand' honore, che proprio a regina non si poteva migliorare. Et la signoria di Venezia gli mandô alcune tazze et argenti di grand pretio et gli fece far le spese per tutte le sue città et gli fu fatta veder la Roda dei Nodari et era accompagnata da circa sessanta cavalieri ». — Bibl. comm. de Vicence, ms. — La Chronica ab anno 1440 qui se trouve en manuscrit à la môme bibliothèque donne un résumé de ces renseignements sous les mômes dates.
Quant aux dépenses qui auraient été faites à cette occasion par la seigneurie, aux archives de Venise il n'y en a aucune trace.
Sur le séjour de Zoé à Nûrnberg voir Chroniken der deutschen Staedte, X, p. 33o à 33i ; XI, p. 468 à 469 ; à Lûbeck, voir Chronik des Franciscaner Lesemeisters Detmar, II, p. 347. Les annales de Tannée 1472 ne sont plus de Detmar, mais de son continuateur anonyme. Elles ont servi de source aux historiens postérieurs de Lûbeck.
Aucun document n'a été découvert à Bamberg, Erfurt, Leipzig, Brunswick. En supposant que notre caravane a suivi la môme route qu'avait prise autrefois le métropolite Isidore, ces villes eussent pu nous conserver quelques souvenirs.
Sur le voyage en Russie et la célébration des noces à Moscou, il n'y a guère que des renseignements d'origine russe : Poln. sobr. roussk. liét, IV, p. 244; VI, p. 196; VIII, p. i54, 173, 175; Roussk. liét. po Nik. sp., VI, p. 49. Toutes les chroniques s'accordent à dire que le mariage a été béni par le métropolite Philippe, à l'exception de celle de Lvov qui fait intervenir le protopope de Kolomna, Osia.
Le texte du message des Lithuaniens à Sixte IV, du 14 mars 1476, a été reproduit par Pétrouchévitch dans Literatourny Sbornik de Lvov, 1869, p. 223 à 260. M»* Macaire l'a résumé et commenté, Istoria roussk, Tserkvi, IX, p. 43 à 63.
La lettre de Sixte IV à Casimir de Pologne, du 7 février 1484, se trouve dans Theiner, Vet. mon, Poloniae, II, p. 2 3o, n" 257.
Trevisan à Moscou et en Pologne,
LMncident de .Trevisan est mentionné par les chroniques russes aux mômes endroits, déjà cités, où il est question du mariage de Sophie. Voir surtout Roussk, liét,, VI, p. 5i. Les registres des correspondances d'Ivan III avec la Horde d'Or n'étant pas parvenus jusqu'à nous, les renseignements complémentaires nous manquent de ce côté.
Les archives d'Etat de Venise renferment sur le môme incident les documents suivants : 2 1 juillet 1473, Rapport sur la situation de Trevisan à Moscou et décision d'intervenir auprès d'Ivan : « Elapsi sunt anni duo quod fidelis secretarius noster Joannes Baptista Trivisano missus fuit in Russiam, ut inde per médium Joannis Baptiste a Vulpe, primi motoris hujus practice, transiret ad imperatorem Tartarorum pro tentando illum ut contra Turchum descenderet in Traciam, sicut per dictum Joannem Baptistam Vulpem facile fore ostendebatur. Et postquam secretarius ipse noster in Moscha applicuit, impedictus et retentus fuit ab ipso Vulpe ne ad imperatorem Tartarorum se conferret. Quin immo, relicto ipso nostro secretario semi obside ia Moscha, ipse Vulpe in Italiam venit et cum uxore illus-
trissimi domini ducis Russie illuc rediit. Et astucia tandem vel perfidia potius cuiusdam legati apostolici, natione Januensis, détecta mora, acusati ambo, capti et retenti sunt suspitione criminis lèse maiestatis cum manifeste periculo vitae, quamvis cognitus ipse Joannes Baptista, secretarius noster, a duce predicto ex carcere dimissus custoditur tantummodo ne possit recedere cum aliqua provisione impensarum, ut ab Antonio Gislardo, cive vincentino, illinc vènientem relatum est. Liberationi autem suprascripti nostri secretarii providendum est... » Senato, Secreti, XXVI, p. 23 v. — 6 novembre 1473, Permission aux chefs du conseil des Dix de traiter avec Antoine Gislardi et Paolo Ognibene. Consiglio Dieci, Misti, XVIII, p. 3o v. — 20 novembre 1473, Nouveau rapport sur l'incident de Trevisan :... « Propterea vadit pars quod scribatur Duci Muschoviae et declaretur missum a nobis fuisse predictum Joannem Baptistam {Trevisan) non solum pro non ofFendendo aut nocendo sibi aliquo modo, sed liberando potius eo ab omni lesione Tartarorum quos delongare a sua provincia cupimus et ducere per regiones vicinas Euxino et Valachiam ad oppressionem communis hostis Christianorum , occupatoris imperii Orientis, quod, si sucessores mares deessent, jure ad Exçellentiam suam per illustre matrimonium suum pertineret... » Senato, Secreti, XXVI, p. 48. — 4 décembre 1473, Lettre de Venise à Ivan III :... « Verum ut Vestra Sublimitas veritatem omnem intelligat, misimus predictum secretarium nostrum {Trevisan) non ut uUa ratione statui re-
busqué vestris ullum incomodum aut periculum procuraret cum imperatore Tartarorum, quin potius invitati litteris dicti serenissimi imperatoris illum et copias suas vicinas vestro statui, et propterea molestus et infestus {sic] averteret et delongaret, si fieri aliqua ratione potuisset, a vestris finibus et vicinitate et per provincias mari mediteraneo, quod Euxinum vel mare Majus appeilant, ad rippas Danubii duceret in oppressionem comunis omnium Christianorum hostis Turci Othomani, occupatoris imperii Orientis, quod, quando stirps mascula deesset imperatoria, ad Vestram lUustrissimam Dominationem jure vestri faustissimi conjugii pertineret. Hec fuit unica et verissima causa adventus ad partes Vestre Ceisitudinis suprascripti nostri sécrétarii... » SenatOy Secreti, XXVI, p. 5o v. — 4 décembre 1473, Lettre de Venise à Trevisan. Ibi^ dem, p. 5i.
Sur les négociations ultérieures de Venise avec la Horde d'Or, de Trevisan en Pologne et de Bonaccorsi à Venise, il y a principalement neuf pièces inédites à signaler : 10 mai 1476, Réponse de Venise aux ambassadeurs tatars; 19 mai 1476, Lettre au khan Mohammed (Accomet); 19 mai
1476, Lettre à Tamir; 19 mai 1476, Lettre au roi de Pologne; 18 juillet 1476, Instructions du doge André Vendramin à Trevisan; 7 janvier 1477 (H76 Tn, V.), Réponse du sénat à Bonaccorsi; 10 janvier 1477 (1476 m. v.). Lettre à Trevisan; 18 mars 1477, Lettre à Trevisan; 25* juin
1477, Réponse du sénat à Bonaccorsi. — Archives d'Etat de Venise, Senato, Secreti, XXVII, p, 69,
70, 70 V., 87, 120 V., 124; XXVIII, p. 3, 24. — Voir Bonaccorsi, De his quae a Venetis tentata sunt Persis ac Tartaris contra Turcos movendis historia dans Bizarus, Rer. pers, historia, p. 402 à 431.
Très importante est la lettre de Sixte IV à la ville de Nûrnberg du i®' novembre 1473. Son but est de recommander Antoine Gislardi qui rentrait à Moscou avec les réponses de Venise au sujet de Trevisan. A cette occasion, le pape révèle les confidences de Gislardi qui jettent une vive lumière sur les trames ourdies par l'ingénieux Italien. Nous donnons presque en entier le texte encore inédit de la lettre de Sixte IV du I" novembre 1473 : «... Letati admodum fuimus, dilecti filii, cum ex Antonio Guischardo, Vincentino, scutifero et familiari nostro intellexerimus, deuotionem uestram uxori principis Russie cum. sua comitiva humaniter liberaliterque digna uobis officia exhibuisse omnibusque rébus iuuisse. Qui animus erga nos uester cum multis in rébus tum hac in Ruthenos potissimum declaratione, qui nos in summum Pontificem Pétri successorem recognoscere uolunt, ad maximam consolationem gaudiumque accessit. Igitur deuotiofiem uestram de oplimo opère commendantes etiam atque etiam in Domino exhortamur, ut eundem Antonium, quem pro maximis christianam rempublicam concernentibus rébus ad Russie principem mittimus, ita rébus omnibus in eundo ac cum ipsius principis ad nos redeundo oratoribus liberaliter atque humaniter, ut uestra natura ac deuotio fert, tractetis, quod intelligat natio illa
Ruthenorum christianos magistratus de ipsorum ad uerum fidei et romanac ecclesiae cultu {sic) non paruopere gaudere, in quo rem Deo acceptam, nobis gratam, uobis honorificam facietis... » — Archives de Nûrnberg, Saal I, Lade 209, n* 54.
Pour le passage de Gislardi par Cracovie, voir Dlugosz, D;(iela ws^ysthie, V, p. 567.
Le voyage de Contarini se trouve dans Viaggi fatti da Venetia alla Tana, voir p. 87 à 96.
Diplomates et artistes.
Les chroniques russes ne donnent guère de détails sur les ambassades d*Italie au xv" siècle, sauf les noms des ambassadeurs, les dates de leur départ et de leur arrivée, et les noms des artistes quMls ramenaient de l'étranger. Les instructions octroyées aux Grecs et aux Moscovites qui se rendaient à Milan, Venise, Florence, Rome et Naples ne sont. pas parvenues jusqu'à nous. Les archives de ces mômes villes et les chroniques italiennes ne fournissent sur le même sujet que peu de renseignements. Ces épaves dispersées dans toute l'Europe doivent nous ôtre d'autant plus précieuses, et nous donnerons ici les maigres résultats de nos recherches.
Tolbouzinc n'est mentionné que dans une seule
pièce à Venise, le 27 décembre 1474, à Toccasion des présents envoyés à Ivan III. Archives d'État, SenatOj Secreti, XXVI, p. 164.
Pour l'ambassade de 1488, voir aux archives d'État de Wenise : Senato, Secreti, XXX, p. i52, V.; à la bibliothèque Saint-Marc: Sanuto, Cronaca veneta, ms., III, p. 804 v. ; Burchard, Diarium, I, p. 323. L'incident du médecin Léon Jidovine est raconté dans Roussk. lie't., VI, p. 12 5,
Sur les envoyés de 1493, il y a cinq documents inédits aux archives d'État de Milan, Poten:[e estere, Russia, 1493 ; et, aux archives de Florence quatre rapports de l'agent florentin à Milan, Pierre Guiccardini, traduits en russe et publiés par Michel Boutourline, Documenti,., riguardanti Vantica Moscovia, II, p. 276 à 279.
L'ambassade de 1499 est consignée dans Sanuto, Diarii, III, aux mots Caracirova, Demétrio Ralevo, Paleologo. Karatchiarov, (le Caracirova de Sanuto), est mentionné dans le Sbornik imp. ist, ob., XLI ; et Ralev dans le Giornale araldico, août 1888, p. 49.
Mieux partagés que les diplomates, au point de vue des sources d'information, ont été non pas tous les artistes, mais un seul d'entre eux, Aristote Fioravanti. Beltraoïi, Canetta, Corio, Gualandi, Malagola, ont donné sur lui d'intéressants détails. M. Eugène Mûntz a parfaitement résumé les principaux faits de la vie artistique de Fioravanti dans V Histoire de l'Art pendant la Renaissance, I, p. 1 15.
Quant aux autres artistes venus en Russie à cette époque, les chroniques indigènes se conten-
tent de donner leurs noms de baptême. Debossis seul figure avec son nom de famille. Parmi les autres, nous n*avons pu identifier que Pietro Antonio. Il est mort à Moscou, et à Toccasion de son héritage qui devait revenir à sa veuve et à son fils, on a dressé quelques actes conservés aux archives d'État de Milan avec cette inscription : « Solari, Pietro Antonio, del fu Nobile Boniforte e di Giovannina da Cisate, morto in Russia nel secondo semestre dell' anno 1493, 22 novembre. » Registri ducali, n' 61, p. io3. Voir en outre p. 149.
André Paléologue,
L'ambassadeur de Venise à Rome, Antonio Giustinian, Dispacci^ I, p. 164^ s'exprimait ainsi dans sa dépêche du 21 octobre i5o2 au sujet d'André : « Persona de poco valor, per fama pubblica per tutta Roma, benchè l'aspetto suo demostri altramente ».
L'Alsacien Burchard, maître des cérémonies d'Innocent VIII et d'Alexandre VI, mentionne souvent dans son Diarium le même personnage.
Lorsqu'il y avait chapelle pontificale, aux jours de grande solennité, <c l'imperator constantinopolitanus » ne manquait pas d'y assister. Il com-
muniait de la main du pape, lui présentait l'aiguière pour le lavabo de la messe, et tandis que les cardinaux tenaient les franges dorées de Tornement papal, il en portait modestement la traîne. Les humiliations ne manquaient pas à l'empereur déchu. Le jour de la Purification, on lui donnait un cierge rouge, comme à tous les autres, et ce n'est qu'à force d'instances qu'il obtenait un cierge blanc, réservé aux cardinaux. Un duc allemand minuscule avait le pas sur lui, et, aux réclamations du despote, Alexandre VI répondait par l'avis charitable de s'absenter des cérémonies auxquelles le duc serait présent. On voit malgré tout qu'à la différence de sa sœur orthodoxe à Moscou, André était à Rome ostensiblement catholique. — Johannis Burchardi Diarium, I, p. 174, 238, 272, 297; II, p. 65, 104, 425, 545, 558, 667.
Les deux voyages de Moscou en 1480 et 1490 sont attestés par les chroniques russes. Lorsqu'il revenait de Russie, en 1481, André avait avec lui treize compagnons de voyage et vingt-deux chevaux. Il se réclamait de sa parenté avec les Malatesta pour se faire recommander au duc £rcole de Ferrare par le marquis de Mantoue qui s'intéressait à lui et lui donnait une généreuse hospitalité. — Roussk. liét,, VI, p. iio, i25; Giornale arald., août 1888, p. 46.
Pour les subventions données à André par Charles VIII, roi de France, voir Bibl. nation., Pièces originales^ 49378; Archives nation., K. 74, n* 32, Cartons des rois; archives d'État de Naples, Esecutoriali, X, p. 189, v. — La minute
originale de la convention stipulée entre Charles VIII et André a été déposée aux archives du Capitole à Rome et ensuite cédée à Louis XV, le 9 octobre 1740. Elle se trouve actuellement à la Bibliothèque nationale, Fonds latin, 10408, p. 87 à 95. Pour les détails voir Foncemagne, Éclaircissements historiques dans Mémoires de V Académie des inscriptions^ XVII, p. 539 à 578; les Portefeuilles Fontanieu, 149, i5o, i5i (sans pagination), où il y a une réponse de Pernaud à Foncemagne avec une réplique de Foncemagne à Pernaud, Bibl. nat., ms. ; enfin Raynaldi, XIX, p. 345, n" 29. — Le testament du 7 avril i5o2 en faveur de Ferdinand et d'Isabelle est mentionné par Çurita, Historia del Rey Don Hernando el Cath., V, p. 210.
On ignorait jusqu'à présent le nom de l'épouse d'André Paléologue. Elle s'appelait Catherine. En effet, parmi les dépenses d'Alexandre VI, nous trouvons, le 17 juin i5o2, une somme de 104 ducats attribuée à « Catherina, uxor despoti Moree », et destinée à couvrir les frais des obsèques de son mari, a pro exequiis ipsius despoti ». — Gottlob, Aus der Caméra apost.^ p. 292.
Pour les renseignements sur Sophie Paléologue, voir Roussk. liét. po Nik. sp., VI, p. i5i à i56; Kourbski, Ska^aniia, p. 87, 128; Herberstein, Rerum mosc. comm.^ p. 8.