‹ La Russie il y a cent ansChapitre 35 sur 38 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

I. La formation du peuple russe et l'énigme de son tempérament. La population de l'empire et sa répartition en classes. La noblesse de race et la noblesse du tchine. La déchéance progressive de la vieille aristocratie. La politique de nivellement. L'obligation de servir et le droit au service. L'autonomie provinciale et la vie de cour. La ruine des grandes fortunes. Ce qui reste à la noblesse de ses privilèges et de ses richesses. Le capital humain. — II. Le servage et le mouvement émancipateur. L'attitude d'Alexandre au regard de ce problème. Les bonnes intentions sans effet. Les projets d'affranchissement. Initiatives collectives et individuelles. Alexandre les encourage et en empêche l'aboutissement. La complexité du problème et ses difficultés. Comment les serfs en conçoivent les termes. Ils sont à leurs maîtres mais la terre est à eux. Condition méconnue d'une solution satisfaisante. L'instruction et l'éducation. Le débat dans la presse. Son caractère abstrait. Il ne passionne personne. Attitude passive des principaux intéressés. Ses causes. Effet combiné de la servitude et des espoirs de libération. Absence de contact entre les deux éléments sociaux en cause. L'organe de liaison fait défaut. — III. Le tiers-état en formation. Obstacles à son développement. La politique économique du gouvernement. Son caractère oppressif. La concurrence de la main-d'œuvre serve. Développement des tendances révolutionnaires au sein de la bourgeoisie naissante. Le ferment juif. Les corps de métiers. Un organisme original. Les arliéls. Espérances qu'il donne et déceptions qu'il cause. L'autocratie destructive de toutes les fonctions de la vie sociale. — IV. L'Église orthodoxe. Son absorption par l'Etat. Façade imposante masquant une misère matérielle et morale également affreuses. Le recrutement du clergé. Constitution d'une caste sacerdotale. Isolement et croupissement. Les écoles ecclésiastiques. Vices de l'organisation et faiblesse de l'enseignement. Tendances profanes qui y prévalent. Les maîtres et les élèves. Dépravation commune. Gouvernée par l'État, l'Église perd le gouvernement des âmes. — V. L'affaiblissement du sentiment religieux et la corruption des mœurs. L'autocratie agent de démoralisation. L'influence française. Son caractère superficiel et ses effets bienfaisants. Le courant

TABLE DES MATIËRES 471

de gallophobie et le commencement d'inféodation à l'esprit germanique. Survivance de l'individualisme national dans les rapports sociaux. — VI. La vie sociale. Les salons. Types féminins. Une Mme du Châtelet russe. Supériorité intellectuelle et morale de cet élément. Les hommes ont plus de difficulté à se faire valoir. L'autocratie élimine les capacités et les vertus 270

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