POPULATION. XXXV
Près de cinq millions de Juifs habitent dans le gouvernement général de Varsovie (15% de la population) et dans les gouv. adjacents. Ils ont toutes les obligations des sujets russes, mais leurs droits sont considérablement restreints, et ils appartiennent à la classe la plus misérable.
Pour les habitants du Caucaté^ v. p. 383.
Bace mongole. — Les peuples de cette race en Russie se divisent en deux groupes : le g&oufe finnois, comprenant les Finnoif^ les 'Esthoniens j les Mordva, les Tchéremisses , etc.; et le groupr TATÀKE, c.-à-d. les TatareSf les Bachkirs, les Tchouvaches, etc.
Pour les Finnois, v. p. 172.
Les EsTHONiENS (env. 1 million) vivent dans le N. de la Livonië et dans TËsthonie. Ils sont luthériens comme les Finnois.
La maison esthonienne, dont le toit de chaume (wares-pnu) a des traverses en bois sur le faite, se compose de trois parties: la chambre où se tiennent d'ordinaire les habitants , le séchoir à blé , qui en hiver sert de cuisine et souvent aussi de chambre habitée, et Taire de la grange, qui Vhiver se transforme en écurie. Autour de ee b&timent principal, se groupent les dépendances: le grenier à blé (ait), Tëtable (laut), la cuisine d*été (koda) et la chambre de bain (saun). La eour (oue), ainsi que les champs, sont entourés d'un échalier. Dans les régions moins civilisées du pays (dans les îles et chez les Esthoniens du gouv. de Pskov), on trouve encore de pittoresques costumes nationai/x, mais ils font place aux vêtements modernes, surtout chez les hommes. Leur langue est pauvre d'expressions abstraites, mais cette nation possède un nombre extraordinaire de récits populaires.
Les MoBDYA (env. 1 million . MopAsâ) sont répandus en groupes plus ou mois nombreux dans les gouv. de Ni jny - Novgorod , de Samara, de Saratov, etc.
Les Mordva, peuple très guerrier, occupaient les plaines du cours moyen de la Volga dans les temps les plus reculés. Ils se divisaient en •^**l*J*°*^^^®® principales: les Mokchans, les Erzans et les Karataïs. Les Mokchans torment aujourd'hui la famille la plus nombreuse; ils habitent surtout les bords de l'Oka, de la Mokoha et de la Soura. hw KaraiaU (KapaTaH) sont réduits à un très petit nombre et habitent quelques villages du gouv, de Kazan. Les Erzam (Spaa) demeurent près de l'Oka, dans les gouv. de Nijny- Novgorod, Samara, Simbirsk et Penza, mêlés aux Mokchans, dont ils diffèrent cependant par la langue, par quelques coutumes et par le costume des femmes.
Les TcHÉBBMissBS, qui se nomment eux-mêmes Mar (c.-à-d. hommes), vivent au nombre d'env. 350000 sur les deux rives de la Volga, entre la Viatka et la Vetlouga, et à l'embouchure de la Soura.
On distingue les Tchérémisses montagnards et ceux de la plaine. Les prenaiers habitent sur Ta rive dr. de la Volga et se livrent à l'agriîïla'ÏLVi^^^^^.^^^^**" et à^l'apiculture. Les seconds s'occupent de chasse et de pèche dans les forets et les steppes de la rive g. Leurs villages, tous situés dans les petites vallées du pays accidenté, se composent de iO ou 30 maisons disséminées et entourées d'arbres.
Les Tatares (env. 1 600000) vivent dans le gouv. de Kazan ou en Crimée. Ils sont sobres, en leur qualité de Mahométans, ce qui fait qu'on les emploie souvent comme garçons dans les grands restaurants des principales villes russes.
Les Tatares de Kazan, au nombre d'env. 480000 dans le gouvernement de Kazan, sont de taille moyenne. Ils ont le visage ovale, les
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yeux noirs' et bien fendus, mais placés obliquement, et le teint un peu brun, du moins chez les hommes. La barbe est peu abondante, les cheveux sont coupés court. — Ce qui frappe dans le costume des Tatares, c'est surtout la coiffure. D'abord ils placent sur Tocciput une petite calotte, nommée «iérmolka», «takia> ou «kollabouch». L'homme du peuple met sur cette calotte un chapeau de feutre blanc ou un bonnet de fourrure noire ou grise («bournik>). Dans la classe aisée, on porte sur la calotte un bonnet de fourrure grise ou noire, plus une. Ce bonnet est étroit du bas et va en s'élargissant. Les autres parties du costume chez Thomme du peuple sont la longue chemise bleue («koulmak») ou bien une blouse blanche ou une jaquette blanche et de larges pantalons de coton (j^slan»). La partie plus aisée de la population tatare porte généralement par-dessus la chemise une camisole sans manches («archalouk») tombant jusqu*aux genoux. Cette camisole est en soie de couleur, feriùée 'par devant au moyen de rubans et tenue à la taille par une ceinture de soie («poda») ou un châle («kouéhak»). Par-dessus cette camisole se met encore une deuxième .iaquette à manches («rasaki-édress») ou un large et long caftan ouvert («kbalat>, ■tehékmen»). La chaussure se compose de bottes en maroquin sans semelles et, par-dessus., de pantoufles à talons bas («bachmak») ou de socques de cuir ordinaire. — Le Tatare du centre et du nord de la Russie est commerçant dans Tâme et ne le cède ni en astuce ni en finesse au juif dont il a pris la: place, comme colporteur, dans la Russie orientale.
Les laeichetê ou mosquées taiares sont des constructions très simples, avec un minaret au milieu. La partie principale, réservée aux exercices de piétéj est une grande salle basse, ou se dresse une chaire (niimbar).
Les Bachkibs (1300000), en partie nomades et en partie sédentaires, sont mahométans. Ils vivent surtout dans les gouvernements d'Oufa et d'Orenbourg.
Les Bachkirs se sont mis sous la protection des Russes à là suite de la destruction -du khanat de Kazan en 1553, et ils ont formé, après plusieurs révoltes, Tarmée des Bachkirs, dans le genre de celle des Cosaques. Leur organisation militaire a été supprimée en 18^74, et ils sont maintenant dans une phase de tTansition de la vie nomade à la vie sédentaii'e. Ils sont grands, bien bâtis et vigoureux, ont les cheveux de couleur foncée tirant parfois sur le brun. On distingue les Bachkirs des montagnes des Bachkirs des steppes^ qui sont mélangés aux Mechtchériaks et aux Teptiars. Les Bachkirs nomades demeurent Thiver dans de vraies maisons et Tété sous la tente («îèurta»). Leur nourriture est surtout le «koumiss» ou lait de jument (v. p. 313).
Les TcHOuvACHES (800 000) habitent en masse compacte sur la
rive dr. de la Volga, aux environs de la Soura. D'autres sont
aussi disséminés dans les gouvernements de Simbirsk, de Samara,
d'Oufa, etc.
P«ur la population du Turkestan^ v. p. 482 ^ pour celle de la Sibérie, p. 145.