C. Popidation
D'après le recensement du 28 janv. 1897, la population^de la . Russie d'Europe comprenait alors 103631340 hab., et Tempire entier 128931 827 hab. (7 par kilomètre car).
IjQ8 villes (rôpoAi, rpaA'i), excepté les capitales, ont^ partout le même caractère; on les connaît toutes quand on en a vu quelquesunes. Les édifices publics sont généralement sans intérêt au point de vue architectonique. Le style russo-byzantin règne dans Tarchitecture religieuse. L'extension des villes est considérable , ce qui fait qu'on s'y sert beaucoup de voitures publiques. Le pavé, surtout des rues secondaires, laisse beaucoup à désirer. — IF y a dans chaque demeure une image sainte (éôpasx) , devant laquelle brûle une lampe (javnâAa). — Le commerce, surtout le petit commerce, est souvent concentré dans dé grands bazars (rocTilHiiii ABOp%); un boulier compteur (CHëxH) et un samovar (caHOBâpi) sont les attributs obligés du marchand. — Le citadin passe autant que possible Tété dans une de ces petites maisons de campagne en bois, dites datcha Uéia), qui se trouvent en grand nombre dans le voisinage des grandes villes et qu'on peut louer avec tout le ménage. — La
large hospitalité, qui règne dans tout le pays, est bien connue.
Il règne dans la société russe un laisser-aller de bon aloi. Ce ton devient facilement de la familiarité^ parce qu^il n*est pas d* usage en russe d^adresser la parole en se servant des correspondants de «monsieur» et «madame». Entre égaux, on se parle en se servant du nom de baptême et du nom patronymique, par ex.: Ivan (Jean) Pétrovitch, e.-à-d. Ivan^ fils de Pierre; Maria Kikolaïevna, Marie, fille de Kicolas. On ne mentionne pas non plus en pareil cas le rang ni le titre de la personne. — La connaissance du français est presque générale dans la haute société et les classes moyennes comprennent plutôt Tallemand. Eviter de parler de questions politiques ou religieuses avec des personnes que Ton ne connaît point .particulièrement. — En se levant de lablej il est d'usage de baiser la main de la maîtresse de la maison. — A Pâques, les personnes qui se connaissent se saluent en s^embrassant.
Tout Russe dans une situation aisée est membre d*un elub, où Ton joue ordinairement gros jeu. — Il n'est pas d'usage de garder son chapeau dans les restaurants, les musées,, les magasins, etc.
L'homme du peuple n'a guère l'idée de la valeur du temps. Quand on lui ordonne de se hâter, il répond bien ceiqioi (tout de suite), mais cela ne doit jamais se prendre, au pied de la lettre. — Un ton décidé, surtout quand on a des recommandations, conduit en général plus vite au but que trop de politesse. — Pour les pourboires^ y. p. xii.
On est importuné par les mendiants ^ surtout dans le voisinage des églises. Le Busse" leur donne d'ordinaire une monnaie de cuivre. — Dans toute la Russie, le bas peuple a l'habitude de manger des graines de tournesol ^(noAcéaHevHBKH).
Pour la viêHejietiéçUses^ v. p. ±lviii.
Les habitants de la Russie d'Europe appartiennent pour la plupart à la race caucasienne (Slaves). Les Mongols n'en forment qu'une petite partie. Parmi les Slaves, la population dominante se corn* pose de Russes.ftils se divisent en Grands-Russiens, Petits-Rossiens, et Blancs-Rusaiens et se rattachent à l'église gréco-russe' (p. xlvi).
Baee eftueasiifBnet — Les Gbands-Rusbisns, au nombre d'enr. 55 millions, forment la nation rusëe proprement- dite (P^ceidil,
POPULATION. XXXI n
Koussky). L'unité officielle de langue et de religion fait du peuple russe un tout d'une grande puissance et fort homogène.
Les Grands -Russiens sont en général une race vigoureuse, au corps trapu et musculeux, aux membres forts et courts, tandis que les extrémités sont fines et bien formées. Les dames surtout ont des prédispositions à l'embonpoint. La figure des hommes, au nez petit et fort, aux joues rouges, aux yeux bleus ou bruns et à la barbe abondante et bouclée, dénote en général un caractère sérieux et bienveillant, mais aussi un esprit rusé. Les cheveux sont généralement châtain - clair , presque blonds. L'homme du peuple laisse croître sa barbe et porte les cheveux courts. L'insouciance du Russe est bien caractérisée par le mot «nitchevo» (HHHerô; c.-à-d. «ça ne fait rien»), qu'il emploie à tout propos. 11 attribue ses qualités et ses défauts à la «richesse de sa nature» (rnupésaii na- Typa). Il a enfin le goût inné de la vie nomade.
Les VILLAGES de la Grande-Russie sont b&tis sur les bords d^une route, qui en foYme la rue principale, et il y a rarement des rues latérales. La menton de paysans ^ d ordinaire avec entrée du côté de la eour. est construite de pièces de bo|s placées horizontalement et calfeutrées avec de rétoupe (naKJfl) et de la mousse. Des ais chantournés et peints en couleurs claires lui donnent parfois un aspect agréable. LMntérieur ne présente qu'une chambre. Le poêle (nevi») qui occupe la place la fHus importante de cette dernière joue un rôle capital: c'est à la fois un appareil de chauffage, un fourneau de cuisine et un four, et les paysans couchent encore dessus. La cour est entourée d*un hangar ouvert de son côté. A cela s'ajoutent des étables., des granges et une aire. Il y a dans cîiaque village un simple bain de vapeur, qui est surtout fréquenté le samedi.
Le COSTUME des paysans de la Grande -Russie se compose d'abord d'une chemise de couleur, la roubachka (pyôàmKa), et d*nn pantalon flottant, aussi de couleur, le portki (nopTKÉ), au-dessus duquel pend la ehemise. Le pantalon est miâ, jusqu'aux genoux, dans de larges bottes, les sapoçhi (canorâ), ou dans des bandes d'étofife dites onoutchi (oh^hh), dont on enveloppe les jambes et qui tiennent en même temps Heu de bas. Les pieds sont alors chaussés de souliers, baehmmki (OamnaRi), auxquete sont rattachés les onoutchi. Il y a encore une autre espèce de chaussures^ ce sont les ktpti (jiànTH), sorte de sandales de tille, à semelles de cuir. En hiver, on porte des bottes fourrées ou de feutre. L'habit ou kaftan (Ra*TàHi) , qui a un petit col , est ajusté et fermé par une patte sur la poitrine et retenu aux reins par u|ie ceinture. En hiver, il est remplacé par une peau de mouton, chouba pu touloupe (uiy6a, ryjifn'b). La coiiTure est la casquette ou chapka (mànRa) ou bien un petit chapeau de feutre noir; en hiver, c'est le kolpak (Ko.inâK%), un haut bonnet de fourrure.
Les parties principales de la toilette de la Grande-Bussienne sont le sardane (capa«aH%), robe de couleur claire, et , comme coiffure les jours de fête, le kokochnik (noRÔmHHKi) , espèce de diadème souvent garni de perles. Comme vêtement de dessus elles portent la chougai (unrrâft), plus eoOrt en été qu'en hiver, et sur le tout une jaquette souvent garnie de fourrure, la duchégreika («chauffe -cœur>), que remplacent en hiver de longues fourrures a peu près comme celles des hommes. Lés femmes se chaussent de îapH ou de baehmàki (v. ci*dessu8>.
Le» Pbtits-Russibns (NajopocciâHe ; appelés Ruthènes en Autriche - Hongrie) , an nombre d'env. 23 millions , habitent surtout dans les gouvernements de Kiev, de Kharkov, de Tchernigov et de Poltava. Ils diffèrent des Grands -Russiens par les mœurs, la
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manière d'être et la langue. Le type petit russien, avec 3a constitution fine et gracieuse, son teint brun, ses cheveux et ses yeux foncés, est parent des Slaves méridionaux et peut-être de race plus pure que les Grands-Russiens. Lent dans ses mouvements et dans son langage, il comprend aussi lentement; toutefois il n'a pas perdu une vive imagination , qui se reflète dans ses chants populaires et ses proverbes. Le Petit-Russien est surtout paysan et berger; il aime passionnément sa patrie, qu'il ne quitte qu'à regret. Il est aussi doué pour la musique et la poésie, qu'il l'est peu pour Hndu strie et le commerce.
Les Blancs-Rcssiens ou Russes Blancs (Blijopyccu), nom qu'ils doivent à leur costume clair, sont au nombre d'env. 4 millions et demi. Ils occupent les gouvernements de Grodno, de Smolensk, de Vitebsk, de Minsk, de Mohilev et de Tçhernigov. Dans la langue de ce pays, qui diffère de celle des Grands-Russiens, ou distingue deux groupes, l'un au S.-O. et l'autre au N.-E. Le Blanc-Russien est, surtout dans la Poliéssié, dégénéré de corps et d'esprit; à 40 ans, il a l'air d'un vieillard. La plique (KOJTyH'b) est une maladie qui s'y rencontre souvent. Les villages se composent rarement de plus de dix cabanes ; il n'y a le plus souvent que quelques fermes disséminée^ dan s des régions boisées et désertes. L'agriculture et l'élevage du bétail sont les maigres ressources de ce pays.
Les Polonais, Slaves comme les Russes, mais différents d'eux par la langue (v. p. 1) et la religion (catholique), peuplent le gouvernement général de Varsovie et les gouv. adjacents. Les Polonais (au nombre d'env. 9 millions) sont de stature moyenne, avec une constitution généralement svelte, mais vigoureuse. Ils ont les cheveux clairs. Les Polonaises se distinguent en général moins par la beauté du visage que par la grâce du port, une taille fine et souple, et une démarche gracieuse.
Les Lithuaniens (1200(X)0), dans le gouv. de Kovno et de Vilna, forment avec les Lettons (env. 1 million Vaî ®^ Courlande et dans Le S. de la Livonie) une branche de la grande famille indoeuropéenne avec une langue qui leur est propre.
Les Lettons (luthériebs) habitent dans des fermes isolées ou groupées deux à deux et qui ne forment que rarement un village. Leurs habitations de bois, leurs séchoirs à blé (righen), leurs greniers (kleeten) et leurs maisons de bains (pirté) ont conservé leur forme primitive. Les Lettons ont un nombre extraordinaire de chants populaires. lia ont conservé peu de chose de leur costume nationSl. On voit encore souvent les sandales («pastein») de cuir, attachées aux chevilles par 4es lacets plats, et plus rarement Tes souliers de tille.
Les Allemands (1 million V2) occupent comme descendants des anciens conquérants, les provinces Baltiques, où ils sont en grand nombre. En outre, ils se trouvent comme immigrés, appelés surtout par Catherine II , sur les bords du cours moyen et inférieur de la Volga, dans la Crimée et dans les gouv. dlékatérinoslav et de Kherson. — Env. un million de Roumains habitent dans le gouv. de Bessarabie. — Enfin il y a plus de 300000 Suédois en Finland^e,