‹ La Russie; manuel du voyageurChapitre 133 sur 175 · I. D'Odeiia à Sibastopol en bateau à yapeur · texte numérisé non relu

I. D'Odeiia à Sibastopol en bateau à yapeur

176 milles marins (1 mille marin = env. i V. 3/^). Bateaux à vapeur de la (r* russe de NaiHgution et de Commerce (P^ccKoe éômecTso napoxÔAOTBy M Toprô&ni), 6 fois la sem. en été, en 20 h. env., pour 12 r. 50 et 9 r., à compris la nourriture. La 2^ cl. est très convenable. Jusqu'à Eupatoria : 10 r. 50 et 7 r. 50. AgeiMse de la C»e à Odessa, v. p. 847. — On prendra une cabioie. située dlreotemenjt so|is le pont, parqe qu'on peut y laisser la fenêtre ouverte, si la mer n'est pas très grosse. Les bateaux sont propres et bien organisés. Les billets sont valableij pour 15 jours; on peut iàlerronipré son ^voyage ^u -faisant viser soa Mllet.

366 VL R. 53. SÉBA8T0P0L. La ÇHmée.

La noanriture à bord est bonne. Les repas se prennent en eommun: le déj. de 7 h. à 9 h., le 3^ déi. (3 plats et le café) vers 11 h., le din. (5 plats et le eafé; 4 plats en 3« el.) vers 4 h. 1/2 1 ^^ ^^^ ^^'^ ^ ^- Vs- Le vin se paye à part.

Odessa^ v. p. 345. — £n quittant le port, on a un joli coup d'oeil eu arrièie sur la ville. Le bateau gagne le large, marche au S.-£. et atteint Eupatorla au bout d'env. 14 heures.

143 M. marins. Eupatoria (ËBnaTÔpiji). — hôtels: RouUq (eh. lr.50 à 4r., déj. 90k., dîn., delh. à 5h., 50k. à lr.35h Si- Péter ibourç; Tientralnaiay au port, avee vue de la mer. — Isvochtchiks : la eourse* 30 k. ; au lae Moïnakskoïé, 00 k. ; 1 h., 1 r. — Agence consulaire de France.

— Bons bains de mer (7 k.): eau limpide, plage sablonneuse.

Eupatoria, chef-lieu de district de 17 900 hab., est située sur la côie 0. de la Crimée. £lle fait un important commerce de sel. On y remarque la mosquée Dchouma-l-chami, bâtie en 1ÔÔ2, la cathédrale gréco-rutu^ achevée en 1898, et une synagogue des Caraltes (p. 362). — A 2 V. au S.-O. de la ville (izvochtchik , v. ci-dessus), le lac Moïnakskoïé j avec un établissement de bains de boue (ch.

1 r. 50 à 3 r.; bain, 1 r. 25 à 2 r.).

Pour la grande route de Simfiropol^ v. p. 360.

Dans la suite du trajet, le bateau se dirige au S. et atteint (176 M. mar.) Sébastopol au bout de 4 h.

Sibastopol.

Le débarcadère des bateaux t russes» est à la Grafskaîa ^istan (pi. C3). — La 6ABE (pi. 06^ buffet) est au S. de la ville, à 1/3 h. de la Grafskaïa Pristan.

HÔTELS : KUt (pi. a, B 8), près de la GraCskaïa Pristan, avec une vue magnifique (ch. 1 r. 50 à 10 r., b. 15, 1. 40k., din., de 1 h. à 6 h., 75 k. à 3r.); Grand-Hôtel (pl.b, BS); H. du Nord (OiBepnaa^^.Bl. e, B3)x 1F«to«l (pi. d, B3), lékatérininskaia, 6 (eh. t. e. dep. 1 r. 80, l^r clej. 40 k., 2« déj., de 10 h. à 13 h., 75 k., dîn., de 1 h. à 6 h., 1 à 3 r.).

V01TURB8 (tarifées): de la gare en ville, 40^ la course, 30^ 1 h., 50k. r à Chersonète eï retour avec 1 h. d'arrêt, 1 r. 50; à la colline de Malakhov et retour, 1 r. 30; à Balaklava et au couvent de St-Oeorge. avec 8 h. d'arrêt, 5 r.; au dmetiire /rançaii (p. 363), aller et retour, 3 r.; au eimeiière anglais (p. 363), aller et retour, 3r. 50; à Inkermann^ aller et retour, 5r.

— Tour (qui se recommande, si Ton est pressé): Musée; cathédrale St- Vladimir; cathédrale St-PierreetSt-Paul; boulevard Historique; colline de Malakhov et Ghersonèse, 3 r. 50 (faire prix), en 5h. env. On peut facilement joindre la visite du couvent de St-Qeorges et de Balaklava à Texcursion dlalta en voit, particulière.

Tramway élbcts. (v. le plan): de la gare et de la Grafskaïa Pristan a l'autre bout de la ville; de la gare à la Grafskaïa Pristan, Vi^d^h., 10k.

Basquss (ixan; tarifées). Pour traverser la baie, 30 à aOk.; Ih., 30k.; à Inkerman ou à Ghersonèse et retour, avec 1 h. d'arrêt, 1 r.; au port des Ingénieurs (cimetière russe) et retour, 70 k. — Il y a aussi de petits bat. à vap.

AosMcss COMSULAIRBS de France^ de Belgique et d'Italie.

Poste et télégraphe (pi. B3'), lékatérininskaïa. — Puotooraphum, ehea Protopopov^ Bolchaïa Morska'ia, 18 (pi. B 4).

Baxms os mer, au boulevard Maritime, 10 k. ; fond rocailleux.

Séboêtapol, ou plutôt Sévastopol (CeiiacTÔoojfc), est une ville de 50700 hab. et le principal port militaire du S. de la Russie, sur une baie d'env. 7 kil. de long et de 20 m. de profondeur moyenne, 8'enfonçant dans la presqu'île de TO. à VK C'est le meilletiT port

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de i& mer Noire. Elle & étë fondée en 1784, sur l'emplacement du village tatare à'Akhtiar , et elle est surtout célèbre par le fameux siège de 18ô4-18jô. Presque totalement détruite alors, la ville s'est relevée rapidement. De nombreuses constructions neuves, la plupart en pierre calcaire jaune, et de larges rues bordées d'arbres, lui donnent un aspect riant — Sébastopol est presque exclusivement un port militaire. Depuis 1894, Féodosia (p. 871) est le port marchand de la Crimée.

L'armée anglo - française ayant débarqué à Eupatoria et les Basses, tous Menchikov, ayant été foreés de battre en retraite à l'Aima (p. 360), le siège de Sébastopol commença le 5 octobre 1864. L'attaque, dirigée vers le sud de la ville, ût d'abord peu de progrès, parce que les assiégés eurent promptement renforcé, sous la direction dun homme de génie, Todtleben, les ouvrages de la place, pour la plupart inachevés au début, et qu'il vint une armée de secours à laquelle durent être livrées les batailles de BalaklavA (13 oct.) et à'Inkervtan (34 oct.). Le côté uord de la ville restant libre, la place fut toujours en communication avec l'armée russe dehors. Après l'arrivée du général français Niel, les attaques des Français furent surtout dirigées vers les ouvrages de Malakhov et le Mamelon Vert^ celles des Anglais vers le Orand Rêdam. En mai 1865, le général Pélissier, un homme énergique, çrit le commandement supérieur à la place de Ganrobert, mais les assiégés opposèrent à ses attaques pleines de bravoure la résistance la plus acharnée. Ce n*est que quand les ouvrages eurent été réduits en un monceau de décombres, à la suite d'un bombardement terrible, que lea Français, conduits par le général de Mac-Mahon, parvinrent à prendre d'assaut la colline de Malakbov et à s'y maintenir, le 8 sept. 1856, tandis que l'attaque des Anglais contre le (j^rand Bedan échoua complètement. La place ne fut toutefois dès lors plus tenable pour les Busses, et le prince Qortchakov se retira avec la garnison sur la rive nord de la baie. — Les assiégeants avaient en tout 700 canons dans leurs tranchées et leurs batteries, et ils tirèrent 1360000 coups pendant les 349 jours que dura le siège.

De la Qrafskaïa Pristan (pi. C2), au port, un large escalier de pierre, avec portique à douze colonnes, érigé en 1846, monte à une place , où sont à dr. l'hôtel Kist (p. 356) et presque à g. le casino des officiers de la marine (pi. 1). Sur cette place, une statue de Vamiral Nakhimov (pi. 6), haute de 4 m. 20, eu bronze, s'élève sur un piédestal en granit, haut de 6 m. 30; ce monument a été inauguré en 1898. — Au N. de là s'étend le boulevard Maritime (npHMÔpcxiii ôyjbBâpi; pi. B2), la promenade la plus fréquentée par les habitants de Sébastopol, avec un restaur. (din. 75 k. à 1 r.) et une belle vue de la ville et de la mer; il y a des concerts militaires (10 k.) le soir en été. Non loin, à l'O., la station biologique (pL7), avec des aquariums, un musée, etc. (entrée, les mardi, jeudi et sam. de 10 h. du mat. à la nuit tombante; pour les étrangers, aussi les autres jours, en s'adressant au directeur). Sur le boulevard Midshipman, qui est désert, se trouve le monument de Ka%arskyj officier de marine qui se distingua dans la guerre contre la Turquie en 1828-1829.

Au Sud du boulevard Maritime, dans l'Iékatérininskaïa, le miuée de la ddîenie de Bébastopel (MyaeH oôopéHu CeBacrénoM; pi. B3; public 1. 1. jours, de 11 h. à 3 h. ; catalogue russe ; directeur: M. N. Kraslavsky), construit en 1895 sur les plans de l'acadé-

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micien Kotchetov. Ce musée renferme des canons et des projectiles, des modèles des vaisseaux de guerre coulés à fond, des cartes, des plans et des tableaux du temps du siège, ainsi que des souvenirs des défenseurs de la ville^ On a du 1®' étage un joli coup d'oeil sur la baie S.

Du musée on suivra riékatérininskaïa, au S. Une rue latérale, à rO., mène à la cathédrale St'Pierre-et-St- Paul (pi. B4), construite sur le modèle du temple de Thésée à Athènes. L'Iékatérininskaïa aboutit à la place Novossilsky (pi. Bô), où commence le boulevard Historique (pi. B 6) , sur l'emplacement qu'occupait le 4^ bastion. Ce boulevard est fort négligé et ses chemins sont dépourvus d'ombre. Des pierres commémoratives indiquent les places des batteries russes de la guerre de Crimée (joli coup d'œil au coucher du soleil). — On reviendra par laSobornaïa. Vers l'extrémité N. de cette rue, à dr., la cathédrale St -Vladimir (pi. 63), achevée en 1888. Un dôme s'élève au milieu de cette église , qui est richement décorée de peintures à l'intérieur. Au mur 0., un Jugement dernier, par Korneïev. A dr. et à g. de Ticonostase, des escaliers descendent dans la crypte, où les amiraux Nakhimov, Istomlne, Kornilov et Lazarev reposent sous une croix de marbre noire.

On passe en barque de la Orafskaïa Pristan au faubourg des Marins (KopaôéjbHafl ; pi. D3-4). C'est là que sont V Amirauté, la statue de l'amiral Lazarev (pi. 5; vue), bronze érigé en 1886, les bassins de radoub et les autres établissements de la marine. La COLLINE DE Malakhov (Ma iâxosi) KyprâHi ; pi. D 4) est à Vs b* &^ S.-Ë. delà. C'est un ancien kourgan (tumulus), qui formQ maintenant un plateau d'env. 350 m. de long sur lôO de large. C'est le poiïit le plus élevé des environs, et sa prise durant le siège décida du sort de la ville (v. p. 357). Les fortifications sont en ruine. Non loin de la maisonnette du gardien, une croix de marbre avec l'inscription :

Unis pour la victoire, Réunis par la mort.

Du soldat c'est la gloire.

Des braves e^est le sort.

Plus loin, le monument de l'amiral Kornilov, érigé en 1895, bronze d'après Schrceder, représentant l'amiral atteint de la balle mortelle; à dr. , au socle, le quartier-maftre Kochka; de l'autre côté, les dernières paroles de Kornilov: «Seigneur bénis la Russie et Le tsar, sauve la flotte et Sébastopol». Des plaques de D»arbre avec inscriptions rappellent la mort des amiraux Nakklmev et Is*tomine.

Le grand oimetière xwme, où reposent env. 137000 hommes tuéa sous Sébastopol, se visite le mieux en passant en barque de la Grafskaïa Pristan au port Injénernaïa (pi. Di-2) et en longeant de là le chemin au K.-E. penéani S5 min, (fiacre, env. Î5k. aller et retour). A la porte est l'în- Apti^tX^tk «Ji»yâ^cvaa Mo^a» (sépultuure das inères), hts tombes t«naet«v«e soin et les allées sombres qui les séparent font une profonde irapx^^iun. Parmi les chefs de Tarmée russe qui reposent à cet endroit figurent le priaee Gortehakov.et, à g. daus le ha«t de ki grande allée, te co&te'Toéit-

La Crimée. OHERSONESE. VI. R. 53. 359

leben. Dans le haut du cimetière est une chapelle en forme de pyramide, d'env. 90 m. de haut et surmontée d^une croix. Sur les côtés sont inscrits les noms des corps de troupes qui ont pris part aux combats, avec le nombre d*hommes i^uHls y ont perdus , quelques - uns jus(^u*à 4000. La chapelle offre le meilleur panorama de la ville et de la baie.

A 3 V. à rO. de Sébastopol (voit, et barque, v. p. 356) se trouvent les ruines de la ville de Chersonèse (XepcoHécb), en russe autrefois Korsoun, avec un couvent gréco- russe et la cathédrale St- Vladimir.

Ghersonèse a été fondée au v^ s. avant J.-C. par Héraclée de Bithynie. On reconnaît à Textérieur du mur du couvent des restes de ses énormes fortifications, plusieurs fois rebâties dans la suite. Sous Justinien, Ghersonèse fut incorporée à Tempire d''Orient. Les ruines considérables de la ville byzantine se trouvent à dr. de la cathédrale St-Vladimir; le tracé de ses rues y est encore reconnaissable. Les restes d'édifices les plus importants sont ceux de la basilique dite Ouvarov. A g., devant le mur du couvent, une grande nécropole.

La cathédrale St-Vladimir, avec des restes de Tëglise où fut baptisé en 988 le prince Vladimir le Saint (p. 334), a été construite de 1861 à 1891 dans le style hyzantin sur les plans de Grimm. Dans l'église basse, à dr. de l'autel, le baptême de Vladimir; à g., celui des Russes, tous deux par Riss. Dans Téglise haute, à Ticouostase, des tableaux de Korsoukhine. — Sur la place du débarcadère, un musée où sont des antiquités grecques , romaines et byzantines. Il renferme entre autres le ^serment civique des habitants de Chersonèse gravé sur une stèle en marbre du III® s. avant J.-C. ; c'est le seul serment de ce genre parvenu jusqu'à nous sous forme d'épigraphe. — A V2 ^' * i'^* de la cathédrale, un établissement de bains de boue: saison du 25 mai au 25 août; pension, 110 à

125 r. par mois, y compris les bains.

A 12 V. au S. de Sébastopol (voit., v. p. 356) se trouve le oonvent de St-Oeorges (reéprieBCKitt MOHacTiâpi). Franchir la porte d'entrée, prendre à dr. par un passage voûté et descendre les degrés. Après avoir traversé le plateau aride et nu, on est agréablement surpris par la vue des arbres sur le versant des hauteurs de la côte escarpée et par le *coup doeil sur la pleine mer. En face, dans la mer, le rocher de St-Oeorge (cRaji CBHTâro Feôprifl), avec une croix. A l'O., à 1 h. de marche en longeant la côte sur la hauteur, se trouve le cjp Fiolentéy Tancien promontoire de Parthenium^ où Ton place le sanctuaire de Diane dont Iphigénie était prêtresse, ■ cherchant de Tâme le pays des Grecs.». Non loin du cap, la grotte de Diane (rpén ^ianu), où Ton peut aller en barque. — Balaklava (v. cidessous) est à 8 V. à TE. du couvent de St-George.

Visite très intéressante aussi à Balaklava, 12 V. (voit. v. p. 356-, lineïka, 40 k.; dép. de la chapelle St- Nicolas, pi. 2). Balaklava (BajiaRjiÎBa ; hôt. : Rossiia^ Grand -Hôtel) est une localité sans importance, mais pittoresque, sur une baie de 1500 m. de long et env. 500 m. de large, toute entourée de rochers et qui n'a qu'une petite passe. Bons bains de mer. Balaklava était, dans la guerre de Grimée, le principal point d'appui des Anglais, dont la position fut prise d'assaut par les Russes le 13 oct. 1854, mais reprise par les Français. G'est à la baie de Balaklava qu'on applique la description de la baie des Lestrygons dans Homère (Odyssée, X, 86-94). Elle porta dans l'antiquité le nom de Symbolon portus^ et il y eut une colonie génoise appelée Cembalo^ dont il reste deux tours au S. de Tendroit (belle vue au sommet).

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