II. De Simféropol à Sébastopol, en cliemiii de fer
73 V. Env. 2 h. 1/2 à 4 h.
Simféropol (CHll*epÔnOj!b). — Buffet. — hôtels -. H.de St-Pétershourg ; Bristol; Grand - Hôtel ; U. de V Europe^ en faee du jardin de la Ville. — Fiacres (tarifés) : de la gare en ville et en sens inverse, 40 k. ^ de nuit, 50 k. ; à la course, 20 k. ^ 1 h., 50 k. — Malle-poste (agent à la gare, à l'arrivée de Texpress) : pour Alouehta, 3 r. -, pour (90 V.) lalta (12 h.), 6r. -, on peut aussi avoir des voitures au comptoir de la malle-poste, pour lalta, 16 à 25 r. en couchant à Alouehta.
Simféropol (250 m.) est une ville de 48800 hab. (dont 7000 de ïatares), qui s'est formée de VAk-Metchet (Mosquée -Blanche) des Tatares, et le chef-lieu de la Tauride, dans un site pittoresque, sur le Salghir. C'est le siège des autorités, d'un évêché gréco-russe, du commandement du VII* corps d'armée et la résidence d'un mufti. Devant la cathédrale, un obélisque en l'honneur du prince Dolgorouky, conquérant de la Crimée en 1771. En face de la cathédrale se trouve le bâtiment du Zemstvo, avec un musée d'antiquités et des collections d'histoire naturelle (publics le dim. de midi à 2 h. ; fermés en juillet et août). Dans \q jardin de la Ville (restaur. ; concerts), au bord du Salghir, se voit une statue de Catherine II, érigée en 1890, bronze par Laveretsky ; sur le devant, au piédestal, les statues des princes Potemkine et Dolgorouky. — La ville tatare, aux rues étroites et malpropres , avec le grand bazar et douze mosquées, est sur le versant du côté du Salghir.
De Simféropol X Eupatokia: 63 V. de grande route; voitures, 12 à 15 r.; se munir de provisions (on projette d'y construire un tramway électr.). La route traverse la steppe dans la direction N.-O. — 22 V. Toùlai. — 44 V. Saki^ avec un établissement hydrothérapique sur le lac Sak (ch. 1 r. à 5 r. 50; bains de boue, 1 r. 25). — 63 V. Eupatoria^ v. p. 356.
De Simféropol à Alouehta.^ v. p. 370; — à Kharkov^ v. R, 52.
Le chemin de fer s'engage au delà de Simféropol dans les monts laïla. — 18 V. Aima (AjbMa) connu par la bataille du 8 (20) sept. 1854. Le champ de bataille est à env. 30 V. à l'O. de la station.
30 y. Bakhtchi-Saraî (BaxHH-Capââ). — Buffet, où il y a aussi des cb. (si l'on veut y dîner, il faut commander son repas d'avance). — Auberge: Tsêntraltutta y rue Bazarnaïa. — Meilleur gîte au Khan-Sarai (v. p. 361), où le naaître de police dispose de quelques chambres en faveur des voyageurs qui lui sont recommandés. — Cafés tatares (5 k. la tasse de café), en face du palais, etc. — Les mets nationaux des Tatares sont le «tchebourèke* (pâté de viande plat) et le «chachlyk» (mouton rôti sur le gril). — Produits de l'industrie domestique tatare, dans un magasin en face de l'entrée du Khan-Saraï: photographies format cabinet, 45 k.
Voitures: de la gare en ville, 50 k.; 1 h., même prix. îToMr (recommandable) du Khan-Saraï par Katchikalén, Tchoufout-Kalé et le couvent Ouspensky, en 5 à 6 h., pour env. 6 r. en phaéton. — Guide (npoBOAHifR-b), 1 r. par jour. — Cheval de selle^ 2 à 3 r. par jour.
On ne manquera vas de visiter les derviches hurleurs (Beprin^iecH *ép- BHmH; les dim. et jeudi de 9 h. du soir à minuit; y aller vers 10 h. ; il faut un guide). Ils se mettent en extase en balançant violemment le liaut du corps en chantant, parfois pendant des heures, la profession de foi musulmane : «la ilâha*, etc., qui se termine par le seul mot : «hoû», c.-à-d. Lui(Dieu).
Bàkhtchi ' Saraï («palais des Jardins»; env. 210 m.) est une
ville de 12900 hab., dont'/s de Tatares, qui a été du commenc. du
XVI* s. à 1783 la résidence des khans, la Mecque de la Crimée, avec 36
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La Crimée, BAKHTCHl-SARAÏ. VI. R. 53. 361
mosquées. Elle est située dans une vallée rocheuse et étroite , de 5 kil. de long, sur le Tchouriouk-Sou (4ypiÔKi-Cy), affluent de la Katcha. C'est une ville d'un caractère tout à fait oriental, qu'on observe le mieux dans la matinée, mais pas trop tôt. — De la gare on prend à g. un chemin qui traverse des terrains sans constructions et aboutit à la Bazarnaïa, la rue principale. Elle est large de 6 m. à peine et il n'en part que peu de rues latérales. Les maisons sont placées sans ordre, entre des vignes, des jardins fruitiers, des bouquets de peupliers d'Italie et d'autres arbres. On les transforme le matin en ateliers et en boutiques, en rabattant les parois en planches des façades et formant ainsi des tables et des établis sur lesquels on met en vente, pêle-mêle, des articles en cuir, des fourrures, des fruits, etc. (les magasins se ferment après le coucher du soleil).
A peu près au milieu de la ville, à ^/^ d'h. à pied de la gare, dans la BazamaTa (v. ci-dessus), entre des maisons et derrière un haut mur se trouve
le *Khan-Sabai, le palais des khans, construit en 1518 par Abdul Sahel-Ghéraï, détruit en 1736, et plusieurs fois reconstruit par le gouvernement russe. Une colonne à l'entrée (à g., la loge du portier) rappelle une visite de Catherine II. On passe par une porte en plein cintre, surmontée d'un pavillon, et on entre dans une cour carrée d'env. 130 m. de long et 38 de large, bordée à dr. par le palais et à g. par la mosquée, à côté de laquelle sont deux constructions octogones à dômes, les mausolées des khans.
La MosQués, qui peut contenir env. 900 personnes, est une salle assez sombre, aux fenêtres grillées et dont le pavé est couvert de tapis (elle se visite le mieux aux heures de la prière , vers midi et à 4 h.). Elle a été restaurée en 1894. Au plafond pendent deux espèces de lustres, faits de pièces de bois disposées en étoiles et auxquelles sont accrochées des lampes. Les murs sont couverts de sentences extraites du Coran. A dr. de la niche du mihrab (oratoire) est un petit escalier en bois par lequel on monte au tnimbar^ sorte de chaire où le «muezzin» fait la prière à haute voix le vendredi, et à côté se trouve la tribune du khan. — Le minaret offre une vue magnifique de la ville.
Le PALAIS a un grand nombre de salles et d'autres pièces qui ont des noms particuliers : le divan ; la saU« de jtuHce , avec des vitraux de couleurs variées, et le trône des khans, derrière une grille en bois^ la »aUe d"" audience ; la salle dorée; la salle à manger; la salle du barbier ^ etc. II. y a une fontaine célèbre, dite fontaine des Larmes (•oHràBi cjieai), où Teau tombe dans quinze demi-coupes pratiquées dans une table de marbre. Il n'y a rien de vrai dans ce que Ton raconte sur la mort de la comtesse Marie Potocka, qui aurait fini ses jours ici comme captive sans se laisser toucher par Tamour du khan Mengli-Ghiraï. On remarque aussi particulièrement un jardin d'hiver, avec un bassin en marbre et un jet d'eau. Le fiarem n'a rien de curieux, excepté la salle de bains.
Les mausolées renferment les tombeaux des khans et de leurs femmes, les premiers reconnaissables à un turban et les autres à un bonnet. Le tombeau le plus ancien est de 1537. — Derrière les mausolées est un jardin où sont aussi des tombeaux de quelques khans et de gens de leur cour.
Dans le fauboitbg Salatohik, la médresé, école supérieure
mahométane. C'est un bâtiment de forme carrée, où il y a une
cour intérieure entourée de quinze pièces. Immédiatement à l'K.
du faubourg, la ville des Zingari (Bohémiens).
362 17. R. 53. TCHOUFOUT-KALÉ. La Crimée.
Les EMviBONs dépourvus d'ombre de Bakhtchi-Sarftï sjî visiteut le mieux en voiture (pour le tour, v. p. 360; se munir de provisions et de vin). En sortant de la ville à l'O. on passe à Ajbîs, village tatare. On remonte plus loin la vallée de la Katcha, pour être, au bout de
I h. en voiture, au (8 V.) couvent de Ste-Anastasie (ckhti cbatoH AHacTâciH). Des degrés de pierre, puis un sentier couvert d'éboulis, montent de là à Katchikalén^ où il y a des grottes, qui auraient été taillées dans le roc vif a l'époque préhistorique {^j^ d'h, aller et retour ; on est conduit par un moine). A mi-hauteur, V église Ste-Sophie, qui peut à peine contenir une douzaine de personnes (les offices ont lieu une fois par année le 17 sept.); aux ^/^ env. de la hauteur, sous un auvent, la source d'Anastasie, peu abondante et à laquelle les Mahométans attribuent une vertu curative. — Dans la suite du trajet on passe dans le lit rempli de galets de la Katcha, à sec en
été, et l'on monte ensuite au N.
A dr. on aperçoit Tepé-Kermen^ moutagne conique, à 6 V. au S.-E. de Bakhtchi-Saraï (1 h. en voit, du couvent de Ste-Anastasie), où il y a plus de 10000 grottes, disposées en six rangées les unes au-dessus des autres et en partie endommagées par le tenxps. Ces grottes ont servi, dit-on, de demeures ou de lieux de sépulture. On y monte en 1 h. du côté N. Il n'y a pas d*eau potable au sommet.
La mer Noire se montre ensuite à g., dans le lointain» Au bout de 2 h. en voit, du couvent de Ste-Anastasie, on s'engage dans la vallée de Josaphat, qui a un vieux cimetière caraïte (presque rien d'intéressant). Un bon chemin mène de là a;u plateau (500 m. d'alt. ; env. 200 m. au-dessus de la vallée), long de 1 V. sur ^/g V. de largeur à peine, où se trouve Tchoufout-Kalé (c.-à-d. Forteresse des Juifs), ville maintenant abandonnée, à 4 V. à l'E. de Bakhtchi- Saraï. Les anciens habitants, de la secte juive des caraïtes (('partisans du texte»), ont quitté cette ville depuis le milieu du xix® s.
II n'y demeure plus que le rabbin («gakham») qui sert aussi de guide. Sa maison est au S. (simples rafraîch.; la visit« de Tchoufout-Kalé demande ^j^ d'h.). A peu près au milieu de la ville, le mausolée dô Nenkedjan-Khanime , fille du khan Tokhtamych, qui se tua, dit-on, en se précipitant du haut des rochers par chagrin d'amour (1437). — Un sentier descend au S. de Tchoufout-Kalé, en peu de min., au couvent Otbspensky, fondé au xv® s. Il a cinq églises dont l'une est taillée à mi-hauteur dans le roc et qu'on atteint par des degrés. Il y a un grand pèlerinage le 15 août. Du
couvent à Bakhtchi-Saraï, ^/^ d'h. de marche.
A env. 20 V. au S. de Bakhtchi-Saraï, snr une hauteur, les ruines très curieuses de Mangoup-Kàlé (pas sans guide). — De Bakhtchi-Saraï à (78 V.) lalta, par la route, v. p. 370; phaéton, 18 à 35 r.
La LIGNE DE SÉBasTOPOL parcourt un pays montueux, traverse le Belbek, sur un pont en fer, et entre dans la vallée rocheuse et étroite de cette rivière. — 46 V. Belbek. On ressort ensuite de la vallée et tourne au S. — 55 V. Mekenziévy Oory, — Tunnel. Ensuite, Inkerman (barque de Sébastopol, v. p. 35S), dans un endroit malsain, à l'Ë. de la baie de Sébastopol, où se jette la Tchornaïa.
La Crimée. VALLEE DE BAÏDAR. VI. R. 55. 363
Cet endroit est connu par la bataille du !24 oct. 1854. Il a été fortifié pai les Génois, et il y a encore quelques tours bien conservées et des restes de retranchements. Dans le bas, un couvent. On y voit aussi dans les rochers quantité de vieilles grottes. — La voie fait ensuite une grande courbe et l'on a des échappées magnifiques (à dr.) sur la baie, la colline de Malakhov et la mer. Puis on arrive sur la côte, passe dans un tunnel et longe la baie du Sud. 73 V. Sébaatopol, v. p. 356.