IV. Église rtuse
Des moines grecs vinrent apporter la foi grecque (orthodoxe, npHBOCJâBHuH) de Byzance à Kiev en 988, sous Vladimir Svittoilavitch, qui avait reçu le baptême à Korsoun, et ce prince fit baptiser ses sujets en masse dans le Dniepr. «L'introduction et la propagation de la nouvelle croyance put se faire sans secousse, surtout parce que le vieux paganisme russo-slave^ dont le fond était le culte de la nature, n'avait pas proprement de ministres» (Kostomarov). Sous la domination des Mongols, qui laissèrent aux Russes leurs princes héréditaires et leur foi, le prince Ivan Kalita s'établit en 1328 à Moscou , et cette ville devint la capitale politique et religieuse de la Russie. L'Etat se fortifia et le joug des Mongols finit par tomber. La suprématie du patriarche de Oonstantinople n'était déjà plus reconnue depuis longtemps et la Russie ne suivit pas le mouvement religieux de l'Occident. Les tentatives des papes, pour amener une réunion avec l'église catholique - romaine , restèrent sans résultat. Les patriarches reconnurent en 1591 le métropolite de Moscou comme cinquième patriarche. Au milieu du xvii® s., sous le tsar Alexis Mikhaïlovitch , le patriarche Nikon se mit à la tête de ceux qui demandaient la révision de la liturgie. Un concile tenu à Moscou en 1667 approuva cette révision, et quand elle eut été confirmée à Jérusalem, en 1672, il fut résolu qu'on l'introduirait dans l'église russe. Ceux qui se séparèrent de l'église à ce sujet s'appellent encore aujourd'hui «raskolniki», dissidents, et «staroviértsi» vieux-croyants. Le schisme s'accentua encore davantage plus tard, Pierre le Grand réunit la suprématie religieuse au pouvoir impé-. rial, en ne désignant pas de titulaire au siège du patriarche resté vacant en 1700, et en créant en 1721 le «saint-synode», corps chargé de la haute direction des affaires religieuses. Le saint -synode (CBflT^iimi& Chhôai^) se compose des plus hauts dignitaires de l'église russe choisis par l'empereur; il est présidé parle métropolite de St-Pétersbourg. L'empereur y est représenté par le procurateur, dignitaire laïque, qui expose les questions à débattre; aucun décret du synode n'est valable sans son approbation. Catherine II confisqua enfin en 1764 tous les biens du clergé) en y substituant des traitements. — D'après le recensement de 1897 (p. xxxii), l'empire compte plus de 87 millions (69Vo 54) de gréco-russes (orthodoxes) et plus de 2 millions de vieux-croyants.
EGLISE UUSSE. XLVn
La Russie d'Europe, est divisée en 60 eparchies ou diocèîses, administrées par un archevêque (arkhiëpiskop) ou un ëvéque (épiskop). Trois de ces éparchies, celles de St-Pétersbourg, de Moscou et de Kiev, ont à leur tête des prélats d'un rang supérieur, dits métropolites. Il y a dans chaque éparchle, un consistoire, que préside l'évêque. — Le elerge forme comme une caste à parl^ et on y distingue deux classes : le clergénoir (qëpHOe ^yxoBéHCTBo) ou clergé régulier, qui représente la tradition grecque, et le clergé blanc (6^4oe AyxoBéHCTBO> Qu clergé séculier, qui représente l'élément national et dont le costume est de fait brun ou bleu. O'est ezclusirement du premier que sortent les membres du haut clergé, tenus au célibat: «arkhléréi» ou métropolites, archevêques et évéques, «archimandrites» ou abbés, et «igoumènes» on prieurs. Le clergé séculier se compose de «protoïeiéi» ou archiprêtres, qui ontrang après les «igoumèiies»; d'«iéréi» ou popes, les prêtres; de «protodiakoni», qui ne sont déjà plus prêtres, etc. Le prêtre séculier doit être marié, mais il peut entrer dans un couvent si sa femme meurt. La rivalité, l'inimitié même qui règne entre les deux clergés est une particularité de* l'église russe. Le clergé régulier gouverna presque absolument cette église, puisqu'il en revêt les principales dignités, qu'il est chargé de la censure et qu'il a sous sa dépendance l'enseignement religieux dans les séminaires et les académies, et il est jaloux de ses privilèges. — . Une autre pa^icularité de TégUse russe, ce sont ses nqmbretLseaêectes, en grande partie le résultat de la réforme liturgique de Nikon (v.. p. xlvi) et des changements faits par Pierre le Gra^nd. La.plupart de ces sectes ne diifèrent de l'église mère et entre eUes que par des choses extérieures. L'importance qu'elles ont acquise montre combien le sentiment religieux est vif chez le peuple russe. Les popes sont pl.utôt des ministres du culte chargés de donner les sacreinents que des curés ayant charge d'âmes. . On respecte plus en eux la dignité que la personne. — Dans les villes comme à laicampagne on voit souvent des gens d'apparenœ simple^ en général des vieillards, qui parcourent l'empire tête nue en mendiant de l'argent pour la construction d'une église. Ils ne dépensent jamais pour eux la plus petite somme d® l'argent ainsi rassemblé; à la fin de ce pèlerinage qui dure souvent des années, il n'est pas rare qu'ils aient plusieurs milliers de roubles, qu'ils remettent à U communauté.
Plavet DisposiTioM DBS éâLisss. t^ L«6 églises russes sont en général de forme carrée. Elles ont cinq dômes, dont le plus grand est au milieu, chacun d'eux étant d^une couleur vive, doré ou argem^ et surmonté d'une croix. Devant rentrée prineipale, du côté O., s'élève d'ordinaire un clocher (KOJiOKÔJn>HB)^ dont la cloche est iixée, de sorte que le battant seul est mis en branle. La sonnerie, qui est accordée, a beaucoup de cloches au son clair. A Tintérieur, qui n'a 'pas de sièges, d'orgties ni dé sculptures, se trouve du côté E. le chœur exhaussé, où prennent place les chantres et les eeclésiatiques. L'iconostase, sorte de paroi ornée d'images, sépare le chœur du saint des saints (a.ïTàpi.). Devant les images saintes (ôôpaai), richement encadrées, brûlent «ne latnpe étei^nèlle et dôa cierges en grand nombre, otfcrts par les adèles. Des trois portç^s de L'ieçnoptase , celle du milieu