‹ La Russie; manuel du voyageurChapitre 168 sur 175 · De Bakou à Tachkent (Tnrkestan · texte numérisé non relu

De Bakou à Tachkent (Tnrkestan

Batbaux ▲ vAPBDR de la C^^ Gauease A Mereare, de Bakou à Krasnovodsk: 1 fois par jour, en 16 h. eav., pour 12 r. 15 et 9 r. — Ghbmik db PBK de Krasnovodsk à Tachkent: 1747 Y., 1 fois par jour, en 66 h., pour 29 r. 50 et 17 r. 70; à Samarkand, 1415 V., en 52 h. l/s, pour 36 r. et 15 r. 60. S'il fait ehaud, on demandera au ehef de gare de Krasnovodsk un compartiment fermé de 3^ cl., parce que les coussins des wagons de 1^^® et 2® cl. sont parfois infectés d'insectes malpropres. Il y a 4 fois par sem. des trains avec un Wagon-restaurant simplement organisé, mais où la nourriture est bonne. Les buffets sont médiocres sauf celui de Kagan.

P9ur vofoçer dans li Turkestan U faut une autorisaiion spéciale du ministère russe de la guerre^ que les Français obtiennent d'ordinaire sans difficulté, en la demandant plusieurs mois d'avance, par l'entremise du ministère des Affaires étrangères à Paris et de l'ambassade de France à St-Pétersbourg (on avait dernièrement l'intention d'abolir cette autorisation spéciale et de donner libre accès au pays). On demandera aussi de pouvoir faire un court séjour à Vieux-Boukhara, parce qu'il est généralement interdit de séjourner dans le reste de l'émirat de Boukhara. Il est défendu de visiter Khiva et de faire le voyage de Merv à Kouehka (ligne du Mourghab). Les formalités concernant les passeports (p. xv) sont sévèrement observées dans le Turkestan qui a une administration militaire.

Le gouvernement général russe du Turkeatan (TypRecTâui), y compris le khanat de Khiva et Témirat de Boukhara^ mesure env. 1700CiOO verstes car. de superficie avec env. 8 millions 1/3 d'habitants. Il est borné à l'O. par la mer Caspienne, au S. par la Perse et l'Afghanistan, à l'E. par la Chine et au K. par la Sibérie. Au point de vue physique, la partie occidentale du Turkestan forme un violent contraste avec la région orientale. De la mer Caspienne jusqu'à la contrée où le Syr-Daria et l'Amou-Daria sortent des montagnes de TE., tout le pa^s, jadis submergé par la mer, est aujourd'hui couvert de sable. Cette immense région sablonneuse est arrosée par six grands fleuves: le r«4;«i», le Mourghab^ V4fnou-Daria iVOxus des

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anciens), le Séravehan^ le Syr-Daria (l'Iaxarte des anciens) et le Tchou. L* Amou-Daria et le Syr-Daria se jettent dans la mer d*Aral (49 m.)> les autres se perdent dans le sable ^ formant des lacs ou des marais.

Le CLIMAT du Turkestan n^est pas positivement malsain, mais il présente les températures extrêmes du continent avec ses grandes chaleurs en été et son froid rigoureux en hiver, ainsi qu'une quantité minime de pluie. Tachkent a une température annuelle de 13° 7 C. en moyenne et une humidité absolue de 6 mm. B; maximum de froid, 19°8 au-dessous de zéro; maximum de chaleur, 40^7 au-dessus. — En avril et en octobre, les différences de température entre le jour et la nuit sont. si grandes, qu'on ne saurait se vêtir trop légèrement dans la journée, tandis que de nuit quelques couvertures de laine sont indispensables.

On ne devrait boire que de Veau bouillie. On se lavera dans une cuvette en caoutchouc, dont on aura en soin de se munir, et Ton désinfectera Teau avec des pilules de sublimé. — La maladie dite sarte ou pendinka (identique avec la tumeur d'Alep ou de Bagdad; v. p. 383) et la filaire (fllaria medinensis), dite ici richta, ver qui s'incruste sous la peau, se propagent probablement par Teau.

La population du Turkestan se divise en habitants sédeniairet' {^9X^8^ Tadjiks, Ouzbeks, Russes immigrés, etc.) et nomades (Turcomans, Kirghiz et tribus parentes).

Les Sartbs, qui sont musulmans sunnites, forment largement les troisquarts de la population. C'est un peuple mélangé d'éléments turcs (ouzbeks) et iraniens , qui se livre à l'agriculture , à l'industrie, au commerce et à d'autres professions de ce genre. Il parle un idiome turc avec des emprunts à la langue iranienne. Les maisons des riches sont construites dans le goût persan ; les chambres sont munies de niches en grand nombre et peintes de couleurs variées. Chez les Sartes, les gens qui rient et parlent très haut ou f\\\\ s'agitent beaucoup {passent pour grossiers. — Le costume des hommes se compose de vêtements de dessous blancs en coton, et suivant la saison , d'un nombre plus ou moins grand de longs habits (khalat) de diverses couleurs, dent celui de dessus est fermé par un châle, long de 3 à 6 m., enroulé plusieurs fois et noué autour du corps. De hautes bottes molles sans talons et recouvertes de g«loohes de cuir forment leur chaussure. Il ont pour CoifPure une calotte chamarrée de broderies et souvent entourée d'un grand turban. L'ensemble produit reffet d'un costume des plus bariolés. •— Les Sartes aiment beaucoup à s'asseoir et à bavarder ensemble au bazar et dans les innombrables maisons où l'on boit le thé vert dans des soucoupes plates. — La femme est Teselave absoh>e de son mari. C'est de Boukhara qu'est venu, dit-on, le dogme d'après lequel les femmes n'auraient pas d'âme ni aucun droit à la prière.

Les Tadjiks d'origine iranienne parlent encore aujourd'hui leur idiome persan primitif. €^ sont des agriculteurs très actifs. Tout le système d'irrigation du pays remonte à l'époque où la majeure partie du terrain arable touranien appartenait encore aux Tadjiks.

Les plus importantes des peuplades turques, qui occupent le pays depuis le commencement du moyen âge, sont celles des Turcomans (v. ci-dessous) et des Ouzbeks. Il n'y a plus guère de vrais Ouzbeks que dans peu de contrées du centre et de Test du khanat de Boukhara. Depuis des siècles , les dynasties et d'autres familles nobles des kbanats de rAsie centrale appartiennent à la tribu des Ouzbeks.

Les TuRcoMAKS (300 OCX) à 4(X)0(X)), surtout à Merv, dans l'oasis d'Achal et sur les bords de l'Atrek inférieur, sont en majeure partie de' véritables nomades. II n*y a que les plus pauvres d'entre eux qui, n'ayant pas assez de bestiaux, cultivent aussi quelques champs et des jardins. Leur langue est un idiome turc qui diftère beaucoup de celui des Sartes. Le Turcoman se reconnaît facilement à Timmense bonnet de'- peau de mouton qu'il porte été et hiver. Leur tkhalat» est généralement fait d^une étoffe de coton à raies rouge brun, qu'on fabrique dans le pays, et doublé de coton écru. L'habitation des Turcomans est l'alourta»^ construction en forme de ruche, qui se compose d'une charpente rondejrevêtue de morceaux de feutre Drun noir. Jusqu'à l'occupation du pays

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par les Russes , les Turcomans étaient les brigands les plus redoutés de toute TAsie centrale. Leurs razzias (alaman) s^étendaient en Perse jusque bien avant dans le Khorassan. — Chez eux la liberté des femmes est presque complète et elles ne se voilent pas le visage. — Le Tureoman se dit mahométan., mais en réalité il n'observe presque aucune des prescriptions du Coran.

Les KiHOHiz du Turkestan habitent surtout les steppes du bassin du Syr-Daria et les parties les plus montagneuses du Ferghana. Ils se donnent eux-mêmes le nom de «Kazakes*^ appartiennent à la branche tureo-tatare de la race mongole , et prétendent être musulmans sunnites. Les Kirghiz sont nomades; des troupeaux de moutons forment leur prineipi^e richesse. Us sont de taille moyenne, avec des épaules larges, et ont la barbe rare. En été, on les reconnaît surtout a leur chapeau pointu en feutre gris et au bord rabattu. Leur costume diffère d'ailleurs de celui des Sartes et des Turcomans. Leur h&bit est plus court*, leurs pantalons (de coton en été et de cuir en hiver) sont si larges quMls peuvent y fourrer la plus grande partie des vêtements du haut du corps. L'habit de d«8sus, généralement en soie, est le plus précieux; dessous ils en portent un autre en drap brodé, qui en recouvre un troisième en coton. Leur chaussure se compose de grandes bottes de cuir. A leur ceinture, garnie d^ornements en métal, pendent un couteau et un petit sac renfermant un peigne, un cure-dent et une pierre à briquet. Le vêtement de la femme ressemble en général à celui de l'homme, sauf que les couleurs en sont aussi criardes que possible. Elles ont, en outre, un immense bonnet d'étoffe blanche, empesée et qui ressemble à une corbeille. — La «kibitka» , qui sert d'haoitation aux Kirghiz, est une tente ronde, presque hémisphérique, composée d'une charpente en forme de crinoline, sur laquelle sont fixées des bandes de feutre. Le sol est couvert de morceaux de même étoffe, et de tapis chez les riches. La nourriture des Kirghiz se compose presque exclusivement de laitage : tous les jours du lait de brebis, du koumiss (p. 313) et du fromage, mais rarement de la viande. Ils préfèrent au pain des morceaux de pâte de froment rôtis dans de la caisse de mouton. — Les liens de parenté sont étroits: «il vaut mieux être berger dans sa famille, que roi chez des étrangers* dit un proverbe kirghiz. Ils achètent leurs femmes, qui jouissent pourtant d'une liberté relative.

Histoire, Hérodote nous a transmis quelques renseignements sur les Massagètes qui habitent au delà de l'Iaxarte (Syr-Daria) et sur les peuples de la Bactriane et de la Soçdiane, à l'extrémité N.-E. de l'empire des Perses. Baktra (Balkh) et les régions des bords du Mourghab, du Séravchan et de TOxus central (Amou-Daria) feraient partie des centres les plus anciens de la civilisation, si du moins, comme le croient quelques interprètes , on doit voir dans le Ghah-Nâmeh (Livre des anciens rois de Perse) de Ferdoucy un reflet poétique de l'histoire primitive de l'Iran oriental et des pays limitrophes au N. Une série de passages de l'^Avetta (livres de Zoroastre) conduisent, semble -t- il, à la même conclusion. '- Tout le pays jusqu'au Syr-Daria appartenait depuis Gyrus à l'empire des Perses. Alexandre le Grand (v. p. 440) dut livrer aux peuples (ariens) des régions de l'Oxus des combats qui durèrent longtemps. A sa mort, tout l'Orient échut aux Séleucides. Séleucm 7*** Nicalor (m. 281 av. J.-C.) entoura de vastes murailles d'enceinte l'oasis de Merv pour la protéger des incursions des nomades du nord. Diodote^ gouverneur de Bactriane sous Antiochus II ThéoSy s'érigea en souverain indépendant vers 255 av. J.-C. et régna sur les territoires compris entre l'Oxus et l'Hindoukouch. Ce gouvernement des successeurs d'Alexandre dura un siècle et demi jusqu'à la conquête du pays par les Parthes. Ces derniers furent remplacés par les Sassanides de Perse (226-642 ap. J.-C), puis par les Arabes, Les incursions des peuples turcs dans le Touran commencèrent sous la domination arabe. Merv (v. p. 437), capitale de l'empire persearabe de Khorassan, devint une des villes les plus grandes et les plus prospères de l'Orient. Elle fut le berceau de la dynastie des Abbassides. L'invasion des Mongols sous Oengis-Khan mit un terme à la prospérité

BsBdeker. La Russie. 8© édit. '^^

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