‹ La Russie; manuel du voyageurChapitre 169 sur 175 · VIII. R. 88, TURKESTAN · texte numérisé non relu

VIII. R. 88, TURKESTAN

du pays. Boukhara, Samarkand et Khiva furent prises et incendiées en 1316. Â la mort de Gengis-Khan ses successeurs se partagèrent l'empire. Tamerlan ou plutôt Tîmour-Lenk (e.-à-d. Timour le Boiteux) réunit encore une fois l'Asie Mineure et TAsie centrale sous un seul sceptre. Le Turkestan appartenait alors aux Djenghisides de Djagataï. Tamerlan les renversa et s'empara en 1370 de Samarkand, où il tint une cour brillante iusqu'à sa mort (1^)5; v. p. 440), Les Timourides régnèrent sur TAsie centrale jusqu'à la fin du xv^s., où ils furent remplacés par les Ouibeks, dont la domination dura jusqu'à la conquête du Turkestan par les Russes. Des princes vassaux d'origine ouzbek régnent encore aujourd'hui à Bonkhara et à Khiva.

Pierre le Grand et Nicolas Ic essayèrent, mais en vain, de s'emparer de Khiva en 1717 et en 1839. Vambéry , déguisé en derviche , visita Boukhara et Khiva en 1863. En 1865 Tachkent tomba an pouvoir des Busses. La puissance dès khans réunis de Boukhara et de Kokand a été abattue de 1866 à 1868. Samarkand et Khodchent échurent à la Russie. Khiva a été subjuguée en 1873, sous le général K.-P. de Eauffmann^ gouverneur et organisateur du pays de 1867 à 1883. Le reste du khanat de Kokand a été incorporé à la Russie en 1876 sous le nom de territoire de Ferghana. En 1881, la bravoure et la dureté du général Skobelev réussirent à briser la résistance des Tekke-Turcomans (▼• p. 435). Les Turcomans de Merv se soumirent sans combattre en 1884. En 1895 la majeure partie du plateau de Pamir a été annexée, de sorte qu'actuellement la Russie n est séparée des Indes orientales que par une bande de terrain large de quelques lieues seulement et appartenant pour la forme à l'Afghanistan.

Déjà en août 1880, lors de l'expédition contre les Turcomans, Skobelev commença la construction du chemin de fer transcaspien on de VAgie centrale^ qui ne devait d'abord s'étendre que jusqu'à Askfaabad. Le grand développement de la culture du coton au delà de l'Amou-Daria (la récolte du coton dans le Turkestan a produit, en 1900, 7 millions Va àe poudes, presque la moitié de la consommation de l'industrie russe) a eu pour conséquence le prolongement de la ligne jusqu'à Ferghana. — Frais de construction, 33000 r. par kilomètre. Jusqu'à Samarkand la voie a été établie par les troupes sous les ordres du général Annenkov. En huit ans on a construit 1400 V. de voie ferrée, en majeure partie à travers des déserts brûlants et des steppes arides.

La meilleure époque pour un voyage dans le Turkestan est au printemps, de la mi -mars à la fin d^avril (ancien style), et en automne, de la mi-août au commenc. d'octobre. En été la chaleur est insupportable et la poussière y est des plus désagréables. L'hiver est froid et la nature est alors entièrement morte. — Les hauts employés savent généralement le français. Dans les bazars, surtout à Vieux-Boukhara, il est bon d'avoir un interprète sachant l'idiome sarte. — Des recommandations pour de «hauts fonctionnaires russes sont très utiles.

L'ÉQDiPEMEUT Se composera de préférence d'uû habit en toile brune (khaki) avec des vêtements de dessous en soie écrue ou en laine (il faut en avoir beaucoup, parce qu'il faut les changer souvent) et un casque colonial. On ne prendra pas de chemises empesées. On emportera un habit pour les visites, des draps de lit, des coussins, des conserves pour protéger les yeux contre la poussière, des biscuits (le pain du pays n'est pas toujours bon) et une selle. Il est inutile d'avoir des armes (v. p. xvi). Plan et frais de voyage. Une visite superficielle du Turkestan, à partir de Krasnovodsk, demande env. 14 jours aller et retour y compris les jours de repos:

Chemin de fer de Krasnovodsk à Kokand aller et retour . 6 jours

Boukhara (à visiter à l'aller) 2 »

Samarkand 2 »

Kokand 1 »

Ruines de Vieux Merv (à visiter au retour) ....... 1 »

La visite de Kokand est plus intéressante que celle de Tachkent. Les frais d'hôtels (ch. 1 à 2r.), de voitures, etc., s'élèvent de 5 à 10 r. par jour. On paie 10 à 30 r. par sem. pour un^Xdrogman sachant

KRASNOVODSK. VJIL R. 68. 435

le sarte. Si on le prend en Caucasie , il faut s'assurer qu'il sait bien parler le sarte, parce que cet idiome diffère beaucoup du dialecte turc oriental (dit tatare) parlé en Caucasie. — Les frais généraux d'un voyage de 14 jours peuvent s'évaluer à env. 250 r.

A. Be Bakou à Samarkand.

Bateau à vapeur et chemin de fer, v. p. 431.

Les bateaux de la C® Caucase & Mercure, qui font le service t. 1. jours , mettent env. 16 h. de Bakou (p. 397) à Krasnovodsk par la mer Caspienne.

Krasnovodsk (buffet; les hôt. ne sont pas reconimandables), ville de 8000 hab. et chef-lieu de district avec un fort, a été fondée en 1869 sur la baie du même nom de la mer Caspienne. C'est la tête de ligne du chemin de fer transcaspien ou de l'Asie centrale. La révision des passeports a lieu à bord. Des matelots ou des portefaix (amball; menus colis, 5 k. ; une malle, 10 k.) transportent les bagages du port à la gare qui est voisine.

De Krasnovodsk la ligne passe à (47 V.) Kara-Tenghir (buffet) et à (129 V.) Djebel (buffet), en longeant (à dr.) la baie verte de Krasnovodsk (on offre aux stations de bonnes écrevisses), qui s'enfonce profondément dans les terres. A g. une chaîne de hauteurs rocheuses et dénudées. Le désert sablonneux s'approche ensuite, à g., tout près de la voie. — 156 V. Balla-Ichem. 32 V. au S.-O., le «mont de Naphte» (He«TflHâff ropâ), avec une mine de sel. A g., VOtizboï, curieuse vallée desséchée. — 201 V. Pérévall (43 m.), point culminant de la voie dans la dépression entre les chaînes du Orand et du Petit- Bnlkhan, que la ligne traverse. — 246 V. Kazandjik (34 m.; buffet), village russe de 500 hab. , où commencent à dr. les chaînes de montagnes du bord de l'Iran supérieur, le Kiouren- Dagh et le Kopet-Dagh, que le chemin de fer côtoie l'espace de plus de 400 V. — Un peu avant (315 V.) Rizil-Arvat (99 m.; bnffet), ville de 4100 hab., on atteint le pays des Ïekke-Turcomans, Voasis d'Akhal, qui est longue et étroite. Elle ressemble au printemps à une steppe fleurie entrecoupée çà et là par des champs cultivés et des jardins qu'arrosent des ruisseaux. A g. au loin, on aperçoit constamment le désert. Les mirages et les tourbillons de poussière qui y régnent se montrent souvent à peu de kilomètres de distance. — 366 V. Bami (75 m.); 396 V. Artchman (94 m.); 426 V. Bakharden (160 V.), trois stations avec des buffets.

478 V. Ghéok-Tépé (203 m.; buffet). Non loin au N. de la gare s'élèvent des murs de pisé qui menacent ruine. Ce sont ceux de Denghil-T^pe, anc. forteresse des Turcomans, qui fut prise par les Russes sous les ordres de Skobelev le 12 janv. 1881, après plusieurs semaines de siège. Immédiatement à côté de la voie se trouve un petit musée y avec une collection d'armes et un immense tableau représentant l'assaut de la forteresse. Il y a 10 à 15 min. d'arrêt.

436 VIII. B. S8. MERV. De Bakou

Od visitem ispidement le musée et l'on montera survie remparl ii la forteresse, dont l'intérieur est vaste, vide et désolé. " Le tracé de la forlerelae forme un reelangle tiréguller de Ikil. 1/4

hauM delm. I/i n Dm. Vs du fond du fossé; da'ns le bsut, ili ifitot couronnés par «n paraoet. La garnison eomprensit 3O0OO hommes et le Dombn des assiégeants était de UCOO aves 7» l>oucbea à feu. A l'angle S.-E. se (rouve la grande hr.ehe. due à t'eipinslon d'un» mine rt par laquelle eut lieu le dernier assaut.

500 V. Bttmein (234 m.; buffet).

520 V. Aikhabad (Aciaôajii ; 231 m. ; b-uffH ; bôt. : Grand-mttl, Frantslia; bons buins, 60k. la cabine; phaéton de la gare à la viUe 25, la course 20 b.), ville de 19 400 hab. et chef-lieu du district tranacaspieii. Elle fait un commerce actif avec la Perse. Un monument de Pouchkine y a étd inauguré en 1901. Une grande partie des habitants appartient â la sente persans des Babi, qui a ^té fondée vers la fin de 1830 par Ali-Mohamed originaire de Chïraz. La maladie sarCe (p. 383) règne dans la ville.

D'Askhabad une chaussée (ifdOkil.i i à 5 jours en voit.) conduit à MKh\€d, lieu de pjslerinage et plagie de commerce en Perse, i'olx Ton va

529 V. AnnoM (225 m.] ville en ruine avec les restes d'une belle mosquée ancienne. - 610 V. AHyk (225 m.; buffet). A H V. au S., U ville persane de Lloutfabad. - 1)41 V. Kaakhka (290 m. ; buffet). A Meskhhed, v. ci-dessus. — La ligne euit souvent à peu de mètres de distance la Arontière entre la Knssie et la Perse, qui est marquée par des tas de terre jaunitre. -- 680V. DouJoA (24Tm.: buffet). La voie quitte la direction du S.-E., tourne au N.-£. et entre dans le bassin du 2'edjeit. Ici couimence le d^ert sablonneux interrompu seulement par l'oasis de Merv et qui s'étend presque jusqu'à l'Amou-Daria. -724 V. Tedjen (185 m.; buffet).

Une route de voll, conduit de Tedjen sur la rive dr. du fleuve du

se reocoDtrenl les froiitlèree de laBuasie, de la l-erse et de l'Afghanistan.

La ligne passe le lUmirgluib (v. ci-dessous).

842 V. MsiT (Nouveau }feni). — Bnffa. - BâUl gani, en face de la gare. — Oraad choix de lapis du pays, de rAfghanislan et du Bê-

beiire), le mieux est de prendre ddc voiture a Merv et de continuer le

Idero (224 m.), ville de 8700 hab. et chef-lieu de district, foiidét;

eu 1884 dans l'oasis du même nom, est infectée de la malari&.

L'o««i aeiftrc. intsurinl env, 9700kiL car. de superfleie, est farmée

SO ktl. eu aval de la ville, la dernitre eau se perd dans un marééaee Tout entouré de duues de table. — Les Turcomans des environs de Merv

à Tachkent. MERV. VIII. R, 68, 437

(v. ei-déaaona), et à (JW V.) Kouehka (690 m.), sur la fh>ntière deTAf-

ShanistaiL, qu^on ne peut franchir que si Ton en a obtenu TautorisatioB e l'émir de. ce pays.

8l59 V. ' Baïram-Ali (234 m. ; buffet), avec un- grand domaine de Tempereur (il est agréable d'avoir une recommandation pour l'administrateur, M. le général N.-A. Kachtalinsky). — En face de la gare commence le

*Ohaiiip de mines de Yieux-Kery, couvrant une superficie de 100 kil. car. et au milieu duquel passe le chemin de fer. Si Ton n'est pas déjà venu en voit, de Nouveau-Merv, il vaut mieux s'adresser à l'administration du domaine impérial , pour obtenir par son entremise des voitures et des chevaux de selle. Pour le gîte on

dépend aussi de la complaisance des fonctionnaires.

Jierv^ mentionnée déjà sous le nom de Mourou dans TAvesta (p. 433), VAntiochia àiargiana des aneiens, le Kounia Jierv (Vieux- Merv) des Turcomans , est une des villes les plus antiques du monde. Séleueus IsMcator y fonda une colonie. Au vi^ s. ap. J.-C, la ville était en majeure partie chrétienne (nestorienne). Elle atteignit son apogée au vii^ s. sous la domination arabe. Avec Toasis irriguée et le système de digues du Mourghab elle passait alors pour une des merveilles du monde et elle était avec Bagdad la plus grande ville de TOrient. Gengis-Khan, irrité par la mort de son petit-flls sous ses murs, la détruisit complètement, et les Mongols mas»aerèrent alors plus d'un million d*hommes, si l'on en croit les auteurs arabes. Merv fut reconstruite au xv^s. et appartint tantôt aux Ouzbeks tantôt aux Persans jusqu'en 1796, où Témir de Boukhara s'en empara et la transforma en un désert en détruisant le Soultan-Bent (p. 436). Les habitants furent emmenés à Boukhara.

Dans la visite des ruines on se bornera à la partie sitnée au N. de la voie ferrée (emporter des provisions et des rafraîch.). Les TuTComans qui font paître leurs moutons dans les ruines sont de braves gens, qui offrent aussi à vendre des monnaies et d'autres menus objets trouvés. — De la gare on suit peu de temps le remblai de la voie dans la direction de l'E., on tourne ensuite à g. et l'on se dirige tout droit par des collines de décombres sur la porte d'entrée flanquée de deux tours, qu'on aperçoit dans la muraille d*enceinte orientée du N. au S. Derrière cette porte on se trouve dans Baïram Ali Khan-Kalah, la forteresse persane de Merv détruite par les Boukhares. C'est un rectangle de plus de 2 kil. Vt de circonférence, formé par des murs et dont le sol est couvert de quantité de décombres d'édifices en briques cuites ou crues. Un autre rectangle du même genre, mais plus grand: AhdotUlah Khan- KcUah s'y rattache immédiatement à l'E. Le chemin de voit, traverse ces deux emplacements dans la direction de l'E. Avant de sortir par la porte de l'E., on montera sur le mur, d'où le regard embrasse cet immense champ de ruines. Tout cet espace n'a jamais été habité et couvert de constructions à la même époque; mais les différentes enceintes ont formé en des temps divers le noyau fortifié de la ville. Le chemin tourne plus loin au N., passe à deux petites mosquées funéraires, où sont inhumés, d'après là légende, deux frères porteétendard de Mahomet, et se dirige ensuite sur la mosquée dite «Sultan Sandchar», vaste construction, visible deloin et datant, dit-

438 VIIL R, es. BOUKHARA. De Bakou

on, du xu^ 8. Cette partie des ruines s'appelle Soultan-Kalah. A dr. se trouve Qiaour - Kalah, le Merv de l'époque nestorienne, qui est entouré de longues collines. Au N., hkender-Kalahj qui a probablement remplacé la ville des Béleucides. On peut monter sur le rempart qui sépare Soultan-Kalah d'Iskender-Kalah. On retournera de ce rempart à la station du chemin de fer (6 V.).

Immédiatement au delà de Baïram-Ali la ligne 8'e»g«ge dans le désert de Kara- Koum (Sable Noir), trop fameux jadis sous le nom de «tombeau des caravanes». — 1003 V. Repetek (185 m.; buffet), en plein désert; les dunes de sabe mouvant s'étendent à perte de vue. — 1048 V. Barkhany (198 m.). Bientôt après on aperçoit à l'E., à l'horizon, une bande sombre: c'est la limite de la végétation sur les bords de l'Amou-Daria. — 1070 V» Tchardjy (190 m.; buffet), dans l'émirat de Boukhara. On passe un pont de fer, long de 1650 m., sniVAmou-Daria. Dans l'émirat de Boukhara, des d'serts de sable et de sel et des champs fertiles bien irrigués se succèdent alternativement le long de la voie. — 1078 V. Farab (187 m.; buffet). — 1117 V. Karakoul (196 m.; buffet).

1182 V. Kagan. — Buffet^ bon. — HÔT. : de V Europe; de France; Novàia Boukhara. — PhaètoK: la course, 15 k, ; 1 h., 60 k.; à Boukhara., en 1 h., 1 r. 50.

Kagan ( Nouvelle -Boukhara) , ville de 2000 hab. russes, est la résidence d'un agent politique russe, auquel on fera une visite bientôt après son arrivée. Il demeure à 5 min* de l'hôt. de l'Europe.

Un embranch. de 12 V. (la chaussée est poussiéi-cuse) conduit de Kagan à Boukhara.

Boukhara, ville d'env. 100 000 hab., capitale de Témirat de ce nom et principale place de commerce de l'Asie centrale, a un caractère bien asiatique. Elle est entourée d'une muraille eu pisé, longue de 12kil. et haute de 8 m., avec quantité déportes fermées du coucher au lever du soleil. Il est intéressant d'en faire le tour à cheval (1 h. V2 à 2 h.). Les maisons basses à toits piats sont construites en briques crues. Peu ou pas de fenêtres donnant sur la rue. L'eau très malsaine du Seravchan est conduite dans un certain nombre d'étangs par le canal de Chakhroud.

C'est sous Jsmail^ de la dynastie des Samanidts^ qui régnèrent à Boukhara de 873 à 1004, que la ville acquit sa réputation de centre intellectuel et religieux de Tislamisme oriental (sunnite), qu'elle a conservée iusqu^à nos jours. En 1220, Boukhara a été détruite de fond en comble par Gengis-Khan. Tamerlan^ qui prit le sceptre en 1370, transféra la résidence à Samarkand. Toutefois Boukhara prospéra de nouveau sous lui et sous ses successeurs., surtout sous Oulou-Beç. Le» Cheibanide» (1499-1597) rétablirent la résidence à Boukhara. Le plus grand souverain de cette dynastie fut Abdoullah- Khan (m. 1597). La décadence commença sous les Aehtarkhanides^ qui régnèrent iusqu'ep 1737. Dès lors la ville a été gouvernée par les JUançhites. Llimir actuel, qui dépend de la Russie, se nomme Seîd-Abdoul-Akhad-Khan. Il a pris le pouvoir en 1886.

à Taehként. BOUKHARA. VIIL B, S^, 439

Boukbara compte eiiv. 360 mosquées et 103 médrésés (écoles d'érudits). La population étant très fanatique, il vaut mieux renoncer à la visite de ces édifices. Ils ont d'ailleurs moins de valeur artistique que ceux de Samarkand, qui sont d'un accès facile.

Le vaste et riche BazAB, principale curiosité de la ville, est sans doute le plus intéressant de tout TOrient musulman. Persans, Kirghiz, Hindous, Arméniens, Tatares, Afghans, Turcomans, Ouzbeks et Tadjiks, dans leurs costumes généralement clairs et bariolés, remplissent les étroites galeries couvertes de ses différents quartiers (tims). Comme dans toutes les villes orientales, les divers métiers sont distribués par groupes dans le bazar. La fabrication et la vente ont lieu autant que possible au même endroit. Pour les protéger contre les rayons brûlants du soleil les rues sont tantôt voûtées tantôt couvertes de nattes, de toiles tendues, etc. On y remarque de belles soieries, des articles de métal (surtout en cuivre) et les peaux d'agneau noires dites karakoui (les bonnes coûtent 6 r. au moins). L'assortiment des tapis est plus grand à Tiflis. Les vastes croisées des rues du bazar, surmontées de coupoles, se nomment «tcharsou». Le cri «pocht, pocht» qu'on entend fréquemment signifie: gare! gare! Il y a quantité de débits de thé; au delà du canal, devant la porte, se trouve une grande tribune en planches, où les vlsl^ teurs prennent place. — On ne fera de grosses emplettes qu^en compagnie d'un hab. de là ville compétent (la tenga, monnaie d'argent de Boukhara, vaut env. 15 k.; la pouhl, monnaie de cuivre jaune, 1/4 de k.). Il est rare que les vendeurs comprennent le russe.

Ij! Ark, le château fort de l'émir, est situé sur une colline de pisé haute de 15 m., devant laquelle s'étend le RcghUtan, place couverte d'étalages de fruitiers.

Non loin du château est la grande mosquée Kalian , où l'émir assiste au culte 1. 1. vendr. entre midi et 2 h., quand il est à Boukhara. Le revêtement de carreaux de faïence bleu clair de la coupole est encore bien conservé. On précipitait autrefois les criminels du sommet du minaret haut de 60 m. (Manari- Kalian ou tour des cri-^ minets; il est défendu d'y monter). — "Ld^ mosquée Làbi-Kkaous date de 1611. — La médrésé la plus importante est la Mir-Arah, située en face de la mosquée Kalian et bâtie à la fin du xvi® s. Au milieu de la façade se voit le grand arc en carène du portail (pichtak), dont la magniâque décoration en carreaux de faïence est tombée en gi^ande partie. Les pichtaks des médrésés Zarçherian et Timour sont bien conservés.

A 3 V. de la ville se trouve CMrboudoun^ ekâteau de plàiiaii«e de rémif eonstmlt vers 1870, avee un gran4 jardin. ,

1223 V. Ki%U-Tép/ (266 m,; buffet). - m9 V. Kermint (S98 m,). A 12 Y. de la station , la ville du même nom , avee un paUis de l'émir de Boukhara, où il réside d'ordinaire. — 1343 Y.

440 VI lî. R, es. SAMARKAND. De Bakon

Katty-Kourgan (475 m. ; buffet) , stat. a\ant laquelle la ligne entre dans le territoire russe de Samarkand. Au loin ^ à dr. et à g. , des montagnes. — 1415 V. Samarkand (buflFet).

Samarkand.

HÔTELS (dits «noméras»; les tenaneiers changent souvent): SévemiU^ Franisouikiiéy ParijiMiéy Moskovskiié^ lévropéiskiié^ Péterbourgskiië^ tous'dans le quartier russe. — Les «noméras» font aussi la euisine, mais il vaut mieux prendre ses repas au cagino civil (o6n<4eTBeHHoe coôpàme; on p^ut être introduit par un membre). — Phabton: de la gare à la ville russe (4V. 1/2), 60 k.; la course, 20 k. ; 1 h. dans le quartier russe, 80 k.^ dans' la ville indigène, 75 k.

Photographies- passables chez Arch^ulov,

Si Tan est pressé (2 jours), ou visitera le premier jour les édifices de la ville, puis le second Chakh-Sinda et Afrossiab et Ton fera une excursion aux environs.

Les autorités punissent sévèrement les personnes qui arrachent des carreaux de faïence et d^autres «souvenirs».

Samarkand (696 m.). ville de 55 000 hab. et chef-lieu du territoire

du même nom , se trouve d«ns la vallée du Scravchan et dans une

plaine fertile et bien irriguée. La température annuelle y est en

moyenne de 13^ C. au-dessus de zéro. Le thermomètre y monte en

été jusqu'à 37o2 C. à l'ombre. -

La fondation de cette ville remonte aux temps les plus reculés. Dans Tantiquité elle se nommait Maracanda. Elle fut prise en 329 av. J.-O. par Alexandre le Orand^ qui Tannée suivante y tua dans un banquet son favori Clitus, un de 6es généraux, qui lui avait sauvé la vie au passage du Granique. Au vii^ s. après J.-C. , les Arabes s'emparèrent de Samarkand, qui fut saccagée en 1221 par Gengis-Khan malgré une résistance héroïque. En 1369 Tamerlan en fit sa résidence et la capitale de son empire. Il Tembellit de magnifiques édifices, qui forment encore la principale curiosité de la ville, bien quHls soient délabrés .en partie. Samarkand appartint plus tard aux Cbeïbanides et aux Manghites (p. 438). Elle a été prise en io68^ par les Russes, qui l'ont annexée.

Samarkand se compose de deux parties: la ville russe fondée en 1871 et la cité indigène du moyen âge éloignée de i/j V. de la première. L'emplacement de l'Antique Maracanda s'y rattache à l'E.

La VILLE RUSSE a de larges rues, bien ombragées par une double rangée de grands acacias, de peupliers et d'ormes. Il y a souvent concert militaire dans le parc de la ville, en face duquel est l'hôtel du gouverneur.

Près de la ville russe s'élève le "^mausolée de Tamerlan (Oour-

Emit), qui est déjà bieu en ruine. U est couronné d'un immense

dôme. La décoration en carreaux de faïence du tambour en est là

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