‹ La Russie; manuel du voyageurChapitre 48 sur 175 · VI. Théàtrea.Q Lieux de diTertiMement, ete · texte numérisé non relu

VI. Théàtrea.Q Lieux de diTertiMement, ete

Théâtres. Il y a à St - Pëtersbourg trois théâtres impériaux, qui reçoivent de TEtat une subvention considérable. Ces théâtres sont ourerts de fin août au eon^eneement de mai. Rideau à 7 h. ou à 8 h. Pour les représentations des mardi et vendr. (opéra) et les dim. (le jour, opéra; le soir, ballet), on peut avoir des billets au bureau des théâtres. Les autres jours presque toutes les places sont prises par les abonnés.

1. Théâtre Marie (MapiaHcuH Teàrpi; pi. 273, E6; p. 136), donnant des opéras en russe et des ballets. 11 petit contenir 2000 personnes. Prix : loges de l®' rang 16 r. 10 pour le ballet, 19 r. 40 pour les opéras; baignoires, 11 r. 70 et 13 r. 90 ou 13 r. 90 et 16 r. 70; «bel-étage», 16r. 10 et 17 r. 20 ou 19.40 et 20.50; 2« rang, 11 r. 70 ou 13 r. 90; 3® rang avec «avant loge», 8.95 ou 10.60; sans «avant-loge>, 6.95 ou 8.40; «litera*, 9.50 ou 11.70; 4«i rang, 5.85 ou 6.95; fauteuils d'orchestre, de 3.30 à 6.70 ou de 2.85 à 7.80 (suivant la distance de la scène); balcon de 3^ rang, 1.75 ou 3.30. Les prix sont encore beaucoup plus élevés aux représentations à bénéfice (fauteuil d'orchestre, jusqu'à 2o r.).

2. Théâtre Alexandra (AjieKcaHxpdHCKift reâTpi; pi. 270; G 6; p. 130), pour les drames et comédies russes. Prix: loges de 1^'^ rang et «belétaffo, 9 r. 60 à 11.60; 2^ rang. 7.60 à 8.60; 3^ rang, 5.30 à 8.60; 4^ rang, 4.30 à 5.30; fauteuil d'orch., 1.60 à 3.10 (suivant la distance de la scène).

3. Théâtre Michel (MHxâftjiOBCKill reârpi; pl.274,F5; p. 132), pour drames, opéras et comédies russes et français. Prix : loges de 1®' rang, 9 r. 60 à 30.60; «bel-étage», 9.60 à 20.60; 2« rang, 7.60 à 13.60; 3» rang, 5.60 à 8.60;

4» rang, 4.30 à 6.60; fauteuil d'orch., 1.60 à 6.10 (suiv. la distance de la scène).

Opérai itaUen»^ de déc. jusqu'aux grands- jeûnes, dans la salle du Conservatoire (pi. 68, E6); loges, 12 à 35 r.; fauteuil d'orchestre, 3 à 8. Puis en hiver, à l'Aquarium (v. ci-dessous).

Le Petit Théâtre (Mâjiuit Teârpi; pi. 275, F 6), sur la Fontanka, incendié en 1901; on projette de le rebâtir.

Le théâtre Fanaievskp (ci- devant théâtre Farce; pi. E5; p. 86), au bord de la Neva, a été affermé par la Société litt. et artistique (p. 79), pour des pièces de poètes russes modernes ; loges, 7 à 15 r. ; fauteuil d'orch., 1 r. 36 à 4 r. ^. — Théâtre populaire Aie<Aas IL (pi. 276a, ES), opéras et drames; fauteuils (36 rangées) 60 k. à 3 r., balcon 30 k. à 70 k. (les dlm. et fêtes, la moitié); il y a aussi un restaurant, un jardin, etc. — Théâtre de Vaisilp-Ottrov (pi. 276b, C6), Grande Perspective (Bolehuï Prospect), 73, théâtre populaire, bons acteurs ainsi qu'au précédent.

Lieux de ^rertiasement (jardins, en général avec théâtre, concerts, etc.). Jardin «ooto^^tf^tie (pi. E4; p. 150), au Quartier de St-Pétersbourg, bons concerts; entrée. t*ÎSk. ; bat. à vap. n°\ v. p. 77; tramway, n<^ 6, V. p. 76; Aquarium (pi. 13; F 3), perspective Kamenno-Ostrovskv, 10, entrée pour le jardin, 50 k. ; tramway n^ 7, v. p. 76; Jardin d''Areadie (Arkadia; pi. DEl), à Kovaïa Dérévnia; bons opéras en été; bat. à vap. n** 6, v. p. 77 (billets d'aller et retour avec cartes d'entrée à prix réduits); tramway n'»7, V. p. 76. — Plutôt pour hommes: Kre$t9v»ky (pi. C2), dans l'île Krestovsky; bat. à vap. n*^ 6, v. p. 77 (cartes d'entrée, comme au précédent); tramwav, n**6, v. p. 76; fiacre de la place de l'Amirauté, 76 k.; Jardin de Partie a Novaïa Dérévnia; Théâtre de St - Pétersbourç (K.-A. Chabelska), Offitserskaïa , 99, au jardin Demidov (pi. D6), opérettes; Olifmpia^ Baaséinaïa, 58; Toumpakav («Bouffes»), Fontanka, 116.

Pour Pavlovsk^ v. p. 164.

GiBQUH CiKiSBLLi (pi. 66, G 5; D. 133), sur la Fontanka, seulement en hiver: loge «litera* pour 6 pers., 16 r. 60; loge de barrière pour 4 pers., 10 r. 40; loge de 1^' rang pour 4 pers., 8 r. 40; fauteuil, 4 r. 10 et 3 r. 10; chaise, 2 r. 10.

Ck>vR8B8 DB ruEVA.ux (cKàuiH): do juin au 15 août, 3 fois par sem., sur le champ de courses près de la chaussée Kolomiagsky (p. 168); puia.

Curiosités. ST-PÉTERSBOURG. ///. «. U. 81

de mai à juin, à Tsarskoïë-Sélo (p. 161); — cour$t$ au trot (6«ra), sur la place Séménov (pi. F 07), en automne et en hiver; entrée dea tribunea en faee de la Kikolaïevskaïa. — Pativaob (Rardn, glisaolre): au Jardin Iou880upovJ(pl. EF7;p. 135); anr la Fontanka, près dn pont Séménovsky (pi. F 6); à rextrémite E. de la Baaaéinaïa (pi. 6 H 6), avec dea tuontaçneê ru$$ei^ etc.

Dea DIVBBTI88BMBMTS POPULAIRES (HapÔAHuii ryjiiHba) aont organises tous les dim. et jours de fête par la société de tempérance (ropoxcaiSe nonevBTejbCTBO o napdARoft TpésBOCTB): théâtre Nicolas II (p. 80), an pare Alexandre (p. 150); puis, au pare Petrovsky (pi. D3-4)', au jardin de Tauride (pi. H 4); à lékathérinehof (pi. G8)-, à la place Séménov (pi. FG7). Bons théâtres et spectacles divers.

vn. Jour* et henree d'ouvertore des nuuém, ete.

Dans les musées, etc., il nVst pas permis de garder son ehapeau; il aut donc le laisser au vestiaire. — Les collections sont fermées aux grandes fêtes.

Académie des Beaux- ArU (p. 145), tous les jours, sauf le lundi, de 10 h. à 4 h. (3 h. en hiver), gratuitement; fermée en juillet (ancien style). — ExpoêitionSy voir les journaux.

Académie des Sciences (p. 144). — Bibliothèque^ dans la sem. de 11 h. à 3 h. ; fermée du 1®^ juin au 15 août (ancien style). Musée ethnographique^ du 15 sept, au 15 mai, les lundi, vendr. et dim. de 11 h. à 3 h. — Musé* asiatique: tous les jours, 'sauf les sam., dim. et fêtes, de 10 h. à midi; fermé durant les vacances. — Musée eooloçiquêy v. p. 82.

Arsenal (p. 153), seulement 'avec ^^rautorisation du département de Tartillerie.

Bibliothèque Impériale publique (p. 138). La salle de lecture est ouverte tous les jours, à l'exception de la semaine sainte, des trois jours de Pâques, du i^^ au 3 juillet et du 24 déc. au l^^^'panv., dans la sem. de 10 h. à 9 h., les dimanches et fêtes ordinaires de midi à 4 h. (3 h. en hiver). On n*a pas besoin de permission spéciale pour cette salle. On ne peut entrer dans les salles intérieures de la bibliothèque ni y travailler, y consulter les manuscrits , les incunables , les gravures, etc. , sans une autorisation écrite du directeur. — La visite de la bibliothèque a lieu le mardi et le dimanche, les jours de grandes fêtes exceptés, aous la conduite d'un conservateur. Les visiteurs se réunissent à 1 h. dans la salle de réception. Les explications ne sont euère données qu'en russe.

Écuries impériales (p. 131), visibles seulement avec une autorisation spéciale du 1^^^ sept, au 1^' mai, t. l. jours, de 1 h. à 4 h.

Ermitage (p. 97) , tous les jours , excepté le vendredi et aux grandes fêtes, de 11 h. à 4 h., 3 h. en hiver. Vacances en juillet et en août (ancien style) ; mais les étrangers y sont encore admis tous les jours, sauf le dim., de 11 h. à 3 h. , sur présentation^ de leurs passeports. Le suisse vend des catalogues.

: ' Exposition des beaux -arts (HiinepâTopCKoe 66ntecTBo noonipéalA xyxôxiecTWh)^ Bolchaïa Korskaïa, 38, tous les jours , de 10 h. à 4 h. ou 3 h. Entrée, 30 k.

Galerie Séménov (p. 147), obligeamment ouverte t. 1. jours sur demande.

Galerie Stroganov (p. IStè), ouverte les mardi et jeudi, de 11 h. 4 3 h.

Jardin botanique impérial (p. 151), tous les jours, de 7 h. du matin jusqu'au soir. On visite les serres de' 10 h. du mat. à 7 h. du s. en été; et de midi à la nuit tombante en hiver. — Musée^ lesjmardi et vendr. de 1 h. à 3 h. \ pibliothèque et herbier^ dans][la~sem., de midi à 3 h.

Monnaies], hôtel impér. des (p. 150), de janv. à juin, puis en déc. , le merer. de midi à 2 h. ; il faut dea cartea qu*on délivre k la chancellerie.

Musée agricole (p. 138), public toua les jours sauf le sam., de 11 h. à 3 h., et le dim., de midi à 3 h. Fermé en été, mais les étrangers y sont admis en 's'adres8ant( au bureau du musée, Fontanka, 10.

Musée' d'artillerie (p. 150), les •lundi, mercr. et^vendr. de.ll h. a 3 h. ^ fermé aux fêtes. • g

Bttdeker. ] La Russie. 3« édit.

82 111. R. 14. ST-PÉTERSBOURG. CuHçsites.

if usée de la Société de sauvetage des naufragés (p. 136), de la mi-no v. à mfti, les dim. de 1 h. à 3 h. gratuitemeat ; les autres jours, s^adresser au directeur: le eolonel A. Boïarsky-

Musée de V Institut Technologique (p. 140), en hiver les mardi, de 11 h. à 3 h.

Musée de la marine (p. 87), les mardi et jeudi, de 11 h. à 3 h., le dim. de midi à 3 h., gratuitement ^ entrée par la grande porte du milieu, sur la place de TAmirauté.

Musée de' minéralogie^ à Tlnsiitut des Mines (p. 148), les mardi, jeudi et sam., de 10 h. à 3 h., les dim. de midi à 3 h., gratuitement; fermé aux fêtes \ les autres jours , visite aux mêmes heures , en s'adressant au conservateur.

Musée des arts et métiers du baron Stieglitz (p. 138), t. 1. jours, de 10 h. à 3 h. ^ gratuitement.

Musée impér. des voitures (p. 130), les mardi, jeudi et sam., de 11 h. à 3 h.

Musée pédagogique (p. 138), tous les jours, excepté aux grandes fêtes, de midi à 3 h.

Musée Romantchenko (p. 90), obligeamment ouvert aux étrangers qui en font la demande.

Musée national de V empereur Alexandre l/I (p. 132), t. 1. jours sauf le lundi, de 10 h. à 5 h. (3 ou 4 en hiver); gratuitement.

Musée toologique (p. 144); les mardi, mercr., sam. et dim., de 11 h. à 3 b. (10 à 2 du 15 oet. au 1®' févr.); mardi, 1 r. ; mercr. 261c.; sam. et dim. gratuitement; fermé du 19 juillet au i^^ sept.

Palais d* Hiver (p. 91) ; dans la sem. de 11 h. à 3 h. On obtient une carte d'entrée en exhibant son passeport à la chancellerie du chef de police du château (en face de la colonne Alexandre, à g. de rentrée principale). La garde impériale monte t. 1. jours à midi à ce palais.

PouUtova^ grand observatoire Nicolas (p. 164), tous les jours de 1 h. à 3 h., le soir avec une autorisation du directeur.

Société Technique (p. 138), musée ouvert les dim. et fêtes, de 10 h. à 3 h. ; fermé en juin, juillet et août, mais on peut le visiter en s*adressant au directeur.

Verrerie Impériale et manufacture de porcelaine (p. 167), tous les jours, excepté les dim. et fêtes^ de 9 h. à midi et de 2 h. à 6 h. ; le samedi, de

9 h. à 1 h.; d'oet. à fevr., dans la sem., de 10 h. à 2 h., le sam; de

10 b. à midi.

Prineipalea enrioaitéi* Il faut au moins 7 jours pour avoir une idée des principales curiosités de St-Pétersbourg et de ses environs. Les distances étant grandes on épargnera du temps en prenant souvent une voiture. On remarquera {[ue les collections sont ouvertes pour la plupart de 10 h. ou de 11 h. a 3 h.

GouBSB d'oriektation (env. 22 kil. ; 3 à 4 h. en voit.). On donne 2 r. 60 à Tievochtchik (en choisir un ayant un bon cheval) ; il vaut eneore mieux prendre une voit, à 2 ehev., qui coûte env. 3 r. 60 (station à la place de r Amirauté). — On part de TAmirauté (p. 86) et va par la perspective Kevsky (p. 126) à la perspective Liteiny (p. 137); à g. par cette perspective jusqu'au quai Frantsouzskàïa; de là à g. par le pont Troïtsky (p. 149, *vue) et la perspective Kamenno - Ostrovsky à 1 île Kamenny (p. 162); par l'allée centrale de cette ile et le 1^^ pont dlélaghine à l'île d lélaghine (p. 163); là à dr. autour de l'île, en passant à la Pointe (p. 162); par le 2» pont d'Iélaghine à l'île Krestovsky (p. 162), par le jardin du même nom et le pont Krestovsky au quartier de St-Pétersbourg, par la Bolchaïa Zélénina au Bolehoï Prospect, par le pont Toutchkov à l'île Vassily (p. 143), par la 1'^ «ligne» de cette île à la Neva; ensuite le long du fleuve, par le pont Nicolas (p. 90; *vue), et enfin par le quai anglais et celui de l'Amirauté, en passant au jardin du palais d'Hiver à la place de l'Amirauté. — Une promenade en bateau à vapeur (n^ 6, 6, p. (7) sur la Neva est aussi intéressante.

1®' jour: Course d'orientation (v. ci -dessus). — L'après-midi, au couvent de 8t-Alexandre-Nevsky (p. 142). — Vers le soir, en bat. à vap., au jardin d^Arcadie (p. 80). •

La Neva, ST-PÉTERSB0UR6. ///. B. 14. 83

2® jour: Ermitage (p. 80. — L^aprèf-midi et lo foir, à Pavlowtk (p. 164).

Séjour: ccUhédràU de Kaxan (p. 197); musée impér. de» voHureê (p. 83); muêée ncOionail de Vempereur Alexmmdre III (p. 83). — Vert le toir, à Sestroretsk (p. 169).

i^ jour: eathidraU 8t-I$aac et Meensioo de son dômt* (p. 88); monument de Pierre le Grand (p. 87); palais dTHiwer (p. 83); BibUùikèque Impériale (p. 81). — L'après-midi, à TsarsJtoié-Sélo (p. 161).

Séjour: Ermitage (seeonde rifite). — L'après midi, cathédrale St- Pùrre-et-St-Paul (p. 14d); maison de Pierre le Grand (p. 160). — Le soir, jardin xoelogique (p. 150).

6^ jour : Musée de minéralogie^ à rinstitut des Mines (p. 83) ; musée xookigique (p. 62); musée des arU et métiers du baron Meglits (p. 83). — L'après-midi, couvent de Smolng (p. 189). — Le soir. Aquarium (p. 80).

7® jour: Péterhof (p. 153).

St- Péter sbourg (CaHKTi neTep6]rpr&), appelée aussi Dérepi par le peuple, est la seconde capitale de l'empire russe et la première résidence de la cour, ta place de commerce la plus importante des côtes de la Baltique (importation en 1898: 147 millions de roubles; expoi'tation 95 millions de r.), Tun des centres industriels du pays, le siège du g;ouy«mement, du commandement de la garde et du I^*" corps d'armée. Elle est située par 59** 57' de latitude N. et 27* 59^ de longitude £é , à 9 m. environ au - dessus du niveau de la mer, dans une plaine étendue, à Tembouchure de la Neva. La population de la ville, y compris ses faubourgs, était en 1901 de 1490000 hab. (192000, en 1784; 42Ô000, en 1825; 861000, en 1891), dont 2100 Français, 13 300 Allemands et 19Ô0 AngUii.

LaKéva (PtRi Hesa), qui sort du lac Ladoga, près de SehIusselbour| (p. 167), a un eours de 67 kil. de longueur. Sa largeur rarie entre 260 et 650 m. Elle entre à St-Pétersbourg près du couvent de St-AIexandre- Kevsky, et se partage plus loin en trois bras : la Grande Neva, la Petite Neva et la Grande Nevka^ qui passent au 8. et au V. de Tîle dite Vassily- OstrOY et vont se jeter dans le golfe de Finlande. La navigation utilise principalement la Grande Il'ëva. Les inondations ne sont pas rares ^ les vents du S.-O. peuvent surtout faire hausser considérablement les eaux de la Neva. La Neva est gelée- du milieu de novembre au eommeneepient d*avril.

La partie principale de la ville est située sur la rive g. de la Neva; d'autres parties ont été bâties dans les îlss du fleuve. Entre la Grande et la Petite Neva est Vassily-OstroVf Vile Basile (BacHjbeBCKiâ OcTpoBi), longue de 5 verstes et large de 4. La Petite Neva et la Grande Nevka entourent le quartier de St - Pétersbourg (p. 149), île longue de 4 klL Au N. de ce quartier se trouvent les îles Aptékarsky, Kamenny, lélaghine et Krestovsky (nommées brièvement les îles), à VO. l'île Pétrovsky et au S. l'île de la Citadelle.

Pour dessécher les marais au S. de la Neva , Pierre le Grand creusa des oakauz en demi-cercle, venant de la Neva et y retournant : la MoïJka, longue de 4 V., qui entoure, avec la Grande Neva, l'Amirauté (p. 86, 91); -T le canal Catherine (EKaTepHHHHCKiS Kanâji»), long de 5 V.; — la Fontanka, longue de 6 V.; — enfin le Nouveau canal de. ceinture (HéfBO-OôBéAHui KaHàii.), long de 7 V.

84 UL R, 14, ST-PÉTKRSBOURG. Rue$.

St-Pétersbourg comprend 12 quabtiebs (^écTH, tchasti), divisés en 38 arrondissements de police.

Ge« quartiers sont : 1, le quartier de VAmiratêié (p.8&., 91), «ntre la Grande Neva et le eanal de la Moïka^ — 2, le quartier de Katam (p. 134), au 8. du précédent; —3, le quartier de Spa$s (p. 134), entre le eanal Catherine et la Fontanka-, — 4, le quartier de Kotomna (p. 136), à VO. des troia précédents; — 6, le quartier de Narva (p. 140), au S. du quartier de Kolomna; — 6, le quartier de Moscou (p. 14D), entre la Fontanka et le eanal Novo-Obvodny ; — 7 , le quartier Liteinjf (p. 1H7) , à l'E. des quartiers de Spass et de T Amirauté; — 8, le quartier Rojdestveiuk^ (p. 137), à PB. du

auurtier Liteiny; — 9, le quartier de St -Alexandre -Nentkf (p. 140), au 8. e celui de Bojdestvensky; — 10, le quartier Va$*iliev8kjf (p. 143), dans rîle dite Vassily-OstroT ; — H , le quartier de St-Piter$bourç (p. 149) ; — 13, le quartier de Viborç (p. 151), sur la rive dr. de la Grande Neva et de la Nevka.

Le territoire central de la ville embrasse un espace de 80 verstes carrées (env. 91 kil. carr.)f la plus grande longueur comprenant 12 V. et la plus grande largeur, 11 V. Il y a sur la Neva et sur les canaux , 120 ponts. Parmi les ponts de la Neva les ponté NicolcUf Alexandre et Troïtsky sont fixes, tandis que le pont du PcUctii {Dvortsovy) est un;^pont de bateaux.

Les BVBS de St-Pétersbourg / la «ville aux distances magnifiques», sont larges (15 à 30 m.) et droites. On nomme perspectives (npocnéxTU) les rues de^premier ordre, comme celles qui rayonnent de l'Amirauté : perspectives Nevsky et Voznessensky , perspectives Liteiny, Vladlmirsky, etc. On donne le nom à'oulitsy aux rues de deuxième ordre, comme la Gorokhovaïa (appelée à tort rue des Pois [ropôxi] , mais qui doit son nom à un certain comte Uarrach), la Grande^(Bolch iTa) et la Petite (Malaïa) Morskala ou rues de la Mer, la Millionnaîa, la Sadovaîa ou rue des Jardins , la Kazanskala , la Koniouchennaïa ou rue des Ecuries, TOffitserskaïa, etc. Les p^r^oiUki (rues traversières) sont les rues de troisième ordre. Dans rtle Vassily deux lignes forment une rue; à dr. de la Neva, est la ligne aux numéros pairs et à g. celle aux n^^ impairs. — Les principales artères, comme la perspective Nevsky et la Grande Morskala, etc. , ont de larges travées de bois et d'aspbalte. Les autres rues sont souvent pavées de. cailloux; aussi ce pavé est-il incommode aux piétons et plus encore aux voyageurs qu'un izvochtchik entraîne au galop. — Il y a à St-Pétersbourg 50 places publiques, dont quelques-unes pourraient contenir 60 à 100000 hommes.

St-Pétersbourg a tout à fait l'apparence d'une grande ville moderne. La ville est surtout belle, vue de la Neva. Sauf les édifices impériaux et les nombreux bâtiments publics, les maisons des rues où se concentrent le commerce et la circulation sont en général des constructions neuves un peu uniformes , qui n'attirent l'attention de l'étranger que parce qu'elles sont peintes en couleurs voyantes. De nombreuses églises rompent du reste la monotonie. Presque toutes les constructions ont dû être faites sur pilotis , à cause de la nature marécageuse du sol. — Le centre de St-Pétersbourg est fonné par la perspective Nevsky, de la Fontanka jusqu'au jardin Alexandre^

aimaL ST-PÉTERSBOURG. IIL H, U. 86

ainsi que par les rues voisines. Il y a beaucoup de promeneurs sur les quais de la Neva an printemps et dans la BolchaTa Morskaîa (surtout de 2 b. à 4 h.) eu biver.

L*animation des rvbs ne peut pas se comparer à celle des autres grands centres earopéens, sauf les dim. et joars de fite où la circulation est un peu plus active. Parmi les nombreuses Toitures qui se croisent avec rapidité, on remarque surtout les équipages de la cour, reeonnaissables à Ift livrée écarlate des domestiques, puis ceux de Taristocratie et de la finance. Le dixième à peu près de la population mâle de 8t-Pétersbourg porte uniforme, depuis les plus hauts fonctionnaires- civils jusqu'aux employés subalternes, sans compter les nombreux militaires, les étudiants, les collégiens et beaucoup d^autres personnes. Les âgures les plus caractéristiques sont celles des raznochtchiks ou colporteurs, qu'on rencontre surtout dans le voisinage du Qostiny-Dvor. Joignex-v, en été, les marchands de glace (morojénoïé) et de kvass (boisson rafraîchissante faite de malt) qui circulent portant sur la tête leurs baquets et leurs cruches de verre. On remarque encore les gargotes ambulantes, où se vendent des «pirojki* (pâtés remplis de chou haché, de rave, de viande et de poisson), diverses purées (surtout de pois «kissèle gorokliovjr» et de framboises «kissèle malinovy*) et des galettes («bliny>). Des cris qu'on entend parfois sont: «khalaty! kbalaty!» (robes de chambre), et «polotuo! polotno1> (toile), cris des fripiers tatares qui achètent de vieux habits. Puis: «tsvety, tsvetotchki* (fleurs); «okouni, iérchi, sighi, lossossina, riba jivaïa» (perches, gremilles, lavarets, saumons, poissons vivants) ; «apelsiny, limony khorochié* (oranges)-, «kloubnika sadovaïa, kloubnika» (fraises de jardin); «klioukva podsniéjnaïa» (canneberges); «zemlianika spiélaia, zemlianika* (fraises). — La nuit, Tattention est attirée par les nombreux «dvorniks» ou portiers (ABÔpHoai), enveloppés de leur •poiouehoubok* ou demi-pelisse, assis devant les portes des maisons. — La police des rues est confiée aux «gorodovoïs» ou sergents de ville.

Parmi les femmes, on remarque les nourriees^ au costume national varié et riche. Les principales couleurs de ce costume sont le rouge clair, pour les filles, et le bleu, pour les garçons. Par-dessus la robe, elles ont ordinairement un surtout richement orné de bouffettes d'argent. Le bonnet (kokochnik), de même couleur que le surtout, ressemble à un diadème chargé de perles et d'ornements d'argent.

Climat et vie à St-Pétbbsboueg. Le climat est froid, bumide et en outre très variable. On évitera surtout de boire de l'eau non bouille, — La moyenne de la température de l'année est de 3*^7 C. U y a de la pluie ou des giboulées de neige pendant 200 jours. Le mois de juillet (17°5 C.) est le plus cbaud et celui de janvier (8^5 C. au-dessous de zéro) le plus froid. Le printemps commence tard; il y a souvent encore de la neige au mois de mai. Il y a de belles journées d'été en juin et en juillet et même en août ; mais parfois la dernière moitié d'août est rude et désagréable. Par contre, septembre et la première moitié d'octobre se distinguent par un temps constant. — En été, les nuits étant claires, on se coucbe généralement tard. Les grands magasins n'ouvrent pas avant 9 h. du matin.

Histoire db St-Pétbrsbourg. — Le pays compris entre le lac Peipus, la Narova et le lac Ladoga, appelé primitivement Ingrie, dépendit d'abord de Kovgorod, puis de Moscou, fut conquis par les Suédois en 1617 et repris en 17(B par Pierre le Grand, qui décida de fonder ici, à l'embouchure de la Neva, 'une nouvelle capitale, «une fenêtre ouverte sur l'Occident». Dès le 16 mai 1703, il posa la première pierre dune nouvelle forteresse, sur les bords du golfe [de Finlande, celle de Pierre-et-Paul.

86 ///. R, 14, ST-PÉTERSBOURG. Quart de VAmir., O.

la eitadelle de la ville. Les premières maisons de la nouvelle eapitale, élevées sur la rive N. de la Neva, furent déjà terminées en 1704, et les travaux furent poursuivis pendant plusieurs années par 40000 hommes de toutes les régions de Tempire fréquemment décimés par les émanations des marais et des eSorts surhumains. Le tsar .construisit en 1703 sa première habitation, non loin de la cathédrale de la Trinité (p. 150), puis, en 1711, ce qu'on appelle le palais d'Eté,- dans le jardin d'Eté (p. 96). Plus tard, il se bâtit un palais d'Hiver, sur l'emplacement de l'Ermitage actuel, avec façade principale sur la Iféva: cest là que Pierre mourut en 1725 (28 janv./7 févr.) et Catherine I^e en 1727. Les Suédois assiégèrent de nouveau la ville en 1708, mais sans résultat. La défaite de Poltava (1709) consomma leur échec et fit disparaître tout danger de leur côté. La ville fut solennellement élevée en 1712 au rang de résidence de la cour. Pierre le Grand voulut enfin donner à la ville la consécration d'un sanctuaire national, et il y fit apporter en 1724 les ossements de St Alexandre Nevsky. Une église s'éleva sur le tombeau du saint, ainsi qu'une Utffra (laure), ou couvent de premier ordre. La nouvelle capitale comptait déjà 75000 hab. en 1725. — Il est vrai qu'après la mort de Pierre l'essor de St - Pétersbourg s'arrêta; Catherine Ii^* (1725-1727) et Pierre II (1727-1780) favorisèrent Moscou-, mais Anne loannovna (1730-1740) résida à St-Pétersbourg, qui s'accrût rapidement sous son règne et sous celui d'Elisabeth Pétrovna (1741-1761). Anne fit construire la tour de l'Amirauté avec sa flèche dorée et commença le palais d'Hiver. Elisabeth fit achever le palais Anitchkov. La plupart des édifices publics, et les plus beaux d'entre eux, datent du gouvernement de Catherine II (1763-1796), entre autres: l'Académie des Beaux -Arts, les palais de Marbre et de Tauride. C'est aussi sous son règne qu'on acheva le palais d'Hiver et qu'on érigea la statue

la cathédrale St-Isaae et construsit la Bourse et le nouveau palais Michel, l^icolas 1^^ donna à l'Ermitage sa forme actuelle.

A. Quartier de l'Amirauté, côté ouest.

f Amirauté. Statue équestre de Pierre le Grand. Cathédrale St-Jeaao. [^^ Bateaux à vapeur sur la Moïka, v. p. 77.

L'*Amirauté (PaâsHoe ÀAMHpaiTéftcTBO ; pi. 11, E 5) est située au centre de la ville, sur la rive gauche de la Neva. Elle est limitée à l'Est par la place Dvortsovy ou place du Palais (p. 91j, au Sud par le jardin Alexandre et à TOuest par la place Pierre ou du Sénat (p. 87). Ses bâtiments forment un rectangle , long de 420 m. et large de 180 m. , limité vers la Neva par de nouvelles constructions, de sorte qu'on ne voit plus que les petits côtés des ailes de. cette partie. Ces nouvelles constructions sont: le théâtre Panaïevsky, l'anc. théâtre Farce (n°4; p. 80), le palais du grandduc Mikhaïl Mikhaïlovitch (n° 8) et la banque agricole de la noblesse (n*** 12-14). — Le méridien de St-Pétersbourg passe par la cour de TAmirauté.

Pierre le Grand fonda l'Amirauté le 1 ' octobre 1706. En 1727 les constructions en bois furent remplacées par des bâtiments en pierre. La tour de l'Amirauté fut construite de 1734 à 1735, par les ordres de l'impératrice Anne. Le dorage de la flèche coûta 5081 ducats. Alexandre I®** nt restaurer la façade et l'orna de statues de marbre et de bas-reliefs.

L'ensemble de l'édifice produit une impression agréable, malgré SCS grandes dimensions. La façade , d'un jaune clair , donnant sur

w*«iBUJ('

Quart, de VAmir^O. ST-PÉTEKSBOURG. III, R, ié, 87

le jardin Alexandre, est entrecoupée de colonnades blanches; Tentablement est orné de bas-reliefs, entre autres des Anges présentant le drapeau impérial à la Neva et Pierre le Grand recevant le trident des mains de Neptune. De chaque côté de Feutrée, trois figures de femmes portant le Giobe. Au-dessus de l'entrée, la tour de l'Amirauté , haute de 70 m. , ornée de 28 colonnes et d'autant de statues, avec une flèche dorée très aiguë et terminée par une couronne et un navire comme girouette. On a de ses galeries une très belle vue de la ville et des environs. L'intérieur de l'Amirauté comprend le ministère de la marine, une bibliothèque de plus de 30000 voL (visible sur demande) et *

le ^ musée de la marine (MopciôM Hyséfi; entrée, v. p. 82;

directeur: le colonel N.-L. Boubnov).

Du vestiaire du musée on passe, à g., par quelques salles, dans eelle de Pierre le Grand, où sont des souvenirs de lui: le fauteuil, où il siégeait dans les séances du tribunal de marine, le modèle de sa maisonnette à Zaandam, un modèle d^un petit vaisseau de guerre fait par lui, sa blouse d'' ouvrier, etc. Dans d^autres salles : des modèles de vaisseaux de guerre russes, des uniformes, entre autres celui de Catherine II, des télescopes, des machines, un modèle d'un vaisseau de guerre suédois (de Sveaborg), des tableaux. Dans la chambre des héros : des portraits d'officiers et de soldats qui se sont distingués au champ d'honneur.

Vexpçsition de Jhurij organisée chaque année au printemps, a lieu habituellement dans les bâtiments de rAmirauté.

Au S. de l'Amirauté, le beau jardin Alexandre (AiexcâH- ApOBCKiS caAi; pi. E5). Il renferme un joli jet d'eau, non loin de la Gorokbovaïa, et plusieurs bustes: à TE. ceux des poètes Choukovsky (pi. II, Chou.; 1783-1852), érigé en 1887; Lermontov (pi. H, Le.; 1814-1841); du compositeur Qlinka (pi. II, Gl.; 1804- 1857), et à rO., de Oogol (pi. II, Go.; 1809-ia')2); ainsi que celui de Prjevalsky (pi. II, Pr.; m. 1888), explorateur en Asie, érigé en 1892, d'après Bilderling (au pied du haut socle de pierre, un chameau agenouillé).

Al'O. de l'Amirauté, dans le square de lapLACBPnsjiBE (IleTpÔB- CKaii niômaAb) , en face du Sénat (p. 88) et non loin de la Neva, est le célèbre ^monument de Pierre le Grand (IlâHaTHMn» lierp^f 1 ; pi. II, E5; V. p. 131). L'empereur pousse son cheval sur un rocher, regarde la Neva et étend la main droite vers le théâtre de ses actions, la ville qu'il a créée. Le cheval repose sur ses pieds de derrière et sur la queue, et il foule aux pieds un serpent. La statue a 5 m. de haut. C'est le sculpteur français FcUconet (1716-1791), qui en a fait le modèle et qui l'a fondue. Elle fut terminée en 1775. La tête fut modelée par Marie Collot, qu'épousa le fils de Falconet. L'énorme bloc de granit qui forme le piédestal a été amené de Lakhta, village de Carélie à 12 V. de 8t-Pétersbourg ; il a 14 m. de long, 6 de large et 5 de haut. D'un côté la flère inscription russe: Ilerpy népsoiiy ExaTepMHa Bropéa, 1782, et de l'autre la traduction latine: «Petro Primo Catharina Secunda MDCCLXXXII». Ce monument, qui * coûté 425000 r., fut inauguré le 7 août 1782.

88 IlL K. 14. ST-PÉTERSBOURG. Quartier de

Tout le côté 0. de la place Pierre, entre le quai Anglais (p. 90) et le boulevard de la Garde-à-Cheval (v. ci-dessous), est occupé par le Sénat (IIpasHTeibCTsyiomift ceHârB; pi. 265, £5; p. xxx), grand édifice d'un style sévère, construit de 1829 à 1833 sur les plans de Rossi, et le St-Synode (IIpaBHTejbCTByiomift CBATiSniiS chhôai; pi. 267, E5; p. xLvi). Ces deux édifices sont réunis par une arcade élevée et ornée de sculptures, au-dessus de la Galernaïa ou rue des Galères.

Le large boulevard de la Gabde -à- Cheval {Konno-Gvardeisky Boulvar ; pi. E4-5), avec ses allées plantées d'arbres, s'étend à rO. jusqu'à la rue de l'Annonciation ( Blagoviéchtchenskaîa ; ip. 90). Au S. de ce boulevard est le manège de la garde à cheval ou manège Nicolas^ construit en 1830. A l'extrémité E. s'élèvent deux petites colonnes de la Victoire.

Au S.-O. du jardin Alexandre (p. 87) est la place St-Isaac (pi. E 5), bornée à l'E. par le ministère de la guerre (BoéHHoe Mh- HHCTépcTBO ; pi. 215) , 'un grar>d]]édifice triangulaire. Au milieu de la place s'élève

la ^cathédrale St-Isaao ou St-Isaac-le-Dalmate (coôôpiHcaàKia i(ajHâTCKaro ; pi. 57 , E Ô) , la plus grande et la plus magnifique église de St-Pétersbourg. Elle a"* été construite de 1819 à 1858 sur l'emplacement d'une anc. église. Les plans avaient été dressés par l'architecte français Ricard de Monferrand. Les dépenses se sont élevées, en ylcomprenant celles de l'ornementation intérieure, à plus de 23 millions de roubles; les restaurations ultérieures ont demandé déjà plus de 2 millions de roubles.

L'édifice^ est entièrement bâti en granit et en marbre, avec une magnificence qui tient de la prodigalité. Il a la forme d'une croix grecqxie,^longue de 111 m. 40 et large de 96 m., surmontée d'un grand dôme doréyqui se voit de très loin. Dé larges perrons de granit conduisent aux entrées. Au N. et au S., les entrées principales forment de magnifiques portiques, sur le modèle du Panthéon de Rome, chacun avec seize colonnes monolithes énormes, sur trois rangs de profondeur, b autes de 16 m. 40 et de plus de 2 m. d'épaisseur, en granit rouge^'et jpoli de Finlande, avec des bases et des chapiteaux de bronze. Les côtés E. etO., qui sont plus étroits, ont des portiques plus petits, chacun de huit colonnes. Sur ces colonnes reposent d'énormes frontons, ceux des côtés principaux de 34 m. de longueur, et les tympans de ces frontons sont décorés de quatre bas-reliefs en bronze, de dimensions colossales, représentant: à l'E. St-Isaac annonçant sa mort prochaine à l'empereur Valentinien, au N. la résurrection du Christ , tous deux par Lemaire ; au S. l'adoration des Mages, à l'O. la rencontre de St-Isaac avec l'empereur Théodose, ces deux par Vitali (les têtes du dernier^^bas - relief sont des portraits d'Alexandre 1*', etc.). Au-dessus, les statues des Evangélistes et des Apôtres j sur le toit, aux angleâ, des statues d'anges, par Vitali. Le dôme principal, de 26 m. 60 de diamètre, repose sur un tambour entouré de 24 colonnes revêtues de granit, hautes chacune d©

V Amirauté, (me$t. ST-PÉTERSBOURG. ///. R. 14. 89

13 m. Il est sunnonté d'une lanterne, haute de 12'm. 40/ avec huit colonnes, et une croix, haute de Ô m. 80, couronne le tout. Ce dôme est doré. 11 s'élève à 82 m. au-dessus du sol (St-P terre de Rome, 123m.; Panthéon de Paris, 83). L'édifice entier, de la base au sommet de la croix, a 101 m. 70 de hauteur. Le dôme principal est flanqué de quatre autres plus petits, également dorés.

IvrisiBUR (réglisê se ferme vers 6 h. du soir). -* Quatre portes colossales en bronze, richement ornées de sculptures par Vitali et d^autres artistes, donnent accès dans Tintérieur, faiblement éclairé par les douze fenêtres de la coupole et quelques fenêtres latérales. Il rappelle, par son ordonnance, St-Pierre de Rome; mais Teffet qu'il produit est bien moindre, parce que les dimensions nV sont pas suffisamment proportionnées à la grosseur des piliers. Les murs sont revêtus des marbres les plus magnifiques, réunis avec goût. Il y a en outre de nombreux tableaux (près de 300), dus à des artistes russes. Les peintures colossales de la grande coupole, représentant la Vierge entourée de saints, des apûtres et des évangélistes , ont été commencées par Brullor et terminées par Bcuiin. Elles sont mal éclairées. Sous les fenêtres de cette coupole sont des figures d*anges gigantesques, en bronze doré.

L^iconosiase y large de 68m, est en marbre^ elle est très richement dorée et ornée de 33 grandes images de saints, en mosaïque, sur trois rangs. La porte principale du sanctuaire, dite «porte sacrée», est une œuvre magnifique de Vitali, en bronze, haute de 7 m. sur â m. de large. II y a sur les côtés 10 demi-colonnes, deux en lapis- lazuli, de 4 m. BO de haut sur 1 m. 60 de diamètre, et huit en malachite, de 9 m. sur Om. 75, avec bases et chapiteaux richement dorés. Ces colonnes ne sont pas massives , mais consistent en cylindres de fer revêtus de lapis*lazuli et de malachite. — Le sanctuaire renferme un maître -autel de marbre blanc, dont le tabernacle est une reproduction en argent doré de la cathédrale. Au-dessus est un vitrail aux couleurs magnifiques, fait à Munich, et représentant la Résurrection du Christ. Devant, le siège en marbre du métropolite.

A Texception de sept candélabres énormes, qui sont en bronze, les objets qui servent au culte, dons de membres. dé la famille impériale, sont en or ou en argent. Les objets en argent pèsent plus de 1100 kilogr. Ils sont d'un travail très artistique, en rapport avec leur valeur matérielle. II y a entre autres quinze grands candélabres en argent, un évangéliaire magnifique, dont la couverture seule renferme 20 kilogr. d'or, et dans Tangle S.-O. de l'église, un St-Sépulcre en argent, en partie doré.

Le dôme ofl're une *vue magnifique sur la ville et la Neva; ou y monte par un escalier de 562 marches. On paie 20 k. et Ton donne un petit pourb. au gardien dans Tescalier.

Au S. de la cathédrale est situé le jardin St-Iaaac. — Au delà de ce square, sur H place Marie, s'élève le monument de Nicolas I^*^ (naHflTHHKi HHKOiàio 1; pi. II, £ 6) , érigé en 18Ô9 , sur les plans de Monferrand. La statue équestre, haute de 5 m. 70, est de Klodt, L'empereur, revêtu de l'uniforme de ses chevaliers - gardes , est représenté sur un cheval fougueux et qui se cabre. Le haut piédestal du monument, de forme ovale, est en granit et en marbre, avec des trophées de bronze et quatre bas-reliefs représentant des épisodes de la vie de l'empereur. Aux angles , la Justice , la Force, la Sagesse et la Foi , portraits de la femme et des trois filles de l'empereur. Le monument est entouré d'une grille; un des grenadiers du château monte la garde.

Au S. du monument, de l'autre côté du pont Bleu (Siny), au coin de la perspective Voznessensky, le palais du Conseil de 1 Empire,

90 III, R. 14. ST-PÉTERSBOURG. Quart, de l'Am.,(me8t.

ancien palais Marie (pi. 248, E 6), du style italien , qui fut construit par l'empereur Nicolas pour sa fille aînée Marie , ^duchesse de Leuchtenberg, et pour son mari.

Nous tournons à TO. du monument de Nicolas dans'la Grande MoBSKAÏA {Bolchaïa Morskaïa; pi. II, EF6-5). A dr., n** 41, est V Ambassade d'Allemagne (pi. II, Ë 6) ; plus loin , à g. , Véglise reformée ( Pe*opMâTCKaji uépKOBi»', pi. II, E6), bâtie de 1863 à 1865, par les réformés allemands.

Au N. do l'église commence le Potchtamtsky Péréoulok , où se trouvent, à dr. , V administration centrale de la poste et des télégraphes (FiâBHoe YnpaBiéHie IXonn» h Teierpâ^OBi) ; à g. , n" 9, la grande poste (FiâBEuft noiTàifTi; pi. II, E6; p. 77). Derrière la poste, dans la Potchtamtskaïa, n° 15, le bureau central des télégraphes (pi. II, E6; p. 84).

Au milieu de la rue parallèle, Ua Kovo-Isaakiévskaïa, Véglise américaine des^diêsidents (pi. II, 91a, £6). Dans la même rue, u^ 22, la collection de M. N. Bamantchenko ^ comprenant des antiquités préhistoriques, des monnaies russes, des objets trouvés à Kertcb, à Olbia, etc. (plus de lOOOO nos). Entrée, v. p. 82.

Le Potchtamtsky Péréoulok aboutit au N. au boulevard de la Gardeà-Cheval, où se trouvent, à dr. le manège (p. 88), à g. les longues écuries et les casernes de la garde à cheval. A l'extrémité 0. du boulevard, aussi à g., sur une place, près de la rue de l'Annonciation (Blagoméchtchenskaïa)^ Téglise de PAnnonciation (uépKOBi» Biaro- B^uteHifl IIpecBflTÛfl BoropÔAHuiii; pi. II, DE 6), en forme do croix grecque, avec une tour dorée à l'intersection do la nef et du transept. Il y a aussi quatre dômes latéraux dorés. Au N. de l'église, l'ancien palais du grand-duc Nicolas Nicolaïevitch (m. 1891), bâti en 1862, par Stakenschneider. Il a été transformé en 1895 en un Institut de la grande-duchesse Xénia (KcéHbHHCKiS HHCTHTyTi; pl* II) DE 6), ou pensionnat de demoiselles nobles.

Nous suivons la rue de rAnnonciatiou (Blaifoviéchtchenskata) jusqu'à la Neva {pont Nicolas^ v. ci-dessous). Nous arrivons ainsi au beau quai Anglais {Angliiskaïa Nabérejnaïa), où se voit, à g. en aval, au n» 56, Véglise anglicane (uépKOBb AHniiicKaa; pi. II, D6; p. 79), édifice simple avec six colonnes à la façade et une statue du Christ au sommet du tympan. — Plus loin, à l'entrée de la rue des Galères, la Nouvelle Amirauté (HÔBoe AAHHpaaTé8cTBO ; pi. 12, D 6), bâtie sous Nicolas I®', avec des docks et des chantiers de construction. Des vaisseaux de guerre y ont aussi leur station. — A dr., n° 32, au-dessus du pont Nicolas, l'anc. Académie Nicolas ou de V Etat- Major (HHKOiàeBCKaji Axa^éififl FeHepâjbHaro IIlTâôa ; pi. 7, D 5-6), avec le musée Souvorov, où se voient des souvenirs du feld- maréchal, etc. (visible seulement sur demande). L'entrée principale est dans la rue des Galères. Pour le nouveau bâtiment de cette Académie, v. p. 139.

Le "^ont Nieolaa (HHKOjâeBCKiii mocti; pi. D5; vue) conduit du quai Anglais dans l'île Vassily (p. 143). Il a été construit en 1851

Quart de l'Am., est. ST-PÉTERSBOURG. ///. R. 14, 91

par l'ingénieur-général Kerbedz. Il est en granit et en f^r et il repose sur sept piles. La grille est en fonte. Il est éclairé par vingtdeux grands candélabres. Il y a un passage pour les navires à Tex trémité N. (ouvert le matin de 6 h. '/4 i 7 h. V4 ®^ ^^ i^^^^ de i h. à 3 h.). Un peu en deçà du passage se voit une jolie petite chapelle de marbre, dédiée à St-Nicolas, avec Timage du saint en mosaïque, d'après un original à Bari.

B. Quartier de rAmiranté, e6t6 est.

Palais d'Hiver. Jardin d*Xté.

Bateaux à vapeur sur la Moïka, v. p. 77.

A TE. de TAmlrauté (p. 86) est la place du Palais ou place Dvortsovy (pi. F 5), bornée au Nord par le palais d'Hiver (v. cidessous), au Sud et à l'Est par le grand Etat-Major (p. 95) formant une vaste courbe. Au milieu de la place, la ^colonne d'Alexandre (AjieKcâHApoBCKafi KOiÔHHa ; pi. 224 , F ô) , élevée en 1834 à la mémoire d'Alexandre I®', par l'empereur Nicolas I*^, sur les plans de Monferrand. Cette colonne énorme, le plus grand monolithe de notre époque, en granit rose de Finlande, soigneusement poli , a 30 m. de hauteur sur 4 de diamètre. Elle a un socle en granit, d'un seul bloc haut de 8 m. et un chapiteau en bronze de 4 m. Au sommet est un ange de 4 m. de haut, d'après Orlovsky ; il est debout sur un globe, tient de la main gauche une croix de 6 m., montre le ciel de la main droite et foule aux pieds un serpent. Tout le monument mesure 46m. 80 de hauteur. Inscription: «AjeKcâHApy népBOHy BiaroA^pHafl Poccih» (à Alexandre I , la Russie reconnaissante).

Le *palai8 d'Hiyer (BâMaiS ABopéui; pi. 247, EF5; entrée, V. p. 82) , résidence de la cour impériale pendant l'hiver, forme un vaste rectangle, long de 152 m. et large de 117, tourné au N.-O. vers la Neva, à l'endroit où elle atteint sa plus grande largeur; au S.-E. vers la place du Palais, au S.-O. vers l'Amirauté. La hauteur de ce palais (28m.) n'est pas proportionnée à sa grandeur; il a de plus un soubassement très bas, et il est du style baroque , surchargé d'ornements, de statues, etc. Mais la couleur jaune-brun des murs forme un joli contraste avec le toit qui est en fer et de couleur rouge. Du côté 0. du palais s'étend le jardin, créé sous Nicolas II et entouré

d'une superbe grille en fer forgé, ouvrage d'Engelson de Riga.

A la place du palais d^Hiver s^ëlevait, au temps de Pierre le Grand, une maison du grand-amiral Apraxine. L'impératrice Anne la fit démolir en 1732, pour la remplacer par un grand château sur les^ plans de Reutrelli. Les travaux furent interrompus après sa mort, mais repris en 1754 par Elisabeth et terminés en 1764, sous le règne de Catherine II. Une grande partie du palais d'Hiver devint le 17 déc. 1837 la proie des flammes. Mais il était déjà reconstruit au commencement de 1839.

Les entrées principales se trouvent sur le quai du Palais (Dvortsovaïa Nabérejnaïa; entre'e Jordan) et sur la place du Palais (Dvor-

92 IIL R. 14, ST-PÉTERSBOURG. QuartUr de

tdovy-P.). De- Tentrée Jordan, sur le quai, on monte par un magnifique escalier en marbre de Carrare , Tescalieb de Pabadb ou des Ambassadeurs (p. 93), aux grands appartements. Le vestibule, en stuc et dans le style de la Renaissance, est orné de statues. Il y a dans le bas une belle galerie avec des bustes et des groupes de marbre, par Falconet, Pigalle, etc. — Nous donnons ci-dessous la description des appartements dans Tordre où on les montre. Entrée sur le quai du Palais par la porte de TËrmltage.

On entre d'abord dans les Nouvelles Salles (hôbua KÔMBaru) du grand ou Vieil Ermitage^ destinées par Catherine II à la réception d'hôtes princiers et tournées du côté de la Neva. Elles sont

décorées de tableaux par H. Robert, Yalentin, Bassano, P. deVos, etc.

Les salles, magnifiquement meublées, ont conservé leur ancienne déeoration. Il y a de belles portes à marqueterie. Salle I : vieux meubles en mosaïque, ouvrages florentins. Quatre vases en agate rose. — On passe par le cabinet II dans la salle III, où se voient une armoire florentine en «pietra dura> et une table en mosaïque de pierres rares de Sibérie. — Traversant les deux salles IV et V, on entre dans la salle VI, qui est en hémicycle et ornée de tableaux par Batsano et Maratta. — Par le boudoir (VII), donnant sur la cour, on passe dans la chambre à coucher (VIII), tendue de soie bleue. Au-dessus de la porte, J.-B. Vanloo^ Dames turques. Salle de bain (IX): plafond de J.-B. VanloOy génies rendant hommage à Vénus. — On revient par le boudoir et une salle eontiguë (X) dans le grand salon (XI). Il a huit colonnes de marbre noir veiné de blanc, reposant sur de hautes bases de marbre brun, avec feuillage en bronze doré. Deux cheminées encadrées de colonnes en jaspe rubané, les manteaux en marbre blanc, avec ornements en lapislazuli. Plafonds de Técole vénitienne. Armoires en mosaïque florentine. Portes de Boule. — Salle XII, décorée de tableaux de Vo»^ BloerHy d* Bondeeoeter. — Salle XIII (au coin): SnyderSy Nature morte. Tables en mosaïque italienne.

On retraverse ces salles pour entrer dans le Premier Ermitage de Catherine II.

Au pavillon , où il y a quatre jets d'eau, une belle mosaïque mythologique, et deux grands portraits (l'impératrice Maric-Féodorovna, par Mme Lebrun, et Catherine II, par Lampi) se rattache à g. le jardin d'hiver, avec des statues de marbre. Ensuite, la OALEBiE RoMANOv, avec des portraits de princes de la dynastie de ce nom, depuis le patriarche Philarète Nikitich, père du tsar Michel.

A remarquer: Sophie Alexéievna, en régente. — Pierre le Grand, par K. de Moor^ J.-B. Weenix^ Nattier (V) BelH (copies des tableaux de Kneller à Hampton Court), etc. — Catherine I'^^ en costume d'impératrice, par Nattier. — Elisabeth I^e^ p»r Tocqué. — Catherine II , portant Tuniforme du régiment Préobrajensky par Eriksen'^ autres portraits, par P. Falconet, Chébanov, etc. — Paul Pétrovitch avec sa première femme Katalie de Hesse et la seconde, Marie de Wurtemberg, par Falconet^ Roilin, Borovikovskpy etc. La reine Anne Pavlovna avec son époux Guillaume II des Pays-Bas, par N. de Kapser. Les fils et les filles de Tempereur Kikolas I«r, par Mme Robertson^ etc.

A la sortie, le règlement de TErmitage. donné par Catherine II, et auquel tout visiteur devait se conformer. Chacun devait décliner ses titres et déposer son épée à Tentrée, etc.

Plus loin, la Salle St- Georges (reéprioBCKafl siija), longue de 47 m. sur 20 m. de large, a des colonnes corinthiennes en marbre

VAmi/rcnU/, est, ST-PltTERSBOURG. ///. R, U. 93

blanc et six lustres magnifiques. Le trône s'élève sur le petit côté N.; derrière, les grandes armoiries impériales brodées d'or sur fond de gueules en velours. Dans cette salle se célèbre tous les ans , le 26 nov. / 9 déc, la fête de St-Georges. — Dans Végliu du Château (co66p% Cnâca HepyKOTBÔpHaro éôpasa) se trouvent près de Ticonostase, les reliques, que Paul I^', dernier grand-maître de Tordre de Malte, reçut de l'île de ce nom en 1799; entre autres, une image miraculeuse de la Vierge, attribuée à St-Luc.

Puis la grande salle des Abmoibibs (FepéÔBafl sàja) , avec des colonnes dorées. On y voit aux quatre coins des groupes de guerriers de Tancienne Russie, tenant des insignes où sont représentées les armoiries des gouvernements russes. Au long mur, neuf compartiments où se voient les plats ofTerts à l'empereur Alexandre III avec le sel et le pain.

On entre ensuite dans la salle de Pierre le Oraio) (IleTpÔBcKaji aàja), dont les murs sont tendus de velours rouge semé d'aigles russes en or. Dans une niche entre des colonnes de Jaspe, un tableau à^Amigoni représentant Pierre le Grand conduit par la Gloire, et devant, le trône impérial. Les lustres, les candélabres et les tables sont en argent. C'est dans cette salle que le corps diplomatique porte à l'empereur ses félicitations au nouvel an.

De la salle de Pierre le Grand, on arrive à la eaUe des Feld- Maréchaux (4>eiMiiâpiiiaii»cKafl sàja), qui contient des portraits, de grandeur naturelle, de maréchaux russes qui ont un surnom honorable, ainsi que d'autres tableaux.

Dans la Galerie Pompéienne ou de l'Est (IIoHnéeBCiaa ou boc- TÔHHaii rajepéfl), des tableaux de batailles de la guerre russo-turque de 1877. De cette galerie on passe dans Vantichambre, ornée de plats sur lesquels on a offert à Catherine II le pain et le sel. A dr. de cette salle, l'escalier de parade (p. 92). A g. on voit un second jardin d'Hiver, à dr. la salle Nicolas. L'immense salle Nicolas à 16 fenêtres donnant sur la Neva sert aux grands bals de la cour. On y voit un portrait de l'empereur Nicolas I^ k cheval , peint par Kruger. Aux murs, quatre grandes décorations formées de plats en or. Puis encore une salle de concert, la Salle Arabe (ApâôcKaa KÔHHaTa), d'où l'on va à g dans Vantichambre Pompéienne et à la rotonde, qui renferme des portraits de grandeur naturelle de Nicolas l®', par Bothmann, d'Alexandre I^ et d'Alexandre II par Angeli, et de l'impératrice Alexandra Féodorovna, par Winterhalter.

Le corridor sombre donne sur la rotonde. On voit dans ce corridor des portraits de chevaliers de l'ordre de St- André. A g. du corridor, la salle de la Marine, avec les tableaux à l'huile des batailles de Grenhara (1720) et de Haiigô (1714), par Bogolioubov. — Dans la salle à manger d'Alexandre II, où U y a quelques modèles de vaisseaux, eut lieu en 1880 l'explosion qui mit en danger les jours de l'empereur. — Le corridor sombre conduit dans la Petitb Salle des Feld-Maréohaux, ornée de portraits de gêné-

94 ///. R. 14. ST-PÉTERSBOURG. Quartier de

Taux russes du temps de Nicolas I^*^; le canon est un présent de l'empereur Guillaume 1^*^ à Alexandre II.

Ensuite, les chambres de Timpératrice Marie Alexandrovua, femme d'Alexandre II; puis, trois chambres d'Alexandre II: sa bibliothèque, son cabinet de travail, avec le lit de fer où Temperear mourut, et un salon de réception. ^ On revient par le corridor sombre dans la Salle Dobée (3oiOTàfl sàia), dans le style byzantin. U y a au-dessus de la cheminée une belle mosaïque, représentant les temples de Psestum. Dans un coin, la statue en marbre de Timpératrice Alexandra Féodorovna , par Wichmann. — La salle suivante renferme quelques petits tableaux et une pendule qui n'est remontée qu'une fois l'an.

Vient ensuite la magnifique Salle Blanche (salle à manger), qui renferme de belles statues de marbre. Dans une saillie du côté de la place , des plats en or et dorés , sur lesquels on a offert à Alexandre II le pain et le sel. — Les chambres suivantes sont ornées de tableaux de batailles, par Aïvasovsky, Bogolioubov, P. Hess, Kotzebue, Rechlin, Rosen, Sauerveid, Soukhodolsky et Willewalde. — La Salle des Colonnes^ où Ton passe de la Salle Alexandre, doit son nom à ses colonnes de marbre bigarré; puis, encore des salles de réception d'hôtes princiers. — La oaleeie de 1812 renferme les portraits des princes et de 250 généraux qui se sont distingués en 1812 et dans les guerres suivantes, peints par Dawe ou des membres de sa famille, ainsi que différents drapeaux, entre autres de la Pologne et des grenadiers du palais.

Ce qu'il y a de plus remarquable au palais d'Hiver, c'est la salle des joyaux de la cou/rorvne (ôptUfciHTOBafl KÔMBara), située dans une salle de Fétage supérieur. Pour la visiter, il faut une autorisation du ministre de la cour impériale.

La vitrine du milieu renferme les imigneê de la couronne. Le plus

Srécieuz est le iceptre (cKénerpi), évalué à 2400000 roubles et surmonté u célèbre diamant VOrlov^ pesant 185 earats. Ce diamant formait, dit-on, un des yeux du lion â*or placé devant le trône du Grand Hogol à Delhi, et Tautre œil était le Kohinoor,* maintenant dans le trésor de la couronne d'Angleterre. Cet œil fut volé par un cipaye. Le diamant parvint ensuite entre les mains d^un marchand arménien, Lazarev, à qui le comte Orlov Tacheta à Amsterdam. Il paya, pour Tavoir, 4600u0 roubles, fit au marchand une rente viagère de SiDOO r. et lui procura des lettres de noblesse*, puis il offrit le diamant à Catherine II. — La. couronne impériale ^ de forme byzantine, est magnifique \ commandée par Catherine II à Loubié, joaillier de la cour, elle n a été terminée que pour le couronnement de Paull^i'; on révalue à 1 100000 r. Elle a au sommet une croix formée de cinq diamants superbes et qui repose sur un très gros rubis non taillé. La Croix et le rubis sont eux-mêmes supportés par un cercle d*or où sont enchâssés sept gros diamants. Il y a en outre, des deux côtés de ce cercle, des demi -cercles ornés de 38 grosses perles, qui donnent à la couronne Tapparence d'une mitre et en font le symbole de Tautorité suprême de Tempereur sur Téglise russe. Le cercle qui touche le front de l'empereur est orné de 28 brillants. — La couronne de timpéraWice est également composée des diamants les plus précieux. Le globe impérial est surmonté d'une grande croix en diamants sur un magnifique saphir. Des colliers de diamantSy des diadèmes^ etc., se trouvent encore dans d*autres vitrines. Le diamant du Sehah^ non monté, et de forme longue, pèse

VAmiratUi^, est. ST - PÉTERSBOURG. JJL R, U, 95

8S carats 7/16 ; il a été donné par nn prinee persan et des caractères persans y sont gravés. On remarquera en outre un magnifique rubia rose pile, un ordr* de St- André ^ avec cinq diamants roses et deux bérils on aiguesmarines de Sibérie ^ les colliers en diamants de Tordre de 8t-André« etc.

En face du palais d'Hiver, au S.-E. de la place du Palais (p. 91) s élève l'hôtel de TEtat-Hajor (riéBHufi 01X86*^; pi. II, F ô), dont l'immense façade , comprenant trois étages , avec 76S fenêtres , est coupée par une arcade par où Ton va à la Bolchaîa MorskaTa et à la perspective Nevsky. La porte principale, haute de 22 m. et large de 18, est ornée d'un char du dieu de la guerre traîné par six chevaux, le tout en bronze. Cet édifice, élevé sous Nicolas I^', sur les plans de Rossi, renferme de riches collections de livres et de cartes, une imprimerie, une cartographie, etc. La grande saXle de lecture de la bibliothèque forme une rotonde à colonnes. On y voit le portrait de l'empereur Nicolas l*'^, de grandeur naturelle, parFr. Kriiger, et de nombreux bustes. Les grandes archives contiennent tous les documents relatifs à l'armée russe; les archives secrètes, les rapports des généraux russes à l'empereur et au ministre de la guerre, sur toutes les campagnes de la Russie depuis Pierre le Grand. — Le ministère des finances (pi. 221) et le ministère des affaires étrangères (pi. 219), de même que différents autres bureaux ministériels

sont établis dans le même édifice.

Dans le voisinage, de Tautre côté du pont des Chanteurs (nÎBqecidfi MOCT-b ^ pi. II, F ô), VécoU des Chanteurs de la Cour (npaAB<Spflafl IltBqecKaa KanéjTJia), qui forme des chanteurs pour la ■chapelle* impériale. — Ngn loin, au n*' 12 de la Moïka, la maison où Pouchkine mourut le 29 janv. 1837. Il y a une plaque eommémoratire en marbre (▼. p. 168).

Les deux Ermitages (v.p. 97) touchent à l'E. au palais d'Hiver. Nous passons à l'E. du Nouvel Ermitage , au quai du Palais ou Dvortsovy et sur le pont de l'Ermitage (9pHHTésHu8 mocti), qui traverse le canal d'Hiver à l'endroit où il se jette dans la Neva. A dr. est le théâtre de V Ermitage (pi. II, F 5), bâti par Quarenghi (p. 97) en 1 780, et seulement pour les hôtes de la cour. Derrière le théâtre, la façade tournée vers la Millionnaïa , la caserne du f bataillon du régiment de Préohrajensky (KasâpHU IIpeoôpaxéHCRaro noixâ; pi. II, F5). — Plus loin, n*^ 26, le palais du grand -duc Vladimir Alexandrovitch (pi. II, F 5), bel édifice, construit en 1870, dans le style florentin. Ensuite, n® 18, le palais du grandduc Michel Nicolaïevitch (pi. II, F 4-5) , bâti en 1863 par Stakenschneider, et surchargé d'ornements. Au n®16, le club Anglais (p. 79). — Un peu plus loin, on a devant soi

le palais de Marbre (MpàHopHHii ^Bopéux; pLII, F 4), bâti par

ordre de Catherine II et sur les plans d'Antonio Rinaldi. Il est en

marbre, en granit, en fer et en bronze.

Il forme un long quadrilatère, dont l'un des petits côtés a deux ailes entourant une cour. Ces deui ailes donnent sur la Neva et la Millionnaïa. Les bâtiments de derrière sont séparés du reste de I édiûce par une nielle transversale. La partie antérieure a une seconde co^ir spacieuse, fermée sur les côtés par une grille dorée et limitée sur le devant par le manège du palais, que décorent des bas -reliefs du baron Klodt.

96 ITL R. 14. ST-PÉTERSBÔURG. Quart. dtVAm., est.

Le bas des murs est formé de gros blocs de granit ; lé haut est revêtu de marbre gris et orné de piliers de marbre rougeâtre, de vases et diurnes.

A TE. du palais de Marbre est située la petite place Souvobov (pi. II, F 4). Au milieu s'élève \^ monument de Souvorov, statue en bronze par Kozlovsky. Souvorov porte le costume romain ; il tient de la droite une épëe et de la gauche un bouclier, dont il couvre et protège les couronnes du pape et des rois de Sardaigne et de Naples. .— Pour le pont Troïtsky (pi. II, F 4), du côté du quartier de St- Pétersbourg, v. p. 149.

Au S. du palais de Marbre et jusqu'à la Moïka, s'étend le

vaste Champ-de-Mars (MâpcoBoe nôje; pi. II, F 4-5). Les grandes

revues, surtout la revue de mai, y ont lieu depuis 1818.

A rextrémité £. du quai Dvortsovy, devant le jardin d^Eté, est la principale station des petits bateaux à vapeur qui mènent aux îles (v. p. 77).

Le jardin d'Eté (iftTHift caAi»; pi. F G 4-5) a été créé en 1712 par Pierre le Grand. Il est dans les styles français et hollandais et il forme un long rectangle d'environ 15 hect. de superficie. Il est fermé du côté de la Neva par une belle grille en fer. A l'entrée principale est une chapelle en marbre gris et richement dorée, érigée eu mémoire du jour où l'empereur Alexandre II échappa à la main d'un assassin (Karakosov) le 4/16 avril 1866. Il y a de beaux arbres séculaires, des sculptures, des statues et des vases (presque tous mutilés). — Non loin, à g. de l'entrée, du côté de la Neva, est le palais de Pierre J^^ (ABopém Herpà I ; pi. II, F G 4), construit comme palais d'été par l'empereur en 1711. C'est une maison à deux étages, peinte en gris, avec de nombreux ornements en jaune. On y voit, au rez-dechaussée, une horloge rapportée de Hollande par Pierre, une armoire en noyer et deux cadres faits par l'empereur lui - même ; à l'étage supérieur, un portrait de Pierre le Grand de grandeur naturelle, ainsi que beaucoup de tableaux, la plupart sans valeur (pourb. au gardien, 20 k.). — Plus loin, à g. de l'allée principale, sur la place des Enfants, le monument de Krylov (IlâHflTHHKi KpuiÔBy ; pi. 230, G 4), le fabuliste (1768-1844), statue assise en bronze par'Klodt (1855). Le socle en granit est orné de quatre bas-reliefs en bronze représentant des scènes caractéristiques des fables du poète. — Au S. du jardin se trouve un étang devant lequel se dresse un magnifique vase de porphyre rose, donné en 1839 par Charles XIV (Charles- Jean) , roi de Suède.

En sortant du jardin d'Eté par La grille du S., ou a à g. le pont St'Pantaléon, pont suspendu sur la Fontanka, par où l'on va au musée des arts et métiers et dans les quartiers de l'Est (p. 138). En face, le pont des Ingénieurs traverse la Moïka et mène à l'école des Ingénieurs (ancien palais Michel; p. 131).

Du Champ-de-Mars on revient à la place du Palais (p. 91) par la Millionnaïa (pi. II, F 4, L5). Dans cette rue, à g., au coin de la Tsaritsynskaîa , les casernes du régiment de Pavlovsk (KasâpHU nàBjOBCKaro nojKa) , à dr. l'Ermitage (p. 97) et à g. , en face , les archives de V Empire, édifice bâti de 1883 à 1887.

dt

Kl

|[ IlliiSalLedellarbre::

ERMITAGE (PBE

Ermitage. ST-PÉTERSBOURG. IIL R. 14. 97

Page 1