Le Citoyen, I880, no
lY
La classe capitaliste dans les rangs de laquelle, comme je l'ai dit, passe graduellement une partie de la noblesse, mérite bien autrement l'attention.
Le eé^ime du servage avait beau nuire au développement des forces productives de la Russie, ce développement s'effectuait lentement. En i8oo, un homme qui savait aussi bien sa Rursie que Kochelev, tenait les revenus des gentilshommes et ceux des commerçants pour égaux. L'abolition du servage et la politique gouvernementale qui le suivit ouvrirent de larges horizons à l'activité des entrepreneurs et leur livrèrent à titre de subsides des milliards de roubles.
La classe industrielle crut avec une rapidité incroyable. Les villes grandirent à vue d'oeil. Les habitants des villes (les commerçants, les micchtchanié, les artisans, etc.) qui, en 1858, étaient le 7,25 Vo de toute la population de la Russie, s'élevèrent en 1870 au 9,2 Yo de cette population^ Le capital des sociétés par actions n'était que de 400 millions de francs en 1855 - ; en 1879, il s'élevait déjà à 6600 millions de francs \ Le nombre des personnes s'occupant d'industrie et de