LES MÊMES PERSONNAGES, COLIGNI
COLIGNI
2 Je me présente chez vous , monsieur le duc, pour vous parler avec la franchise que vous me connaissez. Mon intention n'est pas de vous offenser, mais...
(Aux antres personnages, qni veulent se retirer.) Ne VOUS éloignez
pas, Messieurs; je n'ai rien à dire que vous ne puissiez entendre. (Au Duc.) Quoique le traité de Saint- Germain soit signé depuis deux ans, êtes-vous toujours mon ennemi ?
GUISE
Non , monsieur l'Amiral. Je me respecte trop pour nourrir des idées de guerre après avoir juré la paix, après m'être réconcilié avec vous.
COLIGNI
On répand cependant des bruits qui compromettent votre honneur et menacent ma sûreté.
TAVANNBS, bas à Gonzagues.
Aurait-il appris quelque chose ?
GUISE
Un. homme tel que vous devpit mépriser... Mais quels sont ces bruits?
64 LA SÀINT.BÀRTHÉLEMt.
COLIGNI
Des personnes qui se croient initiées à d'affreux mystères, prétendent que vous avez résolu, avec Catherine de Médicis, de profiter de la confiance que nous inspire le Roi pour nous exterminer au milieu des fêtes de la cour.
(H regarde If Duc «veç beaucoup iïmçnÙQTi,)
Si je connaissais les misérables calomniateurs qui osent**.
GUISB à Tavatfnefe
De la modération , monsieur le Maréchal ! Le mé* pris seul doit faire justice de pareilles imputations. (à Coiigni.) Je suis étonné qu'un homme d'honneur comme M. de Coligni ait pu croire un instant à une perfidie si atroce. Seriez^vous capable, Monsieur, de la trahison dont on m'accuse?
COLIGTTI;
Je n'ai jamais versé le sang de mes ennemis que sur le champ de bataille : vous le savez.
€THSE.
Eh bien ! sachez aussi que les Guise sont trop fiers, trop ambitieux de glaire, pour assassiner des hommes qu'il pourrait être glorieux de vaincre.
GONZAGUES
La réponse de monsieur le Duc est la notre. Fi*
dèles sujets du Roi, ses amis nous seront toujours sacrés.
GUISE
Trop long-temps déchirée par des guerres in* testines , la France a besoin de cicatriser ses plaies, et de concentrer ses forces épuisées pour affronter avec gloire les bandes espagnoles. Toute mon ambition est de contribuer avec vous aux succès qui nous attendent (29). Pardonnez-moi cette noble rivalité ; c'est la seule que vous ayez à craindre de ma part.
COLIGNI
Je ne la redoute pas, monsieur le Duc. Remplissons nos devoirs envers le Roi et la France , et laissons faire à la fortune.
GUISE
Bannissez donc dm soupçons iudigues de vous, et injurieux, à la Reine et à moL
TAVANNES
Le crime retombe toujours sur la tête de celui qui le commet.
GOH&AOUS9.
Pour des hommes comme nous, monsieur l'Amiral , la vie n'est rien, l'honneur est tout.
GUISE
Nous sommes et nous serons amis jusqu'à la mort. Mais qui vient nous interrompre ?