SCÈNE XXIX
HENRI DE BOURBON, COLIGNI
HENRI DE BOURBON
Je vous attendais avec impatience, mon cher Coligni. Eh bien , que vous a dit le duc de Guise ?
COLIGNI
Sire, monsieur de Guise...
HENRI DE BOURBON, avec sensibilité.
Appelez-moi votre ami, et laissons là les dénominations d'étiquette pour les jours de cérémonies : je le veux.
coligni.
Ah! que n'êtes-vous mon roi!
HENRI DE BOURBON
Instruisez -moi donc...
^ COLIGNI
Le duc a paru indigné du soupçon qui plane sur sa tçte, et il m'a juré qu'il n'avait d'autre désir aujourd'hui que de marcher avec moi contre les Espagne '
NRl DE BOURBON.
Le sincère ?
CQLIGNI.
S'il ne Test pas, c'est le plus fourbe des hommes, car ses paroles avaient l'accent de la vérité.
Mon ami, les apparences sont quelquefois trompeuses.
coligni.
Je ne puis me persuader...
HENRI DE BOURBON
Sans doute, Coligni ne peut croire à une perfidie; mais, dans le siècle où nous sommes et surtout à la cour de Médicis, tout est possible, excepté la vertu... Avez-vous entendu le murmure désapprobateur de la cour quand nous nous somfnes retirés à l'évêché pendant la cérémonie du mariage (3i)?
COLIGNI
Oui.
HENRI DE BOURBON
Ou je me trompe fort, ou ce murmure est llfl^tcoureur de quelque complot sinistre qui transpire en dépit même des traîtres qui l'ont tramé.
coligni.
Grand Dieu ! que dites-