SCÈNE XXXIII
CATHERINE DE MÉDICIS
Non , monsieur de Guise , non , Médicis ne jploiera pas la tête abus votre joug : je resterai toujours maîtresse des ambitieux dont ma politique aura be-
soin. Si je pouvais balancer aujourd'hui entre les Guise et les princes, s'il m'était possible de détruire le' passé, de revenir sur mes pas... Mais ne précipitons rien. Le roi se décidera peut-être à signer l'arrêt de proscription, et alors malheur à M. de Guise s'il ose oublier que je suis Médicis et que mon fils est sur le trône.. ,\ J'attends la nuit avec impatience pour examiner le ciel. Si Vénus est aussi brillante aujourd'hui qu'elle l'était hier, et Mars aussi sanglant, j'en augurerai bien. Gauric, dont le coup d'œil plongeait dans l'avenir, m'a si souvent annoncé des évènemens qui sont arrivés long-temps après, que cette science ne peut être une chimère. Relisons, en attendant le coucher du soleil, quelques pages des excellens livres qui me dirigent avec plus de certitude dans mes observations.
( Elle entre dans un cabinet.)