COLIGNI, TÉLIGNI, LE VIDAME DE CHARTRES
TÉLIGUI.
Eh bien, que vous a dit le roi?
COLIGNI
Rassurez-vous, mes amis : nous n'avons rien à craindre. Sa Majesté ne m'a jamais témoigné plus d'affection qu'aujourd'hui ; et s'il faut même le dire, la reine-mère paraît réellement affligée de ce qui m'est arrivé.
LE VIDAME
Comment un homme tel que vous peut-il donner tête baissée dans un pareil piège?
TÉLIGIU.
Mais où est le piège , je vous prie ?
LE VIDAME
Dans les caresses mêmes qui ont ébloui M. l'amiral. Je connais Médicis; si elle nous embrasse, c'est pour nous étouffer.
TÉLIGNI,
Et le roi?
DRAME. io3
LE VIDAME
Le roi fera ce que voudra sa mère.
GOLIGSU, an Vidame.
Vous êtes désolant, mon ami. Apprenez que sa majesté, voulant me mettre à l'abri des coups d'un nouvel assassin, va faire environner ma maison tfune partie de sa garde.
TÉLÏGN1.
Que répondrez- vous à cela ?
LE VIDAME
La comédie est très-bien jouée : vous ne sortirez plus de chez vous.
coligwî.
J'ai .besoin de repos, uie*5i?urs. Faites -moi le plaisir de vous retirer.
LE VIDAME, à Coligni.
Vous voulez donc rester absolument ?
COLIGKÎ.
Oui, mon ami.
LE VIDAME
Permettez - moi de vous faire mes adieux.
(Il embrasse l'amiral. ) TÉLIGNI.
Vous allez trop loin, monsieur. L'événement prouvera...
jo4 LA SAINT-BARTHÉLEMI.
LE VIDAME
Oui, l'événement prouvera qu'un respectable jeune homme n'a pas voulu entendre la vérité.
(D sort.)
COLIGNI, à TéUgni.
Ayez la complaisance, mon ami, de passer chez le roi de Navarre pour le rassurer sur mon état.