‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 128 sur 237 · LE CARDINAL DE BOURBON · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE BOURBON

Bt tout prêt, si le cœur vous en dit, à vous donner sa bénédiction.

COLIGNY

Et je la recevrais de bon cœur, Monsieur, (eu souriant.) Vous me passeriez cela, monsieur Merlin, n*est-ce pas?

210 LA SAINÏ-BARTÏIÉLEMY.

CHARLES

Çà, voulez-vous que je vous dise ce que j'ai fait et prétends faire pour vous !...

COLIGNY

Sire, avant de connaître vos bontés, souffrez que je les justifie, autant qu'il est en moi, et que je vous déclare mes vrais sentiments. Après moi, plusieurs calomnieront ma vie ; mais Dieu, devant qui je suis prêt à comparaître, m'est témoin que j'ai toujours été fidèle et affectionné à Votre Majesté, et à son royaume ; j'appelle Dieu à caution de mon innocence et le prends pour juge entre mes accusateurs et moi. — Sire, il a plu au feu roi, votre père, de m'honorer de plusieurs charges oii vous avez bien voulu me confirmer : à ce titre, je ne me saurais dispenser de vous donner mon conseil sur la conduite de votre état, surtout étant à l'heure oii l'on ne ment pas. Souff'rezdonc que je vous le dise, Sire, avec candeur : n'est-ce pas une honte qu'on ne puisse en vérité tourner un œuf en votre conseil, sans qu'incontinent un courrier en aille porter nouvelle au duc d'Albe ? N'est-ce pas une indignité que ce même duc d'Albe ait fait pendre plusieurs gentilshommes français, braves capitaines et vos sujets, pour les avoir pris les armes à la main dans une loyale guerre entreprise par eux pour l'intérêt de leur conscience ? J'en ai les nouvelles certaines, mais en votre cour on ne fait que rire de cela. Je passe à vos édits de pacification, le plus beau monument de votre sagesse. Vous les avez jurés tant de fois et si solennellement que les peuples et les rois étrangers sont

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