ACTE TROISIÈME
Tamiral au Louvre ? 11 y serait plus en sûreté, près du roi...
TÉLIGNY, à demi-voix.
Sans l'avis du médecin! (Il fait signe au médecin d'approcher.) Voilà M. de Retz qui propose de transpoiter mon beau-père au Louvre ?
MAZILLE, de même.
Nullo modo. — Il ne faut pas qu'il bouge de huit jours au moins.
PARÉ, qui s'est approché également.
Qu'il reste, bon Dieu, qu'il reste! (Prenant la main de Té-
ligny) Entendez-vous? il faut qu'il reste chez lui; on n'est bien soigné que par les siens.
RETZ, haut.
C'est qu'en vérité je crains quelque trouble fâcheux.
CHARLES, à Coligny en terminant Pentretien.
Allons, je vous le promets. — (Haut.) Que disiez-vous, Gondi ? Est-ce que nos docteurs ne veulent pas qu'il déloge ? C'est qu on avait parlé, amiral, de vous faire porter au Louvre. J'aurais aimé à vous avoir sous ma garde.
CATHERINE. * '
Je vous aurais fait soigner par mes femmes.
COLIGNY
Je rends grâce à Votre Majesté. Je suis ici à mon gré.
CHARLES
Dès que la Faculté ne veut pas.... Mais, Ambroise, cette blessure est donc bien grande ?
216 LA SAINT-BARTnÉLEMY.
PARÉ
Et il a fallu l'agrandir par des incisions, Sire.
Avez-vous trouvé la balle?... Montrez un peu. (léiigny
la lui présente.) Ah ! là, DiCU ! (Il détourne la \ue.) Et il a fallu
retirer cela!... A-t- il beaucoup saigné? (Oniui montre la
manche de pourpoint qu'on a coupée.) Ah ! qUC dC Saug ! . . . Je UC-
puis voir tant de sang...
Il se détourne.
CATHERINE
Voyons donc, cette balle. (Elle la prend, la roule dans ses doigts et la regarde attentivement.) Sainte vicrgC Marie ! aVOir
cela dans le corps!... Voyez donc, cardinal!...