AU LOUVRE. — MÊME JOUR
La scène est dans la chambre de la reine mère.
Cette chambre est très-ornée. — Beaucoup de meubles, et d'objets de luxe, de curiosité ou de toilette, enfin tout ce qui indique le raffinement et la mollesse.
CATHERINE, LE DUC D'ANJOU
Catherine entre à pas précipités ; le duc d'Anjou la suit. Tous deux paraissent troublés.
CATHERINE, en se jetant dans un fauteuil.
Ah! respirons.
LE DUC d'aNJOU.
Il en est temps !
Silence.
CATHERINE
Eh bien, mon fils?
Ah! ma mère j'en ai la fièvre.
CATHERINE, agitant un éventail de plumes .
J'étouffe Quelle visite..... Jésus... Maria!...
Elle se lè-ve.
LE DUC d'ANJOU.
Dans quel guêpier nous étions-nous mis !
CATHERINE
Engeance de réprouvés !
LE DUC d'aNJOU.
Et le roi, ma mère ! Vous voyez, ma mère, où
nous ont conduits vos ménagements ? Vous répondiez du roi, il ne fallait que vous laisser faire
CATHERINE
Ils l'ont ensorcelé, je vous dis .
LE DUC d'aNJOU.
Mais vous deviez prévenir cela.
CATHERINE
Et vous? Santa Maria! (Elle se promène avec action.)
Henri, l'avez-vous entendu en revenant?
LE duc d'anjou.
Fort mal. Vous marchiez si vite.
CATHERINE
D'abord, on ne pouvait lui arracher une parole.
Puis?
CATHERINE
Je lui ai demandé ce que son amiral lui avait dit si bas,
LE DUC d'anjou.
11 n'a reparti qu'en jurant ?