‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 144 sur 237 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

lui fléchi dans le conseil, baissé les yeux dans votre cour, tremblé au milieu de votre peuple!

Vertu de femme que la rancune !... mais le fils est un bon enfant, un joyeux compagnon. Si jamais il s'oublie, ventrebleu, nous verrons ; Maurevel n'est pas mort. Mais aujourd'hui songeons au huguenott

CATHERINE

Damnés huguenots, c'est eux qui font tout le mal.

(Elle se promène par la chambre et prend sur une table ua flacon

pour en respirer l'odeur.) Ah !... che gustol.,, Henrwt, SCUtCZ

cela!...

LE DUC d'aNJOU.

Mais, ma mère...

CATHERINE

Sentez... cela calme, cela met du baume dans le

sang. — (D'un air distrait, elle joue avec la fraise et le collier de son fils.)

Vous êtes toujours bien vôtu.

LE DUC d'aNJOU.

C'est mon devoir de prince. J'estime cela au rang des vertus royales.

CATHERINE

Vous avez raison. Voyez-vous, mon Henri, soyez un peu bon pour moi. C'est pour vous, mon cher enfant, tout ce que j'en fais. Si j'avais voulu vous sacrifier 5 votre frère, je serais maîtresse du royaume. Mais je vous aime trop.

LE DUC d'aNJOU, en riant.

Que de caresses, ma mère ! me voulez-vous trahir?

CATHERINE, lui donnant un coup sur la joue.

Méchant garçon !

RETZ, à part.

Se décidera-t-elle ? — (Haut.) Madame, le temps se passe.

CATHERINE

Allons... je ne pardonnerai de ma vie aux huguenots de m'obliger à cela. — Mon fils, écrivez au duc de Guise.

LE DUC d'aNJOU.

A la fin!

Il court à la table et écrit.

CATHERINE, à Retz.

Nous n'avons pas trop de cette soirée pour le voir et tout régler. Ne disons encore rien au roi pour aujourd'hui. Nous verrons comme il sera demain, (au duc d'Anjou.) Dis-lui de venir à la nuit close ; il ferait peutêtre bien de se déguiser.

RETZ

Guise ne se cachera pas, si vous le lui dites.

LE DUC d'aNJOU.

Laissons-le faire.

Il se dispose à cacheter le billet.

CATHERINE, le lui prenant des mains.

Voyons. (Eiieiit.) Beau billet d'enfant à tout perdre, si on l'intercepte ! (Eiie lit haut en le montrant.) « Ma mèrc est enfin décidée... » A quoi décidée, innocent ? (Eiie le déchire en très-petits morceaux.) J'ai UU meilleur moyCU. (Elle s'approche d'un cabinet qu'elle ouvre et prend un mouchoir. — A Retz.) DOU-

nez ceci à quelque page dont vous soyez sûr.

RETZ,, en sortant.

Oui, Madame.

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