SCÈNE II
LES MÊMES, UN DES GENTILSHOMMES DE GOLIGNY, puis LANGOYRAN.
LE GENTILHOMME, à Coligny.
C'est le sire de Langoyran, Monseigneur, qui demande à vous parler et à monsieur de Lanoue.
LANGUE
A moi ? bien volontiers.
COLIGNY
Qu'il entre. — Ah çà! Messieurs, nous allons nous séparer; Dieu vous conduise !...
Il tend la main à Lanoue. — Au sire de Langoyran, qui entre :
Ah! Langoyran, bonjour, je suis à vous. Faites vos adieux à ces messieurs.
LANGOYRAN.
C'est à vous, Monsieur, que je veux les faire; car je viens vous demander de les accompagner.
LANGUE
Alors, dépêchez...
Quelle fantaisie!... Non, non, il n'est pas temps ; vous partirez quand nous partirons tous. — Allons, Messieurs....
LANGOYRAN.
Mais, monsieur l'amiral, la chose est résolue, je pars avec eux, ou, si vous ne le voulez pas, je n'en prends pas moins congé, je ne resterai pas ici un jour de plus.
COLIGNY
Qu'est-ce que cela signifie ? Vous perdez l'esprit, Langoyran?
LANGOYRAN.
Gela signifie que j'aime mieux aller quérir en rase campagne de bonnes estafilades loyalement données, que d'être ici pendu par les soins du garde des sceaux, empoisonné par les parfumeurs de la reine mère, ou assassiné au coin d'une rue par le tueur du roi : car c'est là, Messieurs, le jeu que nous jouons tous.
LANGUE
Que dit-il là?
NASSAU
Eh bien, monsieur l'amiral, l'entendez-vous ?
COLIGNY
J'entends, Messieurs, sonner dix heures, et si vous voulez coucher ce soir à Senlis...
LANGUE
Nous sommes bien en retard, (a Nassau.) Allons, Monsieur.