ACTE QUATRIÈME
CHARLES, troublé.
Que voulez-vous dire?
RETZ
Après tout, l'amiral et toute la huguenoterie se l'étaient bien promis.
CHARLES
Quoi?
De mettre la mère et le fils en telle extrémité que le fils fût obligé par eux de tirer sur sa mère.
CHARLES, Tivcment.
As-tu fais serment au diable de ne parler que par énigmes?
RETZ
Ah! Sire, si j'osais...
CHARLES
Ose, ou sinon...
RETZ
Vous souvient-il du pauvre Gharry, mestre de camp de votre garde ?
CHARLES
Pardieu !
RETZ
Vous souvient-il qu'en votre enfance nul ne prit plus tendre soin de vous, nul ne seconda mieux la reine au gouvernement de votre éducation et de votre État?
CHARLES
Après ?
RETZ
Sire, comment est-il mort?
Il fut tué; après?
RETZ
Par Châtelier Portault, serviteur de l'amiral...
CHARLES
Serviteur de d'Andelot....
RETZ
Et de l'amiral, Sire. L'amiral de Goligny, c'est du moins l'avis de votre mère, a fait assassiner Gharry. Avez-vous oublié quelle fut la douleur de la reine, quels serments passionnés elle a faits maintes fois de tirer bonne justice d'un monstre si longtemps impuni?
CHARLES
Enfin?...
RETZ
Or maintenant. Sire, êtes-vousbien sûr de ce que vous faites, lorsque, cherchant qui a fait blesser l'amiral, vous ne songez qu'à poursuivre M. de Guise ?
CHARLES, avec agitation.
Lumière d'enfer!... que dit-il? Serait-ce... Gondi, songez à vos paroles. Si vous mentez d'une syllabe, si vous me donnez à la légère une telle idée, tenez bien votre tête sur vos épaules.
RETZ, s'inclinant.
Voilà ma tête. Sire. — J'accomplis l'ordre de la reine mère. Elle a fait assassiner l'amiral de Goligny ; elle m'a chargé d'en donner avis à Votre Majesté.
CHARLE s , reculant de trois pas.
Ah!...