ACTE QUATRIÈME
mais la manière ! M'en faire un mystère, prendre un si grand parti sans me consulter, moi !
RETZ
Le mal est fait, si mal il y a. Il ne faut plus que pourvoir à Tavenir.
CHARLES
Eh ! que veut-on que je fasse ? On traverse tous mes plans, on se joue de toutes mes volontés ; je suis traité comme un enfant au maillot... Et ma mère, ma mère m'abandonne !
RETZ
Elle attend. Sire, que vous fassiez votre choix.
CHARLES
Entre?
Entre elle et les huguenots.
CHARLES
Certes, elle mériterait... mais, ma mère ! qui a tant régné!.... Quelle affaire !.... Et pourquoi diantre aussi me raconter tout cela? Ne vous pouviez-vous taire encore?.... Et maintenant même, si nous ne disions rien, si vous me laissiez aller mon chemin, comme si j'ignorais tout?
RETZ
Impossible, Guise le sait.
CHARLES
Alors!.... j'en perds l'esprit Ohl ma tête, ma
tête ! (Il la prend à deux mains.) Appelez ma mèrc... cutourcz-
moi tous, soutenez-moi, conseillez-moi Je suis
perdu, si vous ne venez à mon aide. — Gondi, voyons, toi qui as tant d'esprit, et de si merveilleuses inven-
lions, ne saurais-tu rien me dire qui me rendît la force et l'espérance ?
RETZ , regardant au fond .
J'aime mieux laisser parler la Reine mère. Sire, la voici...