ACTE QUATRIÈME
CHARLES, brusquement.
Pardieu, décidez-en vous-même. Vous m'avez mis au point de n'avoir plus d'autre volonté que la vôtre.
CATHERINE
J'accepte cette parole, mon fils, et la trouve vraie ; non que nous prétendions vous gouverner, mais parce que vos vrais intérêts et les nôtres ne se peuvent en effet séparer. Pensez-y, le vrai se saura tôt ou tard. Je ne sais même si les huguenots n'ont pas déjà quelque soupçon. Or, dès que l'on apprendra que votre mère est dans l'affaire, personne ne croira jamais que vous n'y soyez pour rien
CHARLES, vivement.
Ah! quant à cela !....
CATHERINE
Charles, savez-vous comment le peuple nomme Maurevel ?
CHARLES
Comment ?
CATHERINE
Le tueur du roi.
CHARLES
Mille damnations ! Qu'avez-vous fait I
CATHERINE
Rassurez-vous, prenez de mes conseils, vous vous en êtes toujours bien trouvé. •
CHARLES
Je n'ai plus le choix. Parlez ?
274 LA SÂlNT-BARTHÉLEMY.
CATHERINE, à Retz.
Albert, appelez le Conseil du Roi.
Retz sort.
CHARLES, effaré.
Comment?
CATHERINE
Ils sont là, mon fils. Voulez-vous m'en croire?... Quoi qu'on vous dise ou vous propose, écoutez avec calme; contenez-vous, ne leur témoignez ni contentement ni dépit. Quelque parti que vous preniez alors, vous semblerez l'avoir médité longtemps et couvé dans le silence. Comment savoir, après, qui vous aurez trompé? Je vous l'ai dit souvent, mais votre emportement vous en dissuade toujours : la meilleure manière de se cacher, ce n'est pas de mentir, c'est tout bonnement de se taire.
CHARLES
Eh bien, ma mère, soit. A tout événement voilà
un bon avis, (voyant rentrer M. de Retz et les autres.) Oh! qUC de
monde!