ACTE QUATRIÈME
TAYANES.
Paix, maître sot. Est-ce ainsi que vous répondez au duc de Guise ?.... Quand le roi, dans sa grande bonté, veut bien vous mettre dans sa confidence, vous boudez contre lui et ne lui offrez pas corps et biens, bras et armes, pour le délivrer de ses ennemis!.... Hernibieu!,... mettez-vous à la raison, ou, pour mieux vous donner du cœur, je vous coupe à tous deux les deux oreilles.
CATHERINE
Maréchal
TAYANES.
Laissez, laissez. Madame ; je sais comment on persuade ces sortes de gens.
MARCEL
Mais, mon bon seigneur, que faut-il?
11 faut, cerveau de mulet, réunir vos camarades, dire à vos capitaines de quartier d'armer leur monde, ce soir, afin qu'on soit prêt, au coup de minuit, à tomber sur la canaille huguenote, et cela, de par le roi. La canaille, vous entendez? car pour l'amiral et nos pareils, cela nous regarde.
CUARRON.
Quoi, l'amiral aussi!....
LE DUC d'aNJOU.
11 ne s'y peut faire.
MARCEL, à Charron.
C'est donc cela que le duc parlait de marquer les maisons des huguenots.
CHARLES, se relevant.
Guise a dit cela?....
MARCEL
Oui, monseign Sire.
CHARLES
Eh bien, ma mère ?
CATHERINE, froidement.
Quoi, mon fils ?
CHARLES, se rasseyant.
Rien.
Est-ce convenu? Et le roi peut-il se fier à vous ou en chercher de meilleurs ?
MARCEL
Monseigneur, nous ne demanderions pas mieux ; mais c'est si drôle que le roi qui nous avait envoyé M. de Nançay
CHARRON
Y a-t-il sûreté au moins ? On dit que le meurtrier de l'amiral avait aussi parole du roi ; et cependant, s'il eût été pris hier, il serait pendu à l'heure qu'il est.
CHARLES, \ivement.
Parole de moi ! qui dit cela ? c'est une infâme calomnie
CATHERINE
Charles, pensez
CHARLES
J'oubliais non, non, par saint Denis, Maurevel
ne serait pas pendu.