ACTE QUATRIÈME
TAVANES
C'est VOUS qui le serez, ribauds, si vous balancez davantage.
MARCEL
Ma foi... Monseigneur... s'il le faut...
Tu m'as l'air du plus décidé. Allons, mon brave!... je vois ce qui vous retient, vous demandez sauvegarde... Mais n'est-ce pas le roi qui vous parle? N'entendrez-vous pas le tocsin sonné par son ordre? Ne nous verrez-vous pas là, moi et tous ces braves seigneurs? Allons, un peu de cœur, et prenez vos
haches et vos hallebardes.
CHARLES
Je vous tiens pour déloyaux et traîtres, si vous ne vous résolvez soudain.
CHARRON, à demi-Yoix.
Qu'en dis-tu, Marcel?
MARCEL, de même.
Ma foi, à tout risque I
CHARRON
Eh, Sire! le prenez-vous ainsi?... et vous de même. Monsieur?... Baillez-nous le signal, et vous verrez !
MARCEL
Nous vous jurons que vous en ouïrez nouvelle.
CHARRON
Et nous nous y mettrons des pieds et des mains, si fort qu'il en sera mémoire à jamais.
MARCEL
Et, de la vie, la fête de saint Barthélémy n'aura été tant et si bien chômée.
LE DUC d'aNJOU.
A la bonne heure.
CHARLES
C'est parler, cela... A l'œuvre, mes gentils garçons ! montrez-nous ce que vous savez faire... Votre roi ne l'oubliera pas.
CHARRON
Que Votre Majesté est bonne et gracieuse!
MARCEL
Oui, bien gracieuse.
CATHERINE
Vous sentez qu'il faut le plus grand secret... Vers neuf heures, vous vous rassemblerez à l'Hôtel de ville et vous y concerterez. — Jusque-là, pas le mot.
CHARRON
Fiez-vous à nous, Madame; jarni, il en sera mémoire à jamais.
MARCEL
Et le massacre de Vassyne sera que de la Saint- Jean auprès !
TAVANES
Bien, bien. Allons, docteurs, saignez comme il faut ; la saignée est bonne en août comme en mai.
CHARLES
Mais surtout, enfants, du silence !
Il leur tend sa main à baiser.