ACTE QUATRIÈME
CHARRON
Bouches closes, Sire!
Il prend la main du roi et la secoue. — Le roi la retire. CHARLES.
Allez, et souvenez-vous que vous avez un bon maître.
— (Bruit à la porte.) Qui frappe ?
RETZ, allant voir.
M. de Thoré, Sire.
THORÉ, de la porte.
Sire, c'est quelqu'un que je vous amène en toute hâte de chez l'amiral.
CHARLES, avec empressement.
De chez l'amiral! Qu'il soit le bienvenu et vous aussi. Voyez, Thoré, je m'occupais de lui... Demandez... C'est M. le prévôt des marchands, Thoré,... je lui recommandais de tenir la main à ce que ma brave bourgeoisie exécute mes édits.
MARCEL
Mais, Sire...
CHARRON, bas.
Tais-toi ; ne vois-tu pas que le roi se gausse?
CORNATON, entrant.
Sire, M. l'amiral m'a chargé...
CHARLES, l'interrompant.
Un instant. Messieurs. — Mon prévôt et vous, Marcel, souvenez-vous de ce que je vous ai dit, souvenez-vous bien!...
CHARRON, montrant son cœur.
Vos paroles sont gravées là.
Il s'incline.
MARCEL, à Charron, en se retirant.
Ne ferons-nous pas bien d'aller rendre compte à monseigneur le duc de Guise?
Ils sortent en causant.
CORNATON.
Je venais, Sire...
CHARLES
Un moment donc... Nevers, Birague et vous, maréchal, allez à vos affaires, vous êtes libres: voilà M. de Thoré et d'autres bons amis de mon amiral qui me serviront à votre place ; adieu !
TAVANES, en se retirant.
L'artificieux garçon !
n sort avec Nevers et Birague. Catherine reste, s'entretient à part avec le duc d'Anjou, et donne peu d'attention à ce qui suit.