‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 191 sur 237 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

COLIGNY

Le capitaine a la sienne. De vrai, je n'ai besoin de garde que contre quelque mutinerie du peuple... Sur le reste, je dors tranquille.

CORNATON.

J'admire votre grande âme.

COLIGNY, à Cosseins.

Je vous ai dit de sortir. (Cosseius se retire en hésitanl.)

— Capitaine, encore un mot ; qui vous a commandé de la part du Roi?

COSSEINS

Monseigneur... je... c'est...

COLIGNY

C'est?

COSSEINS

M. le comte de Retz.

COLIGNY

Ah!... — C'est bon; souvenez-vous que vous répondez de l'accomplissement des intentions du Roi.

Il appuie sur ces derniers mots.

COSSEINS

Mais... je n'ai rien fait qui puisse rendre douteux... Je vous jure...

Je n'ai que faire de vos serments. Songez à me contenter, c'est tout. Allez.

COSSEINS, à part, en se retirant.

Diable d'homme!... il a un regard qui déconcerte.

GUERCHY, entrant brusquement.

Ça, venez donc, capitaine Cosseins. Je ne sais quel ordre vous avez donné, mais votre sentinelle ne veut point laisser entrer nos gens.

COLIGNY

Qu'est-ce?

COSSEINS, à Guerchy.

Je descends, monsieur. — (a l'amirai.) C'est l'ordre du Roi, monseigneur.

GUERCHY

De fermer la porte à un page? Encore s'il venait de rhôtel de Guise!

COSSEINS

Il avait donc des armes?

GUERCHY

Deux épieux qu'il apportait, une misère.

COSSEINS

J'ai ordre de repousser de ce logis quiconque y voudrait pénétrer à main armée.

GUERCHY

Et c'est ainsi que vous l'entendez!... Vous devriez servir chez les Jésuites.

COSSEINS

Moi! un homme d'armes!

COLIGNY

Paix-là. — Allez, capitaine, et que tout ce bruit cesse... Suis-le, Téligny.

GUERCHY, à demi-voix à Cosseins, quand celui-ci passe près de lui.

Philistin!

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