COLIGNY, TÉLIGNY, GORNATON, UN AIDE- CHIRURGIEN, GUERGHY
CORNATON.
Ce drôle a une figure à double entente.
MERLIN, à l'amiral.
Comment trouvez-vous qu'il vous ait répondu, monsieur?
COLIGNY
Comme un sot. — (au chirurgien.) Je me sens faible. . l'aide-chirurgien.
La journée a été longue... buvez ceci, (ii lui donne à boire, et lui tâte le pouls.) Le soir approchc ; ne prendrezvous pas quelque repos?
COLIGNY
Eh, le puis-je?
MERLIN
Nous allons nous retirer ..
CORNATON.
Nous empêcherons qu'on n'entre...
COLIGNY
Non, il faut que chacun puisse arriver jusqu'à moi. Eh! que deviendraient-ils tous?... (a. léiigny qui rentre. Eh bien?
322 LA SAINT-BARTIIÉLEMY.
TÉLIGNY, dès papiers à la main.
Tout est calme. C'était un page qui apportait des armes que j'ai moi-même demandées. Au fait, Gosseins ne pouvait deviner qu'il fût de la religion.
COLIGNY
Oui, oui, cependant!... Vous ne savez rien, d'ailleurs, monsieur Merlin?
MERLIN
Non, monseigneur.
COLIGNY
Et vous, Guerchy?
GUERCHY
Mais, je viens de voir Monneins tout alarmé de ce qu'on dit que la chaîne des bateaux de la Seine a été détachée cette après-midi.
TÉLIGNY
Pourquoi?
GUERCHY
C'est ce qu'il ne sait pas.
TÉLIGNY
Non.... pourquoi s'en alarme-t-il?
GUERCHY
Dame ! il dit que quelques bateaux ont été lancés au courant du fleuve, les autres amarrés à la rive gauche.
MERLIN
On pourrait envoyer...