COLIGNY, CORNATON, MERLIN, GUERCHY, UN AIDE-CHIRURGIEN
COLIGNY, à Guerchy et à l'aide.
Écartez-vous, (iis se retirent au fond.) — Mousieur Mcr-
326 LA SAINT-BARTIIÉLEMY.
lin, je suis bien aise de vous parler librement. Ditesmoi, vous qui êtes mon vrai ami et qui avez plus réfléchi à ces sortes de choses, pensez-vous que parfois, à l'approche de certains événements, Dieu nous en instruise, soit par de secrètes pensées, soit par de mystérieux avertissements, dites?
MERLIN
Monsieur, ce sont de grandes questions ; on a écrit là-dessus...
COLIGNY
Je ne vous demande pas ce qu'on a écrit, mais ce que vous pensez.
MERLIN
La Bible est remplie de ces sortes d'inspirations. Les pressentiments tiennent quelque chose du don de prophétie. — Mais, Monsieur, pourquoi?
COLIGNY
Je ne sais... mais, depuis quelque temps, il me revient à l'esprit mille choses auxquelles je ne pensais plus... Il me semble... Ministre, c'est en intime confidence que je vous dis tout ceci.
J'entends bien.
COLIGNY
Ne vous ai-je jamais conté ce qui m'arriva, il y a tantôt deux mois, à mon départ de Ghâtillon pour venir en cette Babylone?
MERLIN
Je ne crois pas.