ACTE CINQUIÈME
tu?... Et VOUS, comte, dans cette main ces lignes font une M, et cette M veut dire : mort !
CHARLES, avec inquiétude.
Claude !
LA ROCHEFOUCAULD
Vrai Dieu, Madame, vos regards m'effrayent...
CLAUDE
Que ne puis-je porter écrit dans mes yeux quelque chose de plus effrayant encore !
Elle regarde toujours la main de La Rocheroucauld. CHARLES.
Claude î...
Ma sœur !,
LE DUC D ANJOU
CATHERINE, se levant.
Finissons... on dit qu'il n'y a pas sûreté à de telles curiosités ; c'est recommencer le péché d'Eve.
Dussé-je entendre les choses les plus sinistres, en de telles mains je laisserais de bon cœur la mienne toute la nuit.
CLAUDE, tristement.
Toute la nuit... plût au ciel !
CHARLES
Toute la nuit ?. . . ceci devient trop vif!
LE DUC d'aNJOU.
Veillez à votre fille, ma mère, je crois qu'elle lui donne un rendez-vous...
a44 LA SAINT-BAR THÉ LE M Y.
CLAUDE, lâchant subitement sa main.
Moi ! Comte, on m'enlève votre main ; je vous la laisse ; mais qu'elle serve à vous défendre.
MARGUERITE
Oh ! les traits qui le menacent ne sont pas de ceux qu'onpare avec la main, à moins pourtant qu'il ne la garde sur ses yeux.
LA ROCHEFOUCAULD
Le péril est trop agréable, Madame, je le veux contempler en face.
MARGUERITE, avec coquetterie.
Vraiment est-ce à moi 6u à ma sœur que ceci s'adresse?...
LE DUC d'aNJOU.
La, la, Marguerite, oubliez-vous qu'il ne vous sied plus de chercher des œillades ?.Que dirait mon cousin de Navarre ?
MARGUERITE
Je le vois si peu, votre cousin, que j'oublie vingt fois le jour que je suis sa femme.
LE DUC d'aNJOU.
Le jour seulement, j'espère. .„
CATHERINE
Ne la raillez pas, Henri, vous la rendriez confuse.
CHARLES
Va toujours, Margot n'est pas fille à se confondre pour si peu.