ACTE CINQUIÈME
LE DUC d'aNJOU.
. Qui dit que Margot n'est point fille ?
CATUERIiNE.
Taisez-vous tous deux ; cela est malséant de parler ainsi. — Au fait, où est donc son mari ?
MARGUERITE
Le sais-je ? Depuis cette blessure de l'amiral» a-t-il un moment à lui ? ses calvinistes lui laissent-ils une minute de repos? Ah ! qui me délivrera de ces gens de la religion ?
LA ROCDEFOUCAULD.
Grand merci, Madame.
CLAUDE
Marguerite, Marguerite, ne forme point ces vœux, prends garde que Dieu ne les exauce !
CATHERINE
, De vrai, monsieur de La Rochefoucauld, c'est mal fait àvos amis de confisquer mon beau-fils de la sorte que sa femme n'en puisse jouir.
MARGUERITE
C'est au point que je ne dors plus. A toute heure de la nuit, ils viennent dans notre chambre, et tiennent conseil autour de mon lit.
LA ROCnEFOUCAULD.
Lieu mal choisi, j'en conviens, pour délibérer sagement.
LE DUC d'aNJOU.
Il faut qu'ils soient bien allairés que de venir la nuit comploter ainsi.
3i6 LA SAÏNT-BâRïHÉLEMY.
LA ROCHEFOUCAULD
Est-ce comploter, Monseigneur, que de penser à sa sûreté ?
CHARLES
Tu as beau dire, petit ; avoue qu'ils ne sont pas tous comme toi ?
LA ROCHEFOUCAULD
C'est que tous n'ont pas comme moi le bonheur de voir souvent leur petit maître.
Ce serait à vous, comte, de les rassurer.
LE DUC d'aNJOU.
Oui, je te le conseille, rassure-les.
CATHERINE
Vous que mon fils aime si fort !...
CHARLES
Et de leur dire, jarnidieu, que leur salut m'est à cœur comme celui de mon âme.
LA ROCHEFOUCAULD
C'est beaucoup, Sire.
CHARLES
Et ce n'est pas trop, oui, je veux les sauver tous, sans qu'il en réchappe...
LA ROCHEFOUCAULD
Que ne peuvent-ils le croire !
CHARLES
Je les voudrais tenir tous à la portée de mon arquebuse...