‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 223 sur 237 · ACTE CliNQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CliNQUIÈME

qu'il faut tenir. Cette nuit, qui n'est pas pour nous est contre nous.

CATHERINE, lui tendant la maia.

Qui n*est pas pour nous est contre nous.

GUISE , il lui baise la main, puis se tourne vers le roi.

Votre Majesté n'a pas d'autres ordres à me donner?

CHARLES, sortant de sa stupeur.

Moi !... moi !... je vous jure, mon cher duc, que je suis pour vous.

Je le crois, sire. — Messieurs, voici une belle nuit... il y a neuf ans que je l'attendais. — Venez-vous, monsieur de Nevers?

Ils sortent.

RETZ

Que je vous reconduise!

Il les suit.

TAYANES.

Eh ! sire, réconfortez-vous un peu : ne laissez pas k d'autres tout l'honneur... Eh Dieu ! c'est besogne de roi que ceci, et je neveux pas d'autre chef que vous.

CHARLES

Monsieur de Tavanes, je vous remercie-

CATHERINE

N'y a-t-il plus rien à ordonner, Tavanes ?

TAYANES.

Mais non. — Reposez-vous, je vais faire ma ronde ; car nous avons garnison au Louvre, comme en une place forte. Viendrez-vous, Monseigneur ?

LE DUC d'aNJOU.

Je VOUS rejoins dans peu.

Charles s'approche de sa mère et s'appuie sur elle, CATHERINE, troublée.

Maréchal !... vous nous quittez?...

Eh quoi donc ?... Mais, Madame, qu'avez-vous ?... Et vous, sire?... Allons, mordieu ! du cœur; songez que demain vous vous réveillerez vraiment roi.

CATHERINE

C'est bien le moins.

TAVANES

Venez, monsieur de Nevers; vous choisirez les hommes de votre détachement.

Ils sortent. — Le roi s'assied et paraît abattu :

Page 1