‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 35 sur 237 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

menacent. Le chrétien apprend tout en considérant ses péchés.

COLIGNY

Je vous remercie, monsieur Textor, de vos pieuses remontrances. Ce sont choses toujours bonnes, et dont chacun fera son profit. Cependant rappelez-vous que vous parlez devant des gens dont le corps n'a veine qui n'ait saigné pour la défense de la foi, et qui sont toujours prêts à recommencer, dès que Dieu leur dira : Lève-toi et marche.

TEXTOR

Mais le pasteur doit veiller sur le troupeau, et lorsqu'un pacte avec l'infidèle. ..

COLIGNY

Monsieur Textor, je veux bien vous dire que les traités et les édits de pacification ont été faits d'accord avec les principaux ministres. Ce n'est point pactiser avec Rome que de vivre en paix avec son roi. Vous vous souvenez, monsieur Textor, des paroles de l'Évangile : Rendez à César ce qui est à César.

TEXTOR

Dieu soit loué ! Je vois, Monseigneur, que vous possède les Écritures.

COLIGNY, souriant.

Vraiment, monsieur Textor, nous prenez-vous pour des païens? Les affaires de ce monde ne nous possèdent pas tout entiers. (Il lui montre un livre sur la table.) VoyCZ,

sur cette table... Connaissez-vous ce livre?

TEXTOR, prenant le livre.

Le saint Testament !

COLIGNY

Eh bien, sommes-nous si abandonnés? — (ii se Ictc pour le faire partir.) Allez en paix, monsieuF Textor, encore une fois je loue votre zèle, mais c'est bon pour une fois, voyez-vous. Nous savons que nous combattons le bon combat.

TEXTOR, ému.

Ah ! le ciel en sôit béni, je vois que l'Esprit-Saint est encore au milieu de vous.

COLIGNY

Et nous espérons bien l'y garder. Adieu, monsieur Textor, j'aime à m'entretenir avec les ministres de la parole de Dieu ; ceux qui sont à Paris viennent ici volontiers pendant que je suis à table, (me reconduit quelques pas.) Je compto quc VOUS fcrcz comme eux.

ROHAN

Part-il enfin?

TEXTOR

Monseigneur, je suis peu fait pour les pompes du monde.

COLIGNY

Tant mieux. Je Vous en aime davantage. Adieu... Vous logez chez M. de La Rochefoucauld ?

MERGEY

Il loge avec moi dans votre rue. Monseigneur.

COLIGNY

Bien. — Vous l'accompagnez, Mergey ?

TEXTOR

Je pars plus content que je ne suis venu. Songez

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