SCÈNE VIII
COLIGNY, ROHAN, ROSNY, TÉLIGNY, LA ROCHEFOUCAULD, BOUCHAVANNES, LAN- GOYRAN, MONTGOMMERY.
ROHAN, à Coligny.
Toujours les mêmes bruits, mais rien de précis.
COLIGNY, à lui-même.
C'est bien quelque chose, qu'une nouvelle que tout le monde croit. Il faudra presser le départ pour la Flandre.
LA ROCHEFOUCAULD
Monsieur l'amiral, je vous demande pardon pour
les balivernes que mon homme vous a dites. C'est
M. de Rosny qui m'a forcé
COLIGNY
Il est toujours à propos d'entendre de sévères exhortations. Quin'enapas besoin?. ..La cour a des charmes dont il faut se défendre pour ce monde comme pour l'autre.
MONTGOMMERY, àLaRochefoucauld.
Mettez cela dans votre sac, galant chevalier.
ROSNY, à Colignyqui paraît préoccupé.
A^ous sembliez frappé de tant de témoignages uniformes?
COLIGNY
Oui, une inquiétude peu fondée, mais générale...
(Il continue à réfléchir sans prêter attention à ce qui l'entoure.) Il faut y
songer.
MONTGOMMERY
Pardieu, cela est clair comme le jour en plein midi.
TÉLIGNY
Les chefs d'un parti ne doivent pas se décider sur des ouï-dire.
MONTGOMMERY
Et n'est-ce pas aussi sur des ouï-dire, qu'en soixantesept nous avons tous au même moment couru aux armes? Rien n'avait éclaté, et en un jour, sur tous les points de la France, nous tenions la campagne. Mais nous ne sommes plus les hommes de ce temps-là !
ROHAN
Et ce temps-là n'était pas tout à fait celui-ci.