COLIGNY, LA ROCHEFOUCAULD, TÉLIGNY, LANGOYRAN
COLIGNY, à lui-même.
Je les reconnais bien... Esprits petits et factieux... qui n'entendent rien et brouillent tout... La guerre de Flandre usera tout cela... et je la ferai, malgré vent et marée... Le seul moyen, après tout, de nous sauver ici, c'est de vaincre là... Encore quelques jours rudes à passer, et puis après... Ah ! que je voudrais être le prince d'Orange !
LA ROCHEFOUCAULD, bas à Téligny.
Notre oncle a l'air tout pensif.
TÉLIGNY
Attends. — (u s'approche.) Mon père...
COLIGNY, brusquement.
Qu'est-ce ?
TÉLIGNY
Un gentilhomme de la part du roi. Le roi s'impatiente de ne vous point voir encore.
COLIGNY, se levant \ivement. -, J'y vais — mon manteau. — (II fait quelques pas et aperçoit I.angoyran, qui est resté un peu en arrière, attendant que son tour vînt de parler.) Ah 1 LaUgOyraU, vous êtes toujours là? (Un gentilhomme lui ajuste son manteau.) Eh bien, mOU chcr, VOUS aVCZ
tout entendu? Que résolvez-vous maintenant?
Langoyran s'incline et lui baise la main. COLIGNY.
Qu'est-ce donc?
LANGOYRAN.
Je VOUS dis adieu, monsieur l'amiral !
COLIGNY
Comment ?
LANGOYRAN.
Oui, monsieur l'amiral. Décidément, j'aime mieux me sauver avec les fous, que me perdre avec les sages. — Adieu, monsieur l'amiral.
Il sort.
COLIGNY, sèchement.
A la bonne heure. — (Prenant ses gants et son chapeau des mains
d'un gentilhomme.) La Rochcfoucauld, Téliguy, VOUS viendrez avec moi au Louvre.