CATHERINE DE MÉDI.GIS, LE DUC D'ANJOU, LE COMTE DE RETZ
Catherine est assise dans un fauteuil. Le duc d'Anjou est debout à sa gauche. Retz entre par le fond et s'arrête à la droite de la reine.
RETZ, en entrant.
. Le maréchal de Tavanes arrive, Madame; M. de Sauves le retient sur le degré.
CATHERINE
A merveille ; quoiqu'il n'entende guère, on ne peut toujours se recorder devant Jui. — Eh bien ! que lui •dirai-je?
Mais pas plus que la vérité : que le roi vous échappe, qu'il est tout Coligny, ce que nous attesterons, M. de Sauves et moi, comme ayant sa confidence. Tavanes prendra feu, et vous l'amènerez à ce que vous projetez.
CATHERINE, négligemment;
C'est qu'en vérité je ne projette rien.
LE DUC d'aNJOU.
Mais, ma mère, je croyais la chose résolue. Hier, avec madame de Nemours, vous sembliez
CATHERINE
Madame de Nemours va bien vite.
LE DUC d'aNJOU.
Mais vous disiez comme elle : Il faut nous défaire de l'amiral.
CATHERINE
Oui, l'on dit cela dans la conversation ; mais quand on y songe... n'est-ce pas, Gondi?
RETZ
Sûrement, Madame. — Au demeurant, quoi que Votre Majesté décide, l'homme est trouvé; je le tiens caché dans le Louvre; mais à mon sens un grand parti est impossible, si le maréchal de Tavanes n'y donne les mains.
Retz, vous seul pouvez proposer la chose.
RETZ
Pardon, mais je dois mettre en ceci beaucoup de mesure, à cause de ma position auprès du roi. Si j'y vois jour, j'indiquerai l'expédient, mais le conseiller, jamais. — Je crois entendre le maréchal.
CATHERINE
Allons, armons-nous de patience.
Tavanes paraît suivi de M. de Sauves.