ACTE DEUXIÈME
RETZ
Pour réussir, trois moyens : tout faire par le roi seul...
SA UVES.
Et comment?Les huguenots ontmis la main sur lui.
TAYANES.
Qu'on me donne le roi une bonne fois, je vous le tiens en chartre privée, et du diable si l'on vient alors lui dicter une autre volonté que la sienne I
' CATHERINE
Si nous laissions finir M. de Retz?
RETZ
Je disais qu'il n'y a que trois moyens : tout faire avec le roi seul, se jeter dans les bras des Espagnols, ou se livrer aux Guise.
TAYANES.
Aux Guise ! Depuis quand le roi de France en seraitil réduit à la protection de ses sujets? Je me charge de le sauver, moi.
CATHERINE
El moi, je ne veux pas faire la France Lorraine.
LE DUC d'aNJOU.
Grand merci pour moi, ma mère.
TAYANES.
Non, point de Guise.
RETZ
Quant à l'Espagnol...
TAYANES.
Il est bon catholique.
CATHERINE
Mais ce roi Philippe II en veut trop aussi...
LE DUC d'aNJOU.
Si j'ai bonne mémoire, le sang de Valois se mêle
mal au sang d'Autriche.
SAUVES
Et puis la mort de madame Elisabeth de France ! Cette affaire n'est pas nette, madame sa mère ne peut pas...
CATHERINE
Vous avez raison; nous allions oublier cela... Décidément, point d'Espagnol.
RETZ
Point de Guise, point d'Espagnol... Alors...
SAUVES
On a souvent parlé d'un tiers-parti avec les Montmorency ?
TAVANES
Bien trouvé pour former un parti ! Des gens sans chaleur ni ferveur, blâmant toujours ce qui se fait, sous prétexte d'impartialité ; des gens scrupuleux et point dévoués, il n'y a rien de pis !
LE DUC D'aNJOU.
Damville est à pair et compagnon avec l'amiral; ne me parlez pas de gens qui ont un mais à tous les commandements.
RETZ
Point de Montmorency, point de Lorrains, point