‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 48 sur 237 · BETZ · texte numérisé non relu

BETZ

A peu près, mon cher Maréchal.

TAYANES.

Eh bien ! Madame, qui vous arrête ? L'amiral a subjugué le roi au point de le rendre dépendant : débarrassez-vous de l'amiral ; le roi vous reviendra comme l'enfant prodigue.

La reine et Retz se regardent en souriant. LE DUC d' ANJOU, tout joyeux.

Et nous tuerons le veau gras ! Quelle fête ! J'y danserai de meilleur cœur qu'à la noce de ma sœur.

CATHERINE

Mais, Maréchal, se débarrasser de l'amiral, comment?

TAYANES.

Donnez-moi seulement quelques compagnies d'ordonnance.

CATHERINE, avec joie.

Quoi! VOUS seriez capable de vous en charger et de réussir sans nous exposer?

TAYANES.

Dame! je sais mon métier. Mordieu! il me semble déjà tenir l'amiral en rase campagne.

CATHERINE, surprise.

En rase campagne !

78 LA SÂlNT-BARTHÉLEMY.

TAVANES, qui n'a point entendu.

Et cette guerre-ci, je vous jure, ne finirait pas comme l'autre.

CATHERINE, dégoûtée.

La guerre, fi donc !

LE DUC d'aNJOU.

Comment, la guerre? Nous ne nous entendons point.

TAYANES, écoutant.

Hein !... parlez plus haut... je suis un peu dur d'oreille.

CATHERINE , vivement.

Si fait !... je comprends à merveille. J'accepte votre offre. Maréchal, le cas advenant. Mais la guerre est un parti désespéré, elle est si chanceuse...

TAVANES

Avec du cœur et de l'artillerie, elle n'a que de bonnes chances.

Je crains ces guerres civiles; l'autorité y perd toujours, toujours quelque chose.

SAUVES

D'ailleurs, on ne fait pas la guerre en fraude ; tôt ou tard il faut le consentement du roi : il ne le donnera jamais, si un événement ne lui force la main.

RETZ

C'est cet événement qu'il faudrait amener.

Court silence.

CATHERINE

Oui, mais depuis quelque temps, le hasard n'est pas pour nous.

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