ACTE DEUXIÈME
TAVANES
J'obéis. (A Retz.) Pardon de vous avoir interrompu, mon cher Monsieur.
LE DUC d'aNJOU.
Madame ma mère, il faut faire ses affaires soimême. Vous savez, ce capitaine que nous offrait madame de Nemours, c'est en l'interrogeant que nous l'avons trouvé peu convenable pour telle commission. Interrogeons ce Maurevel.
CATHERINE
Faut-il donc que je le voie?
RETZ
Il n'y a que la parole de Votre Majesté qui puisse lui donner du cœur.
TAVANES
Je crois que c'est le cas d'un exprès commandement.
Envoyez-le donc quérir Je voudrais bien pourtant que ce fût pour aujourd'hui.
RETZ
Cela se peut encore... Je sais... on m'a dit... je sais que ce Maurevel est chez une de vos femmes.
TAVANES, qui a entendu à moitié.
Hein? que dit-il?
LE DUC d'aNJOU.
Il dit qu'on va faire venir Maurevel ; qy'il est là tout près
TAVANES, d'un air moqueur.
Quel heureux hasard !
CATHERINE, d'un air indolent.
Pour moi, j'avoue qu'en commençant cette conférence, j'étais loin d'en deviner la fin J'aurais aussi
bien parié pour la résolution de m'en retourner à Florence que pour... ce que nous allons arranger... (A Retz.) Allons, Albert, faites venir votre homme.
Retz sort.
TAVANES
Il n'ira pas le chercher loin, que je crois.
LE DUC d'aNJOU, à demi-Yoix.
Çà, ma mère, il faudra lui parler net à celui-ci, ce n'est pas le cas de biaiser.
SAUVES
Votre Majesté ne renonce pas au projet de voir le roi au retour de la chasse ?
CATHERINE
Non, certainement.
SAUVES
Sera-ce avant, ou après?
CATHERINE
Avant, avant.
SAUVES
On aura bien peu de temps.
CATHERINE
Vous ne m'entendez pas. Je veux voir le roi d'abord ; rien ne peut se faire que je ne l'aie vu. Selon l'humeur dont je le trouverai, je donnerai le dernier ordre. N'oubliez pas cela.
SAUVES
Il suffit.