LES MÊMES, MAUREVEL
M. de Retx rentre a'vec Maurevel, celui-ci s'incline assez légèrement en entrant. La reine s'est rassise. Le duc d'Anjou, appuyé contre le fauteuil de sa mère, prend un air de roi en parlant à Maurevel. Tavanes, à l'extrémité opposée, regarde tout d'un air dur et moqueur. MM. de Retz et de Sauves sont entre lui et Maurevel, plus rapprochés de ce dernier que rien ne sépare de Catherine et de sou QIs, mais qui se tient un peu en arrière.
RETZ, bas en entrant à Maurevel.
Aie l'air de ne rien savoir.
LE DUC d'aNJOU, à Maurevel.
Monsieur, la reine, ma mère, et moi, nous vous avons choisi entre tous nos bons serviteurs comme homme de courage et propre à mettre à jBn une entreprise pour notre service, laquelle ne consiste qu'à faire un brave coup de votre main sur quelqu'un que nous vous nommerons. Voyez si vous vous sentez la hardiesse qu'il faut ?
MAUREVEL
Il n'est rien que je ne sois prêt à exécuter pour le service du roi.
LE DUC d'aNJOU.
Du roi, c'est-à-dire
CATHERINE, l'interrompant.
Oui, mon fils, du roi.
LE DUC d'aNJOU.
Soit donc. Songez, ami Maurevel, que l'affaire n'est
pas petite. Il ne s'agit pas de tirer votre poudre sur un moineau.
MAUREVEL
J'entends bien, Monseigneur.
LE DUC d'aNJOU.
Ainsi, nous pouvons compter sur vous, pour le coup que nous méditons ?
MAUREVEL
Gomme sur vous-même, Monseigneur.
LE DUC d'aNJOU.
Monsieur de Retz, expliquez-lui ce dont il s'agit.
RETZ
Il s'agit donc, mon très-cher, de guetter au passage ici, à Paris, aujourd'hui et non demain, de jour et non de nuit, et d'étendre par terre, sans le manquer, M. l'amiral de Goligny. .
MAUREVEL, prenant ua air un peu troublé.
Monsieur l'amiral
RETZ
Est-ce que cela vous étonne?
MAUREVEL
Non pas... Si pourtant, j'ai lieu d'être surpris. On nous corne aux oreilles depuis quelque temps que c'est le favori du roi.
LE DUC D'aNJOU.
Vous entendez, Madame ?
CATHERINE, à Tavanes.
Avez-vous entendu, monsieur de Saulx?