ACTE DEUXIÈME
ment à la campagne. C'est le seigneur de Ghailly qui l'a indiquée.
MAUREVEL
J'ai besoin d'y retourner, maintenant que c'est décidé, et d'étudier les lieux. On ne sait pas comme dans ces sortes d'affaires il importe de connaître bien les êtres. Si l'on se trompe sur une porte, sur un escalier, sur un couloir, on peut être perdu. La première minute après le coup est capitale.
RETZ
Ghailly est prêt à t'y conduire.
TAVANES
Le chanoine Villemur n'a-t-il pas été le précepteur du duc de Guise?
SAUVES
Justement.
CATHERINE
G'est excellent. Le premier soupçon se tournera de ce côté. Rien n'est plus important. (Gaiement.) G'est notre première minute à nous.
TAVANES
J'admire qu'on ait ainsi pensé à tout. Un mot cependant, seigneur Maurevel: et votre arme?
MAUREVEL
J'avais songé d'abord à un pistolet...
TAVANES
Gela ne porte pas assez loin.
MAUREVEL
G'est ce que j'ai pensé, et j'ai envie de prendre une espingole bien chargée.
Pouf!... Prends-moi tout bonnement une bonne arquebuse, et point d'espingole, cela écarte trop. Trois balles seulement. Vous savez tirer, j'imagine?
MAUREVEL
Pardi!... Pour M. de Mouy, j'étais encore loin, et je n'avais qu'un pistolet.
TAYANES.
Prenez une arquebuse, je vous dis ; et quand vous verrez arriver votre homme, ne vous pressez pas trop, donnez-vous le temps... c'est l'essentiel.
MAUREVEL
Oh! je sais, je sais.
RETZ
Ah I monsieur le maréchal, voilà la vraie prévoyance. Jamais nous n'aurions songé à tout cela; on dirait que vous n'avez fait autre chose de votre vie.
TAYANES.
Que diable. Monsieur, c'est mon métier que l'arquebusade. Ce n'est pas moi qui ai voulu tout ceci ; mais ce qu'on fait, une fois qu'on le fait, il faut le bien faire.
LE DUC d'aNJOU.
A propos, avez-vous un cheval? Je vous donnerai un des miens, si l'on veut.
CATHERINE
Prenez garde, on pourrait le reconnaître.
RETZ, àMaurevel.
N'as-tu pas un cheval espagnol?