SCÈNE IX
CHARLES IX, CATHERINE DE MÉDICIS, puis LE MARÉCHAL DE TAVANES, LE COMTE DE RETZ, LE DUC D'ANJOU et M. DE SAUVES.
CATHERINE
Quel bruit ! qu'est-ce donc?... Ah! c'est vous, Sire?
(Atcc froideur et dignité.) QuC VOÙlez-VOUS ? CHARLES.
Vous voir et tout savoir.
CATHERINE
J'ai des affaires...
CHARLES
Qui sont les miennes.
Je tiens conseil...
CHARLES
J'en veux être. Oui, je veux les voir, je veux les entendre ; qu'ils viennent tous... je suis prêt.
CATHERINE, à part et avec satisfaction.
Enfin I... Dieu soit loué ! (Haut.) Mon fils, que n'êtesvous revenu plus tôt aux dispositions où vous voilà!
(Elle prend une sonnette sur la table et sonne. Fiorella paraît.) Dis à
Monsieur et aux autres de passer ici : c'est le roi qui les demande. (Fiorciia son.) Ah ! mon fils, que de jours se sont écoulés depuis que je ne vous ai vu entouré, comme vous allez l'être, de vos vrais et loyaux ser-
d28 LA SAINT-BARTHÉLÉMY.
viteurs, et que d'inquiétudes vous m'auriez épargnées!...
CHARLES, avec curiosité.
Mais. . . nous sommes encore à temps, Madame. L'extrémité, je pense, n'est pas telle...
CATHERINE
Je ne sais, mon fils,... je l'espère.
CHARLES, inquiet.
Ah! vous... vous l'espérez?...
CATHERINE
Les voici. (Bas au roi.) Cachous nos alarmes.
CHARLES, à lui-même.
Nos alarmes !
Entrent le duc d'Anjou, le maréchal de Tavanes, le comte de Retz et M. de Sauves.
CATHERINE
Le roi veut vous entendre, Messieurs ; il vous commande de lui donner conseil.
CHARLES
Oui, je suis aise de vous voir, Messieurs, bien qu'accoutumé à vous voir souvent, mais séparément, ou en compagnie plus nombreuse. Il me plaît de connaître si, ainsi réunis, je ne trouverai pas à gagner dans votre entretien, et surtout à savoir plus au vrai votre pensée.
Il regarde MM. de Sauves et de Retz.
TAVANES
Je la dis toujours. Sire, et tout crûment; parfois même avan.t que Votre Majesté ne me la demande.