ACTE DEUXIÈME
LE DUC D 'ANJOU, élouidimcnt.
Certes, si j'étais roi demain, il ne garderait pas longtemps sa tête sur ses épaules.
CATHERINE, à part.
Santa Maria!
CHARLES, avec une colère qui éclate par degrés.
Si vous étiez roi demain, mon cadet?... c'est donc ainsi qu'on pense. Eh bien ! mon beau monsieur, et vous tous, mes très-chers seigneurs, tenez-vous pour avertis que je suis roi aujourd'hui, et que, morbleu! je n'ai que faire de personne. Ainsi rengaînez-moi toutes vos paroles, j'jsn ai jusque-là de vos conseils... Mort-du-diable ! c'est assez me rompre la tête : allezvous-en tous paître, et qu'on ne se môle plus de mes affaires. — Qui est là?
On a gratté à la porte.
UN GENTILHOMME, entrant.
Monsieur l'amiral de Goligny demande à être introduit.
CHARLES
Qu'il entre. — Enfin, j'aurai satisfaction.
Il se promène en grondant, tout le monde est consterné, f CATHERINE, le suivant.
Mon fils.... songez-y bien.... vous jouez gros jeu.
CHARLES
Paix ! — J'en ai assez.
CATHERINE, bas à Retz.
Sot enfant ! on n'en fera jamais rien. Il faudra agir par nous-mômes.
140 LA SAlNT-BARTHÉLEMY.
. 'RETZ, bas.
Votre Majesté me donne-t-elle l'ordre ?...
CATHERINE
Ah !... je ne sais.... pas encore.... Je vais faire la sieste.... nous verrons après.
Elle sort par la porte de côté, et les autres par celle du fond SAUVES, en sortant, au duc d'Anjou.
Rien de fait, monseigneur.
LE DUC d'anjou.
Diable d'homme ! on ne sait comment le prendre.
TAVANES
Voilà un beau coup de canon tiré à poudre.
Ils se croisent, en sortant, avec l'amiial. On se salue très-froidement de par et d'autre.