ACTE DEUXIÈME. i
RETZ, froidement.
Ce serait peut-être le plus sage.
Oui, et le moyen?
RETZ
Je ne sais ; mais enftn, s'il était bien reconnu qu'on ne peut vivre avec eux, soit en paix, soit en guerre, le seul parti à prendre serait ...
CUARLES.
Serait?...
RETZ
Ma foi.... de les écraser d'un seul coup.
CHARLES
Vraiment!... ce serait un coup de maître.
LE DUC d'aNJOU.
Je me contenterais à moins. Et si seulement on était quitte de l'amiral!
CIIARLES, se tournant vivement vers lui.
De l'amiral !... holà, monsieur!
CATHERINE, se mordant les lèvres.
Maladroit !...
LE DUC d'aNJOU.
Et je prendrai licence d'ajouter ici quelque chose à ce qu'a dit le bon maréchal : c'est qu'à moins de mauvaise ou perfide intention, il est dérisoire à l'amiral de conseiller la guerre ; car sans compter les autres raisons, l'état des troupes et des finances ne permet dans aucun cas d'y songer. J'en puis parler savamment, comme étant lieutenant-général, et d'ail-
leurs assez entendu, Dieu merci, aux affaires de la guerre....
CHARLES
Vraiment, Monsieur?
LE DUC d'aNJOU.
Oui, Monsieur, et j'ai grande crainte, à la manière dont se font les remontes, qu'avant peu toute votre gendarmerie ne fausse compagnie. Ce qui restait de bonnes troupes a été donné à Strozzi, si bien que l'amiral se trouvera à la tête d'une armée en bon état, .toute composée des siens, tandis que les gens du roi, faute de paiement et de discipline, feront piteuse figure en leur présence.... N'en est-ce pas assez pour juger du secret dessein de l'amiral, qui ne veut que se mettre en mesure de faire la guerre civile, de l'aveu même du roi, et de prendre sa revanche des rudes atteintes que le maréchal et moi avons portées à son parti et à sa gloire.
CHARLES
Vous, Monsieur?...
CATHERINE, à part.
Maudit bavard !
CHARLES
Et VOUS concluez ?. . .
LE DUC d'aNJOU.
Que le plus pressé est de se débarrasser de l'amiral....
CHARLES, se contcnaat à peine.
Encore?...