SCÈNE XI
CHARLES IX, COLIGNY, LE DUC D'ANJOU, MM. DE LA ROCHEFOUCAULD, DE TÉLI- GNY, DE PILLES, DE BOUCHAVANNES, DE PARDAILLAN, DE GUERCHY, DE RETZ et DE SAUVES.
CHARLES, gaiement.
Ah! voilà mon petit Foucauld, et Téligny, votre gendre. Vous ne m'aviez pas dit, amiral, que vous les aviez amenés ? Et Pilles, et Bouchavannes aussi, tous braves compagnons, morbleu! et que j'aime fort à rencontrer.
Ils s'inclinent tous.
LA ROCHEFOUCAULD
Votre Majesté me permettra-t-elle de lui demander si elle est contente de sa chasse?
154 LA SAINT-BARTÏIÉLEMY.
CHARLES
Petitement, mon enfant; peu de gibier, mais nous avons couru comme des diables! C'est toujours cela. Et pourquoi n'en étais-tu pas, fainéant? Tu te rouilles à la cour, mon petit : combien y a-t-il de temps que tu n'as enfourché un cheval ?
LA ROCHEFOUCAULD
Je n'ai que trop chevauché, Sire, et j'aime mi^ux...
CHARLES
... Courir un autre gibier que déjà tu cherches des yeux. Prends patience, j'ai fait demander ma mère, et jamais elle ne marche sans ses gardes du corps.
COLIGNY
Je demanderai à Votre Majesté la permission de me retirer, je vais m'occuper du travail qu'elle m'a ordonné.
CHARLES
Un moment,., (ii lui prend les deux mains.) Restez là, je
veux que ma mère vous voie. (Très-haut et avec intention.)
Elle sera aise, ma mère, de voir mon père l'amiral; elle dit comme moi qu'elle ne connaît pas plus grand homme d'État ni de guerre.
LE DUC d'aNJOU, bas à Retz.
Qu'en dis-tu?
RETZ, se détournant pour avoir l'air de ne pas entendre, et s'adressant au roi.
Il faut convenir querienne manqueàVotre Majesté pour être bien servie : elle n'a plus lieu de regretter le défunt connétable.